‹ Voyage en Italie et en Sicile; (volume 2)Chapitre 83 sur 99 · LE VÉSUVE · texte numérisé non relu

LE VÉSUVE

quej* à Stabia au milieu des ténèbres ^ les cendres obscurcissant l'air. On voyait distinctement Iç lieu de ce débarquement , et celui où son corps fut ensuite retrouvé sans blessures apparentes. Il était mort suffoqué à peu de distance de Stabia, et Ton peut supposer que bien d'autres périrent ainsi. Placés comme nous Tétions, la moindre éruption nous aurait été bien plus sûrement fatale que celle qui eut lien alors; mais le phénomène se fait toujours annoncer à l'avance par des signes certains , tels que des corn* motions intérieures qui font trembler la terre et sont accompagnées de bruits sourds. Les puits tarissent momentanément, les animaux errent épouvantés. La courte éruption du mois de décembre dernier, s'ouvrit un nouveau passage au lieu de l'ancien, et quatre courants de lave en sortirent ; mais il n'atteignirent point les lieux habités du pied de la montagne, ni même la région cultivée. Les habitants aguerris à de semblables dangers, se contentent de placer des sentinelles et dorment la nuit comme de coutume, surs d'être avertis assez à temps pour déménager avec leurs biens - meubles. Les maisons les plus exposées ont leur valeur comme les autres, à une petite différence près. Le Vésuve est isolé au milieu d'une grande plaine, d'où l'on peut dire qu'il s'est élevé par l'accumulation successive des matières rejetées, formant quelque part un vide

égal au volume de la rooiltagne. Lônaqu^aprè» un intervalle de bien des siècles , et sur la durée duquel la tradition est muette^ il récommença à brûler dans Tannée 79 de notre ère , ^ hauteur était probablement plus grailde qu'elle n'est à présent ) car il présente l'aspect d'un cône tronqué aux deux tiers de sa hauteur. Le tiers qui manquait fut^ suivant toutes apparences^ lancé dans les airs, et fournit les matériaux, tous lesquels le pays environnant se trouva enseveliy et ta mér adjacente comblée^

S'il faut près d'une heure pour montef au sommet du cône ^ on en redescend à la course en moins de cinq minutes, plongeant le long du plan incliné de ^cendres aveic une vitesse accélérée. Cette allure aérienne a beaucoup de channes et quelques terreurs. Les guides ^ en grattant les cendres avec leur bâton, an pied du cône, nous montrèrent au'^dessdus 4 une cofctehe épaisse de neig-e qae la chaleur de la saison n'avait pas encore fotKlue j et dont ils se remplissaient la botiche et se lavaient les inaiiis ; nous suivîmes leur exemple et t1^onvâ^les ce rafraîchissenîentdélicieux.JusleiiaieDUrois heures après notre départ du eôuvent j noa$ repassâmes auprès en descendant, et fûtne» de retour à Purlici vers les cinq heures.

Le sol dQ la base du Vésuve est divisé en petities propriétés de trois 0U quHre arpents, qui

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stifGseitt poTir l'entretien du cultivateur et de sa faniiHe,at)rès que le propriétaire a touchéles deux/ tiers du produit. On compte cinq mille habitants par fîetie cari'ée; et comme il y a environ trois mille sept cents arpents par lieue carrée, c'est un individu par chaque arpent et un tiere. 1a terre, trèsfertite naturellement, et cultivée à la bêche ainsi qu'un jardin, porte trois récoltes par année, sans aucun repos; et comme il n'y à point de bestiaux, l'engrais se rédmtaux balayures des rues, transportéeè h dos d'âne. Les baux sont forts longs, et tes rapports entre le métayer et le propriétaire ordinairement faciles (i). C'est sur la pente dn Vésuve que sfe récolte le meilleur vin d'Italie, le lacrima Chrïsli.

Lbs étrangers ont une autre promenade grimpante à faire, c'est celle du Camaldoli^ colline assez haute, située derrière le Vomero. Elle est évidfemnienft décomposition volcanique; mais sans cratère. Un chemin creux, ombragé, solitaire, iorte de cotipe-gdrge poétique, vous conduit au sommet, haut de douze à treize cents pieds, ôft il y (i un couvent et ufte belle vue. Du côté de Baïa ovi distingue les cratères de deux v61fcans, outre la solfatara et Agnano^ qui pro-

(i) Sur ce sQJet, je renToic le lecteur aux lettres sur V Italie y de M. Lullîu de Châteauvîcux , de Genève; et pour ce qriî a rapport au volcan, je les engage à lire SpaTanzzani et sir Vl^liàm Hamîlton.

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bablement en sont aussi. Ces a^atères ont peu d'élévation, ce qui montrerait qu^ils n'ont pas brûlé long-temps , ou que leurs éruptions furent sous-mariaes, comme cellesdes volcans du Latium. Mais comme il y a des indices que la mer a couvert Baïa, à une époque comparativement moderne, et même depuis notre ère, il n'y a pas besoin d'avoir recours aux mêmes hypothèses qu'à l'égard du I^tium. L'œil embrasse, de cette hauteur, toute la côte^ depuis Baïa jusqu'à Terracina , à moitié chemin de Rome, toute compo* sée de substances volcaniques et toute malsaine. 8 auriL — Il y a eu aujourd'hui grande revue, à laquelle le roi d'Espagne et celui de Naples assistaient, celui-là étant venu faire visite à son frère , qu'il n'avait pas vu depuis leur enfance. Princes et lazzaroni, tout le monde était au Campo Marso. Il est situé sur la hauteur, derrière Naples, et l'on y arrive par une superbe route. A côté de cette route, et sur le penchant de la colline, se trouve le cimetière de l'immense population de Naples. Il se compose d'autant de cavité» ou de puits qu'il y a de jours dans Tannée , creusés dans le tuf volcanique , et fermés chacun d*une grande pierre. On en ouvre un chaque jour, et on le referme le soir, après qu'il a reçu les corps de ctux qui sont morts la veille, lesquels sont précipités sans cérémonie dans ce hideux réceptacle.... Un homme, dont

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l'extérieur annonçait de l'éducation, nous dit que le nombre de corps était de deux cents par jour, ce qui est un exemple, parmi beaucoup d'autres, du peu de précision des Napolitains; puisque la mortalité ne saurait guère s'élever à la cinquième partie de ce nombre. Ces gens*ci semblent avoir la plus parfaite indifférence sur le sort de la dépouille mortelle de leurs proches, de leurs amis, et d'eux-mêmes enfin; aussi les chirurgiens se procurent-ils des sujets avec la plus grande facilité; non*seulement dans les hôpitaux, mais chez les particuliers, et du consentement de la famille; ce qui explique les progrès de leur art à Naples. L'un des plus habiles, le docteur Q... . , a eu la bonté de me permettre de raccom]3agner plusieurs fois à l'hôpital des incurables ( le nom s'applique mal à un lieu où il se fait beaucoup de cures); parmi la foule de malheureux admis successivement en sa présence, il y en avait beaucoup affligés de maux d'yeux , très - communs à Naples , et attribués au serein. Plusieurs , à chaque séance , étaient opérés de la cataracte. Après quelques questions sur l'état de leur santé, mais sans autre préparation, et sans que personne leur tint la tcte, il faisait l'opération, par extraction ordinairement, en aussi peu de temps qu'une femme en prend pour enfiler une aiguille, et cela paraissait faire moins de mal que d'arracher

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une dent. Un vieillard lious dit iJttHl n'avait jâîfnaîs vu sa femme et ses erifarits. — Vedruil f^edrail (i) s'écria vivement ie docteur; ^et dvesc cette assurance, enlevant tout-à-coup l'orgânte ^affecté que je reçus dans tua main , deinandâ )éii malade ce qu'il voyait? « Votre màiti , monsieur! TOti^ mouchoir ! ïhats pas encore bien , et comme une ombre». Uneautt-e opération admirable était celle de la pupille artificielle par laquelle on ouvre une nouvelle fenêtre à l'oeil, lorsque Tanciènne obstruée , n'admet plus le jour. Si la perte des yieuat est une infirmité comthune à Naples,

le gotti-è ne l'est pas ttlôlhs, et le docteur Q

avait été conduit à l'application du séton pat Uti accident ; ayant été appelé à feoigner une fehimé qui, dans une rixe avec sa câhiàrade, ivait rèçh un coup de ciseau à la gorge, c'est-à-dire dàbs son goitre; la plaie avait été long- temps & se guérir, et pendant te temps le goitre dispartît; un sétôn produit le ittême effet dans le cours de six semaines ou deut trlbid, et l'opération n'est point douloureuse (2). Dn ct^it commiînément que le goitre est titie maladie des moiitagnes, attribuée à l'eau de neige cjûe Ton boit; cependant elle est comme on voit côminune à Naples, et ne l'est pas môihs siir le llttdral de

(i j Vous les verrez ! voiis les verrez ! (2) J'ai appris depuis que le dôctetir Q.... avait abandonné ce traitement; dont lé résultat avait plùiteurs fois éxh ffttal.

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Sumatra, où il n'y a pas de niâig^. t)'Un autre côté, on ne la rekicontre pas dans la partie ttioiItagnense de TÉcosse tii dan» le Thibetiot'l Ton boît de l'éau de neige ; elle est très-tomtnune dans le Yalais; mais c'est dans le bas pays, et non sur le fianc des montagnes entre lesqu(slles tl est encaissé, et du côté de l'Italie on la retrouve eocore au pied des Alpes , non stir leur penchant ; enfin on la trouve dans les Meut bas , humides et chauds, où l'air circule mal; *c Vous voyet; ces geas-là, me dit une fois le docteur Q... apréè plusieurs heures de soins gi'atuîts , vous les Toyez me baiser les mains ^ et ils seraient à tificf» pieds si je les laissais feire : eh bien ! je cohipteraîs plutôt sur la reconnaissance d'une béte brute à qui j'aurais fait du bien, que sur la leur d. Je né citerais pas cette observation sévère d'un Italien , à l'égard de ses cmnpatriote^, ai je n'en avais pas entendu fréquemmcrtt de semblables; ils ont en général la phts mauvaise opinion possible les uns des autres , non pas seulement ceux du nord à l'égard de ceux du midi, bu vice versa, mais le peuptede chaque -ville, à l'égard de la ville vcâsine, et autant que je puis voir, chaque individu à l'égîird de tous les antres. Avec nite te\)t disposition^ il serait assez difficile de les réunir sous un seul et même gowvcmement, et d'en faire url peuple bomogènc.

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II y a d'étranges coutumes dans ce sîAguliêi' pays; l'on rencontre souvent dans les mes cinq ou six feounes ensemble en grand deuil, portant un grand crucifix couvert de crêpe : elles sont en général bien de figure, mieux au moins que les femmes ne le sont en général ici, et mendient avec une importunité et une persévérance incroyables, sans que l'on comprenne pour qui ou pour quoi; tâchant de vous saisir la main pour la baiser, de manière k faire penser , que c'est pour foiu^nir l'occasion à leurs associés confondus dans la foule , de fouiller vos poches pendant ce tempslà. D'autres femmes aussi en deuil , bien mises , et ayant de hautes plumes noires sur leurs chapeaux, se présentent chez les illustres /orestieriy dont elles se procurent le nom, et racontent la triste histoire de leur noble famille, réduite à la mendicité par des malheurs (ordinairement par la révolution). Nous avons ainsi reçu les visites de deux duchesses; mais ces dames se contentèrent de peu de chose, et nous quittèrent pour aller jouer le même rôle chez d'autres voyageurs. J'ai une fois vu dans la stada di Toleda^ une femme décemment vêtue et la tête couverte d'un grand voile noir , k genoux auprès d'un enfant maigre et pâle, qui était étendu sur le pavé; elle se penchait sur lui et poussait des cris de désespoir, prétendant que l'enfant se mourait de faim ; mais la foule des

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|)assants regardait à peine, personne ne semblait ajouter foi à sa lamentable histoire, et les étran^ gers seuls donnaient leur hafocca (i). Nous avions été voir, ri y a quelques jours, la nouvelle route du Pausilfppe; arrivés au sommet de ta colline, des cris lamentables se firent entendre dans un recom du rocher : c'étîiit une jeune fille de douze à treize ans, qui se plaignait d^un affreux mal d'estomiic, et disait, en se roulant par terre, que des ognons qu'elle avait mangés tout crus pour apaiser sa faim , lui faisaient mal. Mais un lazzarone qui montait avec nous, se mit à rire, en lui citant les. lieux où il Tavait déjà vue jouer le même rôle. Elle ne put le nier long-temps, et se voyant découverte en rit de tout son cœur elle-même, sans la moindre honte. Tel est le métier d'une grande partie de la population napolitaine: mentir , tromper, vol6r, et pourtant mourir de faim avec le même degré d'industrie persévérante et d'intelligence, qui mieux dirigées, les ferait vivre honorablement. Vous ne pouvez déposer un instant votre redingote, parapluie ou chapeau sTjr une table d'auberge, qu'ils ne disparaissent; ni acheter dans une boutique, sans être trompé dans la qualité ou le prix de ce que vous achetez. Un cordonnier voulait me contraindre à payer a4 c^r-

(i) L'anecdote de PoHcbInelle jouant, le jour des Morts, au bénéfice des âmes du purgatoire.

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lioi pour une pairç de souliers estimée i % carlini, et pour laquelle, par accommodement, je lui eçL donnnai i6.

L'on pourrait comparer les moeurs des Napolitains à celles d'Otahiti , telles qu'elles éta^i^em: 4u temps de Cook ; et ces moçurs sont; ce^es de la nature ! Quand leur intérêt imnîé<Jia.t paraît s'y trouver, ils font le mal sans honte et sans renpiords , fautç de principes et en quelque sorte innocemment. lia même u'réflexiop fait qu'iU jouissent de hx vie au jpur la journ.ée, saij^, pçar ser au lendemain. La vivacité que dénotent leur physionomie , leurs gestes , l,eurs moindre^ actions , serait de l'esprit chez des gens mieux dirigés; mais elle en fiait de$ espèces de singçs mobiles, sans but, qui s'agitent par instinct, sans savoir pourquoi, ^t n'arrivçnt à rien.

Près du port, et dans la partie la plus peuplée de la ville , les maisons sont extrêmement hautes et les rues si étroites , que liçs habitar^ts pourraient presque se toucher la main d'une fenêtre à l'autre. Le^ tremblements, de terre, ayant ébranlé un assez grand nombre de ces. raais.9ns, elles ont été étayées, et plusiçnrs se sont écroulées ou 0J>t été démolies. Ces ruines ajoutent quelques touches pit^tore^sques a^u tableau. Le peuple fourmille dans cçtjLe partie de la villç.; il eqtre et sort des portes de ce$ sombres, de* meures avec toute l'ax^tiyit^ d^ abeilles à. l'en-

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trée de leur ruche; mais il y rapporte je crois, peu de miel. Ceux qui travailleot , sont en plus petit nombre que ceux qui regardent faire et bourdonnent à Tentour. Sur les quais et dans tous les lieux propices , on voit un grand nombre de gens du peuple , les hommes au moins, couchés demi-nus , sur le pavé et endormis, ou bien occupés à s'épouiller mutuellement; mais surtout engagés dans des conversations animées par signes , ce qu'ils font. avec la rapidité, l'énergie, et la justesse des élèves de l'abbé Sicard; les enfants mêmes y sont habiles. Il est amusant de voir des groupes de gens dans lès rues, suivant d'un regard vif et perçant, et avec une attention que rien ne détourne , des mouvements de doigts si rapides et si variés, qu'un étranger n'en distingue aucun en particulier. Ce peuple, après tout, paraît heureux: nous voyons ses besoins, mais lui ne les sent pas. U consomme peu , et ce peu est à très - bon marché. Pour trois grains par jour ( j5 centimes), un homme se procure autant de macaroni qu'il en peut manger ; et pour 3 grains de plus, il a S3i/ntura, c'est-à-dire, du fort bon poisson et du jardinage, sortant de la poêle à frire de l'un des nombreux cuisiniers ambulants du coin des rues ; et ce ne sopt pjcis en* core là toutes Ie« jouissances gastronomiques qui soientà saporté^.Pour un^degr^iio^onlui sqrtsop

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eaii à la glace^ et pour ù. grains de plus on lui fait avec cette eau de la limonade , en j mêlant du jus de citron et du sucre, ot le voilà nourri et abreuvé avec luxe, pour environ 4i centimes par jour. Le gouvernement a soin de tenir la glace ou la neige durcie à bon marché; il la fait venir de certaines cavités de la montagne audessus de Stabia et de Sorento, de l'autre côté de la baie de Naples, ou même du Yésu\e, où nous en avons récemment trouvée. EHe est ingénieusement conduite des montagnes à là mer, par le moyen de paniers, qui glissent le long de cordes tendues jusqu'aux bateaux, lesquels traversent la baie pendant la nuit, et arrivent â Naples au point du jour. Les gens du peuple ont des clubs, où ils s'assemblent au nombre de vingt ou trente , et fournissent une contribution de i grain par tète, ou 5 centimes, pour leur vin. Ils élisent un président et un vice-président; et voici un des amusements divers qui servent à leur faire passer le temps. Le président offre à l'un des membres un verre de \in que le vice-président verse; mais au moment ou le membre va prendre ce verre, le vice-président a le droit de dire : — Je le prends pour moi^ et de le boire à sa santé. Cette excellente plaisanterie est consacrée, il la peut répéter aussi souvent qu'il veut ou qu'il peut; mais ceux qui se voient ainsi trompés dans leur attente, et de plus en bute aux rires de la com-

pagnle, n'ont pas toujours la patience de Ten- ^lurer de bonne grâce; d'où résultent des querelles, et quelquefois des coups de couteau.

Les morts sont exposés le soir à la porte de leur demeure, le visage couvert d'une sorte de gaze ou tissu transparent d'or et d'argent, et environnes de cierges allumés. Les voisins vien* nent les voir et leur jeter de Teau bénite; mais le lendemain ils sont précipités dans la bouteille noire , débouchée ce jour-là.

Le roi de Naples est un assez bon homme, sans esprit, mais doué d*un appétit prodigieux, ainsi que de beaucoup de force de corps. Comme Alilon de Crotone, il pourrait assommer un bœuf d'un coup de poing et le manger en un jour. Peut-être même excède-t-il cette mesure, car il a été cet hiver plusieurs fois sur le point de mourir <l*indigestion. Le courage de sa majesté, dit-on, n'est pas égal à sa force. Lorsque lord Nelson le ramena de Sicile à Naples, il se fît débarquer hors de la ville n'osant pas y entrer; et lorsque le feu prit au théâtre de Saint-Charles, s'imaginant que c'était le signal d'une révolution , il courut se cacher, et on ne le trouva pas de deux heures.

Qui se serait attendu à rencontrer une école d'enseignement mutuel à Naples, le lieu sans doute où l'on en a le plus besoin, mais où, par cette raison même, ce besoin devait être le

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