‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 41 sur 126 · TO · texte numérisé non relu

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l48 LES CHAMEAUX.

mer, le grand duc a un domaine, dont le sol sablonneux ne présente que dévastes et maigres pâturages , où l'on voit errer en liberté de grands troupeaux debétes à cornes, de chevaux, de moutons, et ce qui paraît étrange, de chameaux au nombre d'environ deux cents. C'est la souche d'où sortent tous les chameaux que l'on promène eu Europe. Ils coûtent 4o à 5o séquins ( 5 à 600 francs) à l'âge de quatre ans. Nous les trouvâmes nonchalamment couchés la plupart, ou errants çà et là avec lenteur; leurs grands corps maigres et dégingandés semblaient à peine avoir la force de se soutenir, et la liberté dont ils jouissaient rendait leur difformité et la maladresse de leurs mouvements plus apparentes encore qu'elles ne le sont dans l'état de contrainte et d'esclavage, où nous sommes accoutumés à les voir. On a peine à croire que des êtres aussi mal bâtis soient agiles et forts; cependant ils portent à Pise une charge de bois, pesant douze quintaux, et leur pas ordinaire est égal au trot d'un cheval. On mit le bât sur l'un d'entre d'eux, qui s'était agenouillé pour le recevoir, non sans pousser des cris et des gémissements lamentables, accompagnés de grimaces très expressives de mécontentement, qui continuèrent pendant qu'on lui faisait faire quelques pas. Le poil de ces animaux est épais, et d'une grande finesse. Les chevaux, qui n'y sont pas accoutumés, craignent extrêmement

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