‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 32 sur 126 · ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENT

nombre trouvent à se marier , unies au sortir de l'enfance et du couvent, à un homme qui ne leur est pas même connu, font ensuite leur choix auquel elles demeurent en général fidèles. Des deux unions, celle-ci semblerait presque la plus légitime ; et malgré tout ce que l'on a dit des Italiennes, elles me paraissent faire preuve de moins de légèreté, et de plus de délicatesse que ces femmes d'autres pays, qui , dans leurs amours passagers, changent d'objets sans scrupule. Les officiers français qui à la révolution inondèrent l'Italie , à force de se moquer du si§isbéisme réussirent en partie à lui substituer des habitudes décidément plus immorales, et la description poétique que Parini nous a laissée de la manière de passer le temps aux différentes heures de la journée (// matino , il mezzo giorno , la sera , vespro e notte\ très-exacte il y a vingt-cinq ans, l'est moins à présent.

Jusqu'à la fin du dernier siècle, les moines, professeurs de l'Université de Bologne, n'enseignaient encore qu'une théologie haineuse et sophistique , et un droit pyrrhonien et chicaneur. Mais heureusement que ces études, sans attrait naturel et ne conduisant à rien , étaient peu suivies.

L'observatoire astronomique, pourvu seulement de quelques instruments que le pape Lambertini avait achetés de lord Cowper, était dans

LA POLITIQUE DE l'eNSEIGNEMENT. gS

un tel état de dénuement qu'on n'aurait pu y faire des observations suivies; un coin de terre dans une cour formait tout le jardin botanique. La meilleure université alors était celle de Pavie , pour laquelle Joseph II avait beaucoup fait; on y trouvait des professeurs du premier mérite , tels que Franck, Scarpa, Tamburini, Tissot ; mais les moyens d'instruction, ici comme partout en Italie, n'étaient pas à la portée du peuple. — En Toscane, même à présent, on compte 760,000 individus qui ne savent pas lire, sur une population d'un million. Pendant la république , on organisa les trois universités de l'État , sur le pied de celle de Pavie et même mieux. A Bologne on dépensa des sommes énormes pour cet objet; des écoles préparatoires furent fondées , et les étudiants passaient des unes aux autres, avant d'arriver à l'université; il y avait dans ces écoles des places d'externes et des places de pensionnaires ; il y en avait de gratuites ainsi que de payantes; rien enfin n'avait été négligé pour mettre l'instruction à la portée de tous les rangs. Le peuple commençait à prendre goût à l'instruction; les places payantes , comme celles qui ne l'étaient pas, étaient demandées avec ardeur; une émulation salutaire s'établissait entre les écoles préparatoires; les lycées de Fèrrare, Mantoue,Vérone, acquéraient une haute réputation. On remarque que la conscription même contribuait indirectement à fomenter

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