PRÉFACE. V
tout ce que l'on voulut. Mais bientôt il partit pour Vienne, sans que l'on y mît obstacle, malgré les soupçons fondés que ce départ excitait; et une armée autrichienne ne tarda pas à marcher sur Naples. A son approche, tout rentra dans l'ornière accoutumée, devenue seulement un peu plus profonde.
Les libéraux napolitains eurent tort de choisir une mauvaise constitution; mais il fallait leur savoir gré de l'avoir établie sans violence, et de n'avoir point abusé du pouvoir passager que la révolution leur donna. Ils n'ont rien gagné à cette modération ; c'est bien dommage, car l'exemple valait la peine d'être encouras^é. Ils eurent tort surtout de se donner une constitution , non-seulement absurde en elle-même, mais inopportune, puisqu'elle devait leur attirer l'opposition étrangère; tandis que, s'ils se fussent contentés de demander d'abord la giustîzia francese , comme ils appellent l'établissement judiciaire que les Français leur avaient donné, puis une législature composée de deux chambres, dans l'une desquelles la haute noblesse aurait siégé seule, ils auraient obtenu ces choses fondamentales, et, avec elles, la plupart des abus, dont on