‹ Voyage en Italie et en Sicile; (volume 2)Chapitre 61 sur 99 · L£ CARNAVAL · texte numérisé non relu

L£ CARNAVAL

du soir les lumières furent éteintes et la compagnie poussée dehors brusquement au pas de charge. Il est assez singulier que l'ancienne comme la nouvelle Rome , Rome païenne et Rome catholique, aient également repoussé les théâtres, c'està-dire les représentations dramatiques. Pompée, lorsqu'il construisit son magnifique théâtre, le premier qui eût été permanent, fat obligé de feindre que ce théâtre était destiné à recevoir le peuple assemblé pour le culte de Venus Victrix^ dans le temple qu'il lui élevait , à côté de ce théâtre, si ce n'est dans son enceinte ; car l'ancienne loi ne permettait d'autres jeux publics que ceux du cirque, consacrés par Romulus lui-même comme cérémonie religieuse. Le censeur aurait bien pu lui faire démolir son théâtre. Jules-César voulait bâtir un théâtre plus magnifique encore que celui de son rival; mais la mort l'en empêcha, et Auguste mit son plan à exécution, en &isait élever le théâtre de Marcellus, du nom de soil neveu favori. A l'occasion de la dédicace de ce . théâtre , le carnage fut prodigieux ; c ar, bien que destiné à des représentations dramatiques, il fellait toujours commencer par là. Le sang les faisait tolérer. Le carnaval fini, Rome a soudainement repris son aspect de gravité ordinaire; les habitants se rendaient à l'église avec le même empressement que le jour d'auparavant ils allaient au Corso ^

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