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figuiers reder^mtsauYage^, et qui peuvent être les descendam» de œiix de Piîne le jeune. Plu* sieurs, creux rectangulaires et pleins d'eau noua parurent indiquer d'antiquea viviera ou autres pièces d'eau artificielles. Pline raconte que sa maison de campagne était à dtx-sept milles pas de Rome, et qu on pouvait y retourner le soir par deux routes différentes, la via LaurenUna^ et la i}ia Se^erinUy après avoir passé la journée à la vilte ; le sol était sablonneux ; il y avait des bois , des p&turages pour les moutons, et des puits d*eau douce près de la mer. On trouve tout cela , ainsi que des tuyaux de chaleur pour les bains.
Sa raaiA>n était située près de Laurentum, et ce Laurentum y maintenant PaternOj se montre en effet à peu de distance du côté du raidi, sur un plateau un peu plus élevé que le niveau général. Les murs de Paterno renferment une douzaine de maisons, amoncelées dans leur étroite enceinte : il ne paraissait pas y avoir une fenêtre entière ni même un toit. Une vaste esplanade pavée de cailloux artistement arrangés en lignes^ formant des étoiles, s'étendait devant la porte, et* le bruit de nos chevaux en Oit sortir la garnison c€»nposée de six soldats maigres et pâles, et d'une vieille vivandière» Cetait^ je pense, toute la population civile et militaire de PateroQ, dimi-t nuée en dernier beu, nous direat ces pauvres
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gens, par les maladies et la mort. Aussi long^ temps que la fièvre est intermittente, les soldats font leur service, et c'est seulement lorsqu'elle devient continue qu'ils sont envoyés à Thopital de Rome. La plupart avaient déjà subi cette translation plusieurs fois sans y succomber; mais, comme le pauvre animal de grotta del Cane , l'expérience répétée doit à la fin leur coûter la vie.
Au sujet de la destruction des fenêtres et des toits , nous apprîmes qu'ayant pendant la guerre , tiré d'une batterie au bord de la mer sur les Anglais en croisière, ceux-ci avaient envoyé du monde à terre et fait ce dégât. On demanda à ces hommes comment ils passaient letir temps : a Nous mangeons, nous buvons, et nous sommes « au lit malades », dirent-ils en riant d'une aussi bonne plaisanterie. On ne conçoit pas ce qui peut engager ces malheureux à traîner une pareille existence, lorsqu'un bateau de pécheur suffirait pour les en affranchir en les conduisant loin de ces lieux empestés. Il ne leur serait pas possible d'être plus mal nulle part.
Énée pourrait bien ne pas être un personnage aussi fabuleux que je me le figurais ; car on trouve ici de nombreuses traces de son existence, et beaucoup de traditions relatives à lui. Il y a, à Castel Fusano, un champ qui s'appelle Coinpo VenerCy où il avait consacré une statue à Vénus
sa mèi*e; du temps de Virgile, on montrait en* oore le camp d'Énée appelé Urbs.
Nous avions eu fintention de suivre le l)ord
de la mer jusqu'à Antium et Nettuno^ travers
salit en chemin Tantiqnl foret consacrée à ApoU
Ion, ou du moins son emplacement, car il n'y a
plus de foret; puis le lieu où Énée et Turnusse
livrèrent bataille. Nous aurions aussi visité La^
viniwny maintenant Pratica, seul Heu, le long
de cette côte, que sa situation élevée rende pas*
sabicment sain. Puis Ardca^ et, entre Ardea et
Antium, les ruines des maisons de campagne
d'Auguste, de Mécène, et de celle deCicéron où il
fut tué. Entre Antium et Nettuno, nous aurions
pu visiter les célèbres ruines visibles sous la
mer, le long de la côte. Nous serions alors re*
venus à Rome par la via Ardeatina^ observant
en chemin la solfutara d'Aldero , et quelques
ruines; mais mon cheval était devenu l)biteux
faute d'un fer^ et cette raison avec quelques
antres j qui se multiplient en proportion du
nombre des voyageurs, nous firent abandonner
une partie du plan que nous nous étions tracé*
I<aissant donc la mer à Laurentwny nous primes
le chemin de Rome pur Porciliano , eu traversant
un pays saturé d'eau, à l'ombre des myrtes (i),
* (i) Au rapport de Théophrastc, le myrte des marais Pontins acquérait de teUes dimensions , qu'il pouTait serrir à la construction des vaisseaux.
qtie les paysans coupaient pour Fécorce , qui se vend aux tanneurs. Ils avaient chacun leurs atTîies, je ne sais pour quel usage; mais nous ne reçûmes d'eux qu'un signe de tête amical et point de coup de fusil. ^Forciliano, nous tâchâmes de nous procurer du foin ou des fèves pour nos chevaux (on trouve rarement de Tavoine); mais il n'y avait absolument rien. Forcés d'aller plus loin, toute la population, c'està-dire les femmes et les enfants , car les hommes étaient aux champs, nous accompagnèrent jusqu'à la porte de la ville, et nous suivirent des yeiix aussi long-temps qu'ils piircnt nous apercevoir, tant il est rare de voir des étrangers traverser le pays. La ville, car c'est une ville, se compose de quarante à cinquante lïiaisous, qu'entoure une haute et forte muraille, pour les garantir des brigands de terre et de mer. Les barbaresques , débarquant àl^urentum, sont pUis d'une fois venus jusqu'ici enlever les habitants; et quelques-uns d'eux» récemment déhvrés par le bombardement d'Alger, ont reparu chez eux après un long esclavage. Voilà un état de choses qui reporte le dix-neuvième siècle au moyen âge.
Une bagatelle sert quelquefois à caractériser l'état social d'un pays. A peine étions-nous partis dé Rome pour faire cette excursion maritime, que nous aperçûmes un jeune garçon de quinze
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à seize ans, qui nous suivait k grands pas et quelquefois à la course : nous le questionnâmes ; il dit ingénument qu'il espérait nous, servir en chemin , nettoyer nos bottes, brosser nos habits , et que dans ce dessein il avait son cirage, ses brosses, etc., qu'il nous montra. Notis eûmes beau dire que nous n'avions pas besoin de ses services, que nous ne le payerions pas, le prier, le menacer, il répondait par un sourire d'incré^ dulité et courait toujours. Étant très-légèrement vêtu, nous le vîmes la nuit suivante se tapir sur les cendres chaudes du feu qu'on nous avait fait à Castel Fusano ; enfin , il nous accompagna partout, nettoya nos bottes, tint la bride des chevaux, se rendit utile et agréable, tant qu'enfin à notre retour nous ne le quittâmes qu'à regret. Ce doit être la faute des institutions d'un pays, lorsqu'une disposition aussi active que celle-là ne trouve pas à être employée.
Le terrain s'élève considérablement à Porciliano, mais l'air y est encore très-malsain. Il y avait à la porte de la ville une fontaine de fort belle eau, et la vue sur le pays que nous venions de parcourir était magnifique. Nous observâmes beaucoup de fragments de colonnes et d'autres marbres précieux, incorporés dans les murs de la ville comme simples matériaux. En mpins d'une heure nous arrivâmes à Malctfede , où nous nous étions déjà arrêtés une fois, et où
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il fallut faire reposer nos chevaux et leur donner, non leur avoine, mais leurs fève?» dont ils paraissaient tout aussi friands. Ces fèves sont cependant si dures, que les vieux chevaux ne peuvent les broyer. Tout en faisant notre maigre repas dans la salle commune à tous les voyageurs, nous ne pouvions manquer d'enlehdre la conversation des muletiers, des matelots, des conducteurs de buffles (i), dont elle était pleine, et qui roulait toute sur des paoli; l'argent , ou ce qui s'y rapporte , faisant partout le fond de la langue comme de la pensée du gros des hommes de toutes les classes. Ici l'industrie contrecarrée fait avec la même bonne volonté qu'ailleurs, mais avec moins de succès, des efforts pour obtenir ce bien-être et cette aisance qui en sont partout Tobjet. L'aspect de notre hôte à Malafede était tout-à-fait caractéristique : il avait le milieu du coi'ps énorme, les extrémités amaigries, et la peau d'un beau jaune pâle. C'était là le fruit de trois années de séjour dans ce lieu pestilentiel. Il payait , nous dit-il , son loyer en messes, une p<ar semaine, qu'il faisait dire dan» une chapelle voisine par un pauvre prêtre qui venait de Rome à pied, et recevait-pour son salaire un demi-écu ou dollar.
(i) Les na7ii*cs remontent le Tibre par le moyen de ce* anbnaux, aUelés au nombre de quinze ou de vingt pour diaqne bâtiment.