‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 46 sur 126 · J76 SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

J76 SAINT-PIERRE

dite de la forme spirale , sont fort belles. Il est fâcheux que, pour les faire , le plus précieux monument de l'antiquité, le Panthéon , ait été dépouillé du métal qui le couvrait, et que le spoliateur soit Michel-Ange. Une antique statue , le Giove capitoUno en bronze, fut également mise au creuset et transformée en une mauvaise statue colossale de Saint-Pierre, que l'on voit assis dans sa niche non loin du baldaquin. Les fidèles viennent dévotement baiser du matin au soir le gros doigt du pied de l'apôtre, qui se trouve usé d'un demi-pouce par les applications ferventes de tant de lèvres dévotes, répétées depuis trois siècles. Le long des ailes de la croisée , on lit sur des confessionaux les inscriptions suivantes; Pro gallica lingiia. — Pro Hispania. — Pro Ingiiilterra. — Pro Italia^ etc; qui servent de guide aux fidèles étrangers, cherchant l'absolution de leurs péchés. Nous avions remarqué en entrant une femme à genoux devant un de ces confessionaux, et une heure après elle y était encore, lorsqu'une longue baguette blanche, sortant du sombre guichet, toucha la pécheresse, qui, se levant aussitôt, ajusta son grand voile et disparut, soulagée d'un pesant fardeau et à même de recommencer.

D'innombrables statues et des monuments de toute espèce, en bronze, en marbre, en porphyre, en albâtre, par Bernini, par Michel-Ange, par Canova, peuplent la vaste nef, mais n'y font pas

Page 1