‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 119 sur 126 · LES TOMBEAUX · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX

s'élevait Monte Albano^ et de chaque coté la verte et vaste et solitaire campagna^ le Latium antiquissimum, terminé à droite par une longue ligne bleue, la mer. Dans le fond, les Apennins couverts de neiges. Toujours des tombeaux le long de cette route antique; c'est l'empire silencieux de la mort. Quelques-uns des monuments funéraires étaient tellement délabrés qu'ils ne présentaient plus à la vue que l'aspect informe d'un rocher. Sur le sommet de l'un d'eux, on voyait une chaumière placée là, dans l'fespoir sans doute d'éviter le mauvais air ; mais elle était déserte , comme le tombeau qui la portait; son propriétaire était mort comme tout le reste, ou avait fui. Un cône renversé ornait le sommet d'un autre tombeau; il semblait que le moindre vent ou seulement un oiseau qui s'y serait perché eût pu déranger son fantastique équilibre ; quinze siècles cependant se sont écoulés, et il est encore debout. Plusieurs de ces tombeaux retenaient encore quelque chose de leur antique forme de temple grec, de dôme, de tour, de caverne, et les fragments de marbre épars indiqu aient assez que la beauté des matériaux avait été la première cause de leur ruine. Il y a une collection de cent dix vues prises sur la voie Appia dans chacune desquelles on voit des ruines de tombeaux. Ce n'est pas toujours dans des urnes que se trouvent les cendres des morts; mais aussi dans des creux

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