‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 109 sur 126 · FÊTES DE NOËL · texte numérisé non relu

FÊTES DE NOËL

s'ennuyer mortellement, et n'a pas été moins satisfaite que nous de voir finir tout cela. Nous n'avions jamais vu un si grand rassemblement de voitures à Rome qu'en cette occasion , et la cour du palais Quirinal en était toute rouge , les livrées, les harnais, les rênes, les plumes mêmes sur la tête des chevaux, étant de cette couleur; tandis que les ressorts des voitures, le timon, etc., étaient dorés.

Dans le moyen âge , la fête de Noël était célébrée par certaines réjouissances qu'on appelait [siféte des fous, la procession de l'âiié, etc., etc., accompagnées d'hymnes et de chansons grossières, obscènes même et profanes; mais, de nos jours , cette fête est plus décemment célébrée par trois messes qui indiquent mystérieusement le période avant la loi, popuhis gentium qui ambitiahat in tenehris ; l'établissement de la loi, lux fulgebit hodic ; la rédemption, ^«er/Zûr/i'U est nohis. Chaque église expose, en outre, les reliques qu'elle. possède, ainsi que des représentations grossières, en cire, en bois, en terre, de la crèche, de la sainte famille, etc., etc. Nous admirâmes cependant beaucoup une représentation de cette espèce , que l'on montre pour de l'argent , dans une maison particulière. Bien que puérile dans la description , l'effet en est certainement très remarquable, k travers l'étable, où est la crèche, la sainte famille, etc.; et par une fenêtre

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qui se trouve vis-à-vis de la porte que les spectateurs ne passent pas, on découvre un vaste paysage, des prés, des bois, des villages d'où s'élève de' la fumée, des rochers, des montagnes et le ciel. Or, de tout cela, il n'y a de réel que le ciel et la fumée; je dois pourtant y ajouter les prairies qui sont de gazon véritable; mais, les rochers sont de liège, les montagnes de toile peinte, et les villages de carton. L'on a peine à se persuader que l'objet que l'on a sous les yeux n'est pas réel , et qu'au lieu d'une douzaine de lieues, il ne couvre que quelques pieds de surface horizontale. Avec ce moyen, il n'y a pas de point de vue que l'on ne puisse imiter à s'y tromper. La foule se porte surtout à l'église de Santa Maria cV Ai^aceli ^ sur le Mont Capitolin, pour adorer il sacro hamhino (l'enfant Jésus), et l'on voit beaucoup de gens monter à quatre pattes les 124 marches de marbre blanc de la scala j«/2to (l'échelle sainte), qui y conduit, dans l'espoir d'obtenir, par l'intercession du sacro bamhino, le gros lot à la loterie. Au reste, César, avant eux, monta par ces mêmes escaliers, et de la même manière , pour obtenir aussi le gros lot , mais dans une autre loterie. Les Romains modernes, aussi superstitieux que les anciens , tirent des présages de toutes sortes de choses; du nombre d'assassinats d'un criminel exécuté, du nombre de ses comphces, du nombre de

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