COURSE DE CHEVAUX
mode, que, même en Italie , son dernier refuge, les improvisateurs et les faiseurs de sonnets lui restent seuls fidèles.
Au milieu de la licence des confetti^ i^ y a pourtant quelques lois du combat observées. Les gens sans masque ne doivent pas s'en jeter les uns aux autres , mais seulement aux masques , et ceux-ci à tout le monde. Les laquais, montés derrière les voitures , doivent s'épargner réciproquement, et surtout respecter les maîtres. Cependant, les nombreux étrangers qui se trouvent à Rome, ignorant les règles, n'y regardent pas de si près, et la petite guerre devient quelquefois une mêlée générale et acharnée. Au bruit de deux coups de canon, qui se sont fait entendre, le premier à quatre heures et le second quelques minutes après, les voitures se sont immédiatement éloignées. Un détachement de dragons a parcouru le Corso au galop, pendant qu'une double ligne d'infanterie maintenait au milieu le passage libre; on n'y voyait plus que quelques malheureux chiens, effrayés de se trouver seuls, qui couraient éperdus le long de la ligne , cherchant à se faire jour à travers les jambes des soldats et des spectateurs. A la fin , une rumeur confuse annonce que les chevaux viennent de s'élancer dans la carrière ; on les voit venir, verntre à terre, sans cavaliers ; leurs queues et leurs crinières brillent de paillettes d'or; le pavé étincelle sous