II
5u FORCM TRAJANUM.
supposée en occuper le milieu. Mais lorsqu'en 1812 les Français déblayèrent la poussière des siècles accumulée sur ce lieu , on découvrit que cette colonne , quoique tout proche du Forum, était hors de son enceinte et bizarrement placée dans une étroite cour entourée d'un portique, dont les colonnes comparativement très«petite$i formaient un contraste ridicnle avec elle. La basilique Ulpia séparait Tenceinte de la oolonDe Trajane de celle du Forum qui était décoré.d'nn temple, d'une basilique, de deux magnifiques bibliothèques, Tune grecque et l'autre latine, de plusieurs arcs de triomphe et portiques, et d'une multitude de statues. Les piédestaux de quelques-unes de ces statues avaient vingt^ufi pieds de largeur et quinze de hauteur ; mais la plupart des statues elles-mêmes, ainsi.queles colonnes de la basilique, furent trouvées brisées et leurs fragments épars sur le pavé de marbre de la, basilique, ainsi que sur celui du Forum luimême. Ce dernier pavé était de travertin dont te morceaux avaient sept pieds de long et trois pieds et demi de large. Le temps avait accumulé quinze pieds de décombres sur ces ruines , et l'on y voyait un grand nombre de maisons , de rues pavées et une place publique, A présent on ne trouve plus que le pavé de marbre , celui de tnivertui et quelques fragments de statues et de colonnes dont les bases seules restent debout à leur place.
PRINCfiSSE BORGHèSE. 53
Il ne ÙLUt Tpa& s'imaginer que les divers édifices qm occupaient le Forum fussent placés à Tontour; au contraire ils étaient en quelque façon au milieu, et le Forum était terminé par des arcades. Les Romains vivaient dans ces lieux-là.. Tout ce qu'il y avait de mieux a été transporté au muséum du Vatican (i). La basilique Ulpia , SBnsi appelée dn nom* de &miUe deTrajan., était une cour de justice qm avait deux cent soixante et dix-neuf pieds de longueiu* et cent soixante et dix-huit pieds de largeur^ divisée longitudi-t Mènent en cinq parties, par quatre rangs de tolonmes. Il est clair que les plaideurs, de l'aoti^. qaité étaient phis A leur aise que ceux de. notre tanps.
JToQS espérions voir la . célèbre statue de la. pnncesae 'Borghèse ( la Paolina ) , par Canova t mais le 'prii^ce-ne veut plus qu'on la montre i e'est s'en aviser tun peu tard , et la prohibiCioa> ne sert qn'^ faire circuler davantage certaines anecdotes déjà répandues. La. Paolina était fort bien, faite, et sa statue, qui n'est point vêtue ^ passe pour être la parfaite image de sa per-^ sonne 9 telle qu'elle était autrefois, c £st<^il vrai ,: disait une danie à cette belle Paolina, est ^ il
(i) La réponse qiie fit le Persan Hormisdas à l'emperear Constance , lorsqu'ils traversaient ensemble la basilique , nous apprend qu*tme- statue équestre de Trajaii occupait alors cette basilique» ! • -
54 PAisrCEs rohâins.
bien vrai que vous ayes posé comme cela? — Oh ! répondit-elle , c'était en été , et le climat , Yous le savez, est si doux!» Le possesseur de cette statue et de l'original est Tun des plus riches princes romains. U se fit jacobin pendant la révolution. Une conduite semblable est surtout répréhensible de la part des grands, soutiens naturels et intéressés des états; il faut pour* tant avouer que les princes romains avaient bien quelques motifs pour désirer une révolution. En effet, ils se voyaient soumis à un gouvernement de prêtres qui , obéissant à des influences étrangères, élisent entre eux un vieillard pour régner sans expérience , sans zèle et sans gloire, sur l'ancienne aristocratie du pays, tout aussi despotiquement que sur la canaille. Les mêmes princes romains crurent, en 1798, que le temps était venu de secouer un joug d'autant plus fatigant qu'il n'inspirait aucun respect et aucune crainte, et de reprendre ua pouvoir qui leur avait appartenu autrefois, et qu'ils croyaient être légitimement à eux. Mais la révolution^ remontant plus loin que cette légitimité-là, en rechercha une autre qui, dans le sens même de la noblesse romaine , était plus légitime encore , puisqu'elle était plus ancienne. Afin de se rendre populaire, Borghèse brûla publiquement ses parchemins; mais ce n'étaient pas les véritables , et l'on s'en «douta. Pour se
rendre puissant aussi bien que populaire,- il épousa la sœur de celui qui était alors le prince de la i^volution, et se trompa encore. Ceux qui veulent se mêler de révolution ne doivent pas s^iroaginer qu'ils seront plus fins que le peuple: car le peuple discerne fort bien ceux qui sont réellement de son bord, de ceux qui, seulement font semblant de letre. Il ne donne pas pour tout de bon la confiance qui lui est demandée sans franchise, et n'a réellement foi qu'aux fidèles.
Le palais Borgbèse, qui est fort admiré , a cependant l'air d'une prison; mais le péristyle à troLs étages de la cour intérieure est fort beau. Dans cette cour repose le magnifiqtie sarcoj)liage poiir la ivceplion duquel, ainsi que dvs cendrcft impériales qu'il renfermait, le mole d'Adrien (maintenant château Saint-Ange) fut construit. Je me souviejis avec plaisir de deux tableaux du palais Borgbcse : ils sont du Caravagc. L'un rtv présente David portant à la main !a télé do Gk>âiath, qu'il regarde avec imc admirable expression de pitié et d'horreur, sans aucun mélange de triomphe. Un autre représente la femme qui écrase la tête du serpent avec son pied; l'enfant qu'elle tient par la main voudrait l'aider à détruire le reptile, mais comme il en redoute le contact, il met son pied sur celui de sa mère, pour ajouter son ^poids au sien. J'ai aperçu
5é LA CAMPAC5A.
deux tableaux de Michel-Ange, à fond d'or, qwî ont l'air d'avoir été faits même antérieurement à sa première manière, et un mauvais Raphaël représentant deux anges à jambes torses et grêles; et qne l'on ne crie point au blasphème! ceux-là sont les coupables, qui exposent aîn^t les premiers essais des grands maîtres à tous les ycttx, et exigent qu'on les admire. Ignorent-ils que Raphaël et Michel-Ânge furent pourtant une fois des écoliers en peinture?
Mars. — Nous revenons de Tivoli, dix-huit milles de Rome. La Caropagna, de ce côfé-là, présente encore moins de variétés qu'ailleurs. Des membres humains, suspendus comme à l'ordinaire à un poteau, furent le seul objet digne de remarque qui s'offrit à nos yeux, dans la première moitié du chemin. Un peu plus loin une forte odeur de foie, de soufre notis avertit que nous approchions de la sol&tara, et bientôt après nous découvrîmes un rapide courant d'eau blanchâtre, coulant dans un lit in-* crnsté de soufre. L'eau a un goût piquant qui n'est point désagréable.
11 y a huit jours que trois habitants de Tivoli (l'un d'eux curé de la paroisse) se retirant 1«^ soir chez eux, après avoir cliassé dans les environs, furent arrêtés par les brigands, gardés deux nuits, sans dormir probablement, et obligés de payer i^aoa écas pour leur rançon. Mais
TiVOLf. 57
oomnie on a depuis £iit beaucoup de recherches pour trouver les coupables, la route est sûre a présent, pendant le jour au moins. Quelques chasseurs que nous rencontrâmes avaient, outre leurs fusils, des pistolets à la ceinture. Ce faible gouvernement traite dans ce moment avec les coupables, comme il Ta fait il y a quelques mois avec ceux de Tcrracina.
Tivoli est situé à quatre ou cinq cents pieds au-dessus de la plaine; la montée, qui est fort douce, passe à travers des plantations d'oliviers, très-vieux la plupart, et que la tradition fait remontei; aux anciens Romains. Ces arbres sont fort gros et entièrement creux.
L'intérieur de Tivoli est sale et mal bâti, mais la situation est admirable, et Ton y trouve une eicellente auberge [laReginà)^ où nous nous procurâmes un guide, qui se trouva être celui là niême (Donato) à qui le voyageur Forsyth a donné quelque célébrité. Vjdnio est un torrent qui descend de l'Apennin, grossi dans ce moment par la fonte des neiges. I^a première chute OU' cascade a cinquante pieds de hauteur; et du pont, jeté d'un bord à l'autre de l'abîme, on la contemple sous un point de vue avantageux, comme celui dont on jouit de la rive gauche, où les deux petits temples célèbres de Vesta et de la Sibylle sont situés. Un s<^ntier pittoresque vous conduit au pied de la première
58 Tïvoti.
chute, et l'inscription latine qu'on y trouve, vous «ppiend qu'il est du aux soins du générai Mioliis; qui commandait ici en 1809.
Le laurier et Tarbutus, 1 églantier et le chèvrefeuille, déjàrverts, ombrageaient ce sentier, parfumé par l'odeur des violiei's et des violettes. 11 conduit à une grotte dans le tuf, d'où la cala-, racte, brisée dans le meilleur goût, se déploie en entier. C'est là qu'un jeune voyagei/r imprudent, dont le pied glissa sur la roche mouillée, disparut lout-à-coup, il y a quelques années. Plus bas, l'Anip se précipite de nouveau entre des rochers , qui s'entr' ouvrent pour 1q laisser passer. Je n'ai vu nulle part rien de coosparable à l'ensemble de cette cataracte^ non qitant au volume des eaux certainetnent^ ni à la hauteur de la chute, mais quant aux accidents de cette chute et à ses accompagnements de rochers , d'arbres et de fabriques; les deux temples de Vesta et de la Sibylle, ainsi que quelques autres ruines, se voyant de partout* L'eau» comme lair, ne doit guère ses effets qu'à des accidents qui en font toute la beauté, ainsi que toute la laideur. L'Océan calme est sans grandeur, et même dans les tempêtes, en pleine mer» les vagues qui ne rencontrent aucun obstacle présentent seulement des rides uniformes, lesquelles, malgré toutes les descriptions exagérées, qui les transforment en montagnes, n'exscodeat
TIVOtl. 59
jamais huit pieds de hauteur au*dessus du ni* veau général, avec une dépression intermédiaire égale en profondeur, ce qui fait seize pieds. Il feut une côte hérissée de rochers, contre lesquels ces rides uniformes viennent se briser, pour donner à TOcéan son effrayante grandeur^ et cela n'est qu'un accident. La chute du Niagara est un lac transvasé dans un autre lac* Trois fois plus haute que celle de l'Anio, et cent fois plus large, toutes les cataractes du monde, réunies en une seule, n'égaleraient peut-être pas le volume de ses eaux , et pourrant la chute du Niagara , privée d'accompagnements proportionnés k sa masse et à son étendue, n'est qu'une vaste digue de mouhn, et a moins d'effet que celle-ci.
Au moyen de plusieurs conduits souterrains construits par les Romains au-dessus de la chute de l'Ânio, une partie de ses eaux tombe en cascades de la crête de la montagne sur laquelle Tivoli est situé , et vont dans la plaine rejoindre TAnio, devenu tranquille : elles paraissent sorthdes fondations mêmes de la ville. De l'autre coté de la grande chute, et vis-à-vis des deux temples, on montre les ruines de la maison d'Horace; le bois et les fontaines ne s'y retrouvent plns^ mais seulement des oliviers et une vue magnifique. Plus loin sont les ruines de la viiia de Quintilius Varus , dans une belle situation, a Fiin
6a. TiToti.
ms! Varus! rends^moi mes légian^n^ s'écria notre vieux dcérooe en passant , entendant par là rappeler rexclamatioû d'Auguste, lorsqu'il apprît les désastres que oe général avait éprouvés en Germanie , ou plutôt répétant les mots qu'il avait oui prononcer, sans trop savoir i quoi ils. avaient rapport Les ruines de cette wlla, qui sont asseis étendues , offrent plusieurs ehavibres de forme triangulaire et voûtées, dont on ne comprend pas l'usage; Un grand nombre de statues, de colonnes et de marbres préeieux ont été trouvés dans les décombres. La roule était ombragée d'olivieraréelleibentmagnifiques^ malgré leur rare et maigre feuillage ^ là circoa" féttàce de plusieurs d'entre eux mesurant- de dix à dix-huit pieds. Un vieil olivier, haut wr jaiiibes ou plutôt sur se^s racines déobarnées, eatiètedient creux et sa rude éeoree contournée en spirale , forme un objet éminemment pftto^ nesque. Traversant un, pont sur l'Anio, qui^ious ramenait vers la ville , nous avon^ visité la maison de Mécène , adossée k la montagne , haute de plusieurs étages .et raposftut sur des voliM* A travers tme des fenêtres . sortait un iCouraiA d*eau tombant en .cataracte; 'lo'est une-^rade épreuve .pour .l'édifioe y laquelle dure peut-élar^ depuis, des . siècles. Ce lieu, appartient à Lucien Bonaparte, qui y avait établi des forgea wm^ tenant ahawlonnées. Du toit en^fee^rasee :foû
TIVOLI, 6l
jouit d'une magnifique vue du c6té de Monticello et des autres montagnes de la Sabine, f^urs sommités sont la plupart surmontées de fortifications à Tanlique, autour de quelques habitations rassemblées pour leur sûreté. A la gauche de ces montagnes, le Soracie, d'une teinte bleuâtre, paraissait seul sur l'horizon. Pfous fumes voir la vil/a (TEste, ruine moderne qui fut l'un des principaux modèles de ce qu'on appelle encore ici un beau jardin , et qui portait ce nom^ par tout le continent de TËurope^ii n'y à pas encore bien long-temps. Ce beau jardin fat planté ou plutôt bâti il y a trois cents ans , et Ton y voit plus de murs que déplantes; ce sont des terrasses sur des terrasses, décorées de vases et de statues. La magnifique cascade en gradins ne joue plus depuis quelques centaines d'années, et il n'y a pas une goutte d'eau ; mais ce qui rend ce jardin surtout remarquable , c'est l'idée ingénieuse d'y reproduire en miniature les monuments les plus célèbres de l'antiquité, depuis la louve de bronze du Vatican , jusqu'au Panthéon , amoncelés tous ensemble dans un coin. On y voit aussi un vaisseau antique , avec un obélisque égyptien planté dans le milieu en guise de mât. Quelques cyprès, qu'on a oublié de tailler sont devenus énormes. On sait que ce chefd'œuvre de mauvais goût coûta au cardinal d'Esté, qui était fils du duc de Ferrare, la somme
6a TIVOLI,
de trois millions d'écus romains, sans avoir été achevé. C'est ici que FArioste composa son Orlandofurioso , et la remarque du cardinal au poète est connue. Salluste et bien d'autres nobles romains avaient ici leurs maisons de campagne. Brutus et Ossius étaient proches voisins. Les temples de Yesta et de la Sibylle , tous deux fort petits, sont remarc^uables, le premier par ces belles proportions , et le second par sa haute antiquité. Le temple de Vesta n'a dans l'intérieur que vingt pieds en tous sens, et cela suffisait aux prêtres qui seuls y pénétraient, tandis que le peuple écoutait au-dehors ce que les interprètes des dieux avaient à lui dire. Ces édifices étaient bâtis en pierre de travertin, concrétion poreuse et légère, quoique fort, dure, que l'on voit se former dans laCampagna.Le mur du temple de Yesta est enduit de chaux qui remplit les pores de la pierre et qui est aussi dure qu'elle. Un amateur anglais ( lord Bristol) avait acheté ce temple; les pierres numérotées allaient être mises à bord d'un navire , lorsque le gouvernement défendit de passer outre. C2es temples reposent sur une masse de tuf d'environ quatre-vingts pieds d'épaisseur, sur la pente de laquelle le général MioUis fit faire son sentier, laissant à. découvert diverses pétrifications. L'on voit un grand arbre enseveli tout entier dans le tuf ; une seule de ses branches a six pieds de
VILLA ADRIiJCA. 63
circoafcTcncc. La substance du bois est détruite, mais le moule reste et représente fort exactement récurce et même les plantes parasites qui y adhé* raient. Ce tuf continue à se former partout où rejaillit Teau de la chute, ou même partout où la vapeuFse porte; mais l'opération est si lente, qu'on ne comprendrait pas comment cette substance pierreuse aurait pu envelopper l'arbre entier , puisqu'une partie aurait été détruite pendant que l'autre se mlnéralisait , à moins que la formation n'eut été plus rapide autrefois. A tout événement, il a fallu un grand nombre de siècles pour former la masse énorme qui s'élève au-dessus de l'arbre, et sur le sommet de laquelle les deux temples sont situés. Or, l'un d'eux est 'plus ancien que la fondation de Rome; de sorte que cette masse de tuf existait dans son état actuel avant ce temps-là ! Les eaux de l'Anio , après avoir mis des siècles à l'accumuler, en ont mis un grand nombre d'autres à la détruire, à creuser du moins le lit actuel de la cataracte. Contra* diction apparente que l'on pourrait expliquer ; mais le lecteur sauterait la théorie , c'est pourquoi je ne lui donne que le fait.
A notre retour, nous avons passé quelques heures au milieu des ruines de la célèbre maison de campagne d'Adrien {la villa Adriand)^ dont les bâtiments seuls paraissent avoir occupé un espace qui a deux lieues de tour, outre lesjar-
64 ViLLA AbAiA^À.
clins, dont rétendue est inconnue. A son retôtlf de ses voyages , cet empereur eut la fantaisie de Rassembler autour de lui des modèles de tout ce qu'il avait Vu de plus remarquable en ouvrage d'art) et dont la Grèce fournissait alors les meilleurs liiodèlesi Les temples d'Athènes, son lycée, ses théâtres, ses bains, se trouvaient là^ ainsi qu'un peuple de statues. Le nombre des objets d'art était tel que, malgré lés dilàpi-* dations de ses succîesseurs et les ravages de To" lila , et quoiqu'on ait envoyé des marbres au foui* à chaux pendant tant de siècles^ cependant on ne saurait fouiller parmi ces ruines sans y trouver de nouveaux trésors. La i>illa Albanii près la porta Salata, en était pleine; mais ce qu'elle contenait est maintenant dispei'sé^ Vhu vàsion de 1798 ayant été particulièt*ement faltalé à cette collection. Chacune des ruines de la villa Jdriana y \>o vie un nom particulier bien ou mai trouvé; mais il n'y a guère que les théâtres sur lesquels il n'y ait pas d'incertitude. L'un d'eux présente trois terrasses en demi-cercle , l'une audessus de l'autre, ayant chacune trois pieds de hauteur et huit pieds de largeur , probablement subdivisées autrefois par des gradins de bois dont il ne reste aucun vestige ; Tavant-scène formant la corde de l'arc mesurait cent- vingt pied% mais avait très peu de profondeur; c'était plutôt une sorte de galerie , d'où les acteurs parlaient
plutôt qu'ils ne représentaient. Les spectateurs aa parterre, ainsi que dans les loges, se trouvaient tous en face du railieu'du théâtre, et des corridors sous les gradins leur rendaient toutes les parties de la salie également accessibles. Lé corps mutilé d'une statue colossale, dont les épaules avaient quatre pieds de largeur, gisait snr la terre à l'entrée du théâtre> et deux tronçons de colonnes étaient encore debout devant l'orchestre. Des lézards verts d'une beauté admirable fourmillaient parmi les ruines, dont les murs, debout en partie, étaient pourvus de niches qui attestaient le grand nombre de statues. On remarque une salle circulaire de cent vingt-six pieds de diamètre qui parait avoir été voûtée; le pavé en mosaïque représente des monstres marins, et dans le milieu se trouvent quatre petits édiBces isolés et de formes irrégulières, sur l'us'age desquels on ne peut former de conjecture. I^s murs laissent encore apercevoir des traces de fresques, et les portions de la voûte encore exi»tantes, divers ornements en relief d'ime grande beauté. Un immense édifice quadrangulaire , dont quatre étages se trouvent encore debout en grande partie, porte le nom de cento ca^ merellcy du grand nombre des chambres qu'il renferme , lequel excède de beaucoup celui qiû est énoncé. Ces chambres ont chacune environ dix-huit pieds sur douze, avec une porte en