LE CARNAVAL
avaient peine à le remettre en mouvement, et , une fois , n'en pouvant venir à bout , toute la ligne de belles voitin-es fut, de proche en proche, aTrétée un bon quart d'heure , malgré le zèle des passants, qui aiguillonnaient les rosses du bout de leurs cannes ou de leurs parasols , ou qui poussaient à la roue.
Telle est la passion du peuple pour ces amusements, que les plus pauvres prennent soin de mettre dans le salvadanajo (cache-maille, ou tire-lire) leur baîoco par jour, pour la mascherata prochaine, économie qu'ils ne voudraient faire pour rien au monde. Le peuple se conduisait décemment ; point de querelles , malgré les confetti^ qui aveuglaient bien des gens.
Il est vrai que la police est aux aguets , et arrête , in limine , toutes voies de fait , principalement de la part des cochers. Une ingénieuse machine, il ccwaletto, est là en permanence, durant le carnaval, et les délinquants y sont pris par les pieds, et quelquefois flagellés sans forme de procès, ce qui est une faveur insigne qu'on leur fait; car les procès ici sont bien plus redoutables encore que les supplices.
Autrefois le Cbrso devenait , pendant le carnaval , une sorte d'Olympe ambulant , où tous les dieux et toutes les déesses de l'ancienne mythologie étaient reproduits dans leurs costumes respectifs; mais la mythologie a tellejnent passé de