TOMBEAU DE CECILIA METELLA
çait l'empereur vis-à-vis de la tour des jugés de la course, est eiiccre à sa place; et l'endroit de là spina^ où se trouvait l'obélisque égyptien qui esjt maintenant sur la Piazza Navona^ est indiqué. Pour épargner les matériaux et afin de rendre leurs voûtes et leurs épaisses murailles plus légères, sans nuire à leur solidité, les Romains faisaient entrer dans leur construction de grands vases de terre cuite, au lieu de pierres ou de briques , lesquels, par leur forme cylindrique , pouvaient supporter la plus forte pression. Nous trouvâmes ici un grand nombre de ces vases; ils étaient d'un beau grain dur , de couleur obscure , résonnaient sous le doigt, lorsqu'on les frappait, et avaient jusqu'à deux pieds de diamètre. Des clièvres à long poil, d'une blancheur éclatante, paissaient la verte pelouse qui couvre l'arène, et d'innombrables oiseaux voltigeaient parmi le lierre dont les vieilles murailles étaient tapissées, chantant déjà le printemps. Plus loin , s'élevait le tombeau de Cecilia Metella, femme de Crassus , mieux conservé qu'aucun autre. C'est une tour large et basse, à soubassement carré, comme le mausolée d'Adrien, mais de dimensions beaucoup moindres. Les murs ont 3o pieds d'épaisseur , ce qui réduit l'espace vide, dans l'intérieur, à 20 pieds sur une hauteur de l\o pieds. Il était autrefois fermé au sommet par une voûte maintenant brisée. C'est ici qu'a été trouvé le magnifique sai-cophage
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qu'on voit actuellement, dans la cour du palais Farnèse. Les nun-s construits d'énormes pierres de taille étaient extérieurement recouverts en briques. La belle frise de marbre du sommet est défigurée par une muraille crénelée, grossièrement construite au-dessus. Au temps de Narsès et de Bélisaire, ce beau monument, comme le mausolée d'Adrien, était encore orné de plusieurs rangs de colonnes et de statues, et comme lui, il fut au moyen âge converti en forteresse par une famille puissante ( les Gaetani). Derrière ce fort et sous sa protection, il y avait un espace de terrain clos de murs qui tombent en ruines; on y a trouvé des statues. Au levant et à environ 3oo toises , se trouve une maison de campagne moderne , mais qui n'a plus ni portes ni fenêtres, quoique l'intérieur soit bien conservé et encore habitable ; le bâtiment ne semble pas avoir plus d'un siècle, certainement pas deux , et l'on a peine à croire qu'un établissement aussi considérable ait été formé dans un lieu dès-lors inhabitable en été. A présent, les cultivateurs sont, chaque soir, obligés de faire trois à quatre milles, pour aller coucher à la ville, et cependant quelle raison y a-t-il de croire que l'air fût meilleur à cette époque qu'il ne l'est maintenant ?
La voie Appienne s'élève insensibleinent , et nous eûmes bientôt une fort belle vue. En face