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pas jeune, ayant un fils de dix-huit ans , il lui restait encore de la beauté ; mais son caualiere , après avoir porté ses chaînes trois lustres et plus , avait jugé bon de prendre femme. N'ayant pas le courage de le lui annoncer lui-même, un ami commun s'en était chargé. Au premier mot, l'amante désespérée court chez son infidèle; mais il était sur ses gardes , car il y allait de sa vie, et la voyant venir, il s'échappa par une porte de derrière; on ne le revit pluspendant quelques mois et il était marié quand il reparut. Dans l'intervalle, on avait fait entendre raisonàla dame abandonnée, et soit résignation, soit fierté, elle ne poursuivit passa vengeance. Toute la ville lui fit des visites de condoléance , expressément à l'occasion de ce qui s'était passé; et son mari, qui lui-même en parle et prend beaucoup de part à son malheur, se plaint seulement de n'avoir pas été averti à temps , se flattant qu'il aiu\ait mieux que personne su préparer vm trop sensible cœur au coup qu'on allait lui porter. Je demandais, l'autre jour, comment deux personnes, d'un esprit peu cultivé et sans occupation quelconque, pas même la musique, dont peu de personnes ici font une étude, pouvaient trouver moyen de remplir leurs éternels tête-à-tête; ce qu'ils faisaient. On me répondit : « aimer et bâiller , puis bâiller et aimer, et enfin bâiller et toujours bâiller. >i Les étrangers qui demeurent habituellement en Italie finissent par adopter ces mœurs-là.
LES MOEURS. l ^'J
Madame A... , Italienne, mariée à un Français qui, sous le général Miollis , remplissait quelques fonctions publiques, et qui maintenant en a de secrètes à Rome où il passe la plus grande partie de l'année , madame A... , dis-je , vit publiquement dans un commerce intime avec M. F..., Anglais, assez jeune pour être son fils. Tous deux ont l'usage du monde, le ton de la bonne compagnie et y sont bien reçus. Le bon mari vient , chaque année, passer quelques jours au sein de sa famille, en tiers avec M. F.... ; personne ne sait ce qui se passe dans cet intérieur, mais on voit le mari donnant le bras à sa fille , et le cavalière anglais à madame. Il est clair que l'opinion publique sanctionne cet état de choses, et il n'en faut pas davantage pour juger les mœurs ; cependant les gens du pays persistent à dire qu'ordinairement le cavalière servente n'est que Vamico delta casa. La publicité, disent-ils, et la constance de ces sortes de liaisons, offrent la meilleure garantie de leur innocence. Parmi nous, ajoutent-ils, une femme qui se montrerait sur le siège , à côté de son cocher, serait déshonorée; mais nous ne portons pas ce jugement à l'égard des Anglaises que nous voyons se promener ainsi, parce que c'est la mode en Angleterre, et que cela ne tire pas à conséquence. Les tête-à-téte de nos femmes avec leurs cavalieri sont aussi sans conséquence.
A cinq ou six milles de Pise, sur le bord de la