LE STYLET
sin s*est , dit-on , retiré dans un sanctuaire. Ces sanctuaires ne sont pas seulement les églises et les couvents , ou les hôtels des ministres étran* gers, mais la rue ou les rues qui se trouvent en vue de ces hôtels, ainsi que toute chapelle atta* chée à la légatipn. Un Romain à qui je témoignais ma surprise de ce meurtre commis en plein jour^ dans la rue la plus fréquentée de Rome, sans que l'assassin fut saisi à l'instant , me répondit sans s'émouvoir qu'il ne s'était point trouvé là de sbirrL Sbirril reprîmes- nous vivement, en est-U besoin dans un cas semblable ? Voudriezrvous ^ dit-il , qu'un honnête homme s'abaissât à remplir les fonctions d'officier de justice? Tel est ici le sentiment universel, toujours en Êiveur du crimi» nel contre la justice et contre l'exécution des lois en g^éral. IL leur semble que la justice et les lois sont des instruments d'oppression , entre les mains des riches et des puissants, contre les pauvres et les faibles, et que leur exécution ne peut ét^ confiée qu'aux plus vils des hommes , auxquels il serait infkne de prêter main forte. Parmi le peuple , la plus cruelle injure est d'être appelé fils de sbirro.
L'on compte un meurtre par JQur à Rome , et dans le siècle dernier on en comptait 5 ou 6. Une fois il y en eut i4 9 dans un seul jour de grande fête. Ces meurtres , qui pour la plupart ont lieu entre gens du peuple ( popolo ) , sont la suite