G8 MICHEL-ANGE
ce, simple et touchante , un majestueux repos qui tient de l'antique et peut-être vaut mieux; car le repos de l'antique ressemble trop à l'insensibilité. Michel-Ange, au contraire, est toujours artificiel et toujours outré, et il y aune exagération constante dans la physionomie de ses figures, et surtout dans les formes de leur corps. Son Christ, par exemple, dans le jugement dernier, est Jupiter en colère. Il s'est mépris sur le caractère évangélique, que Raphaël a fort bien senti, et toujours bien exprimé. On ne saurait qu'être surpris que Michel-Ange ait si peu travaillé. Sies tableaux sont en très petit nombre, et ses statues plus rares encore. Qu'a-t-il fait pendant ses quatrevingts ans?
Dans ce siècle des voyages, fout le monde a vu l'Apollon du Belvédère , et l'Apollon du Belvédère a vu tout le monde; aussi pie dispenserai-je de le décrire, non plus que les autres célèbres antiques du Vatican. Pendant que les nations voyageaient en masse, on a vu de pesantes statues passer les Alpes en poste et revenir du même train , de gros chevaux de bronze les suivant au galop. Ces restes précieux des arts de la Grèce ont été pris et repris, emportés et reportés dans l'enivrement de la victoire , par amour-pix)pre national, par pique, par taquinerie, sans que ni les uns ni les autres de ceux qui se les disputaient, y attachassent véritablement beaucoup de prix. Plus