‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 49 sur 126 · LE CAPITOLE. I · texte numérisé non relu

LE CAPITOLE. I

cassent rien moins que le besoin. On mendie ici comme on improvise, tout naturellement; et un étranger peut à peine fixer ses regards sur quelqu'un dans la rue, sans s'attirer à l'instant la demande d'un baj'occo. La tentation semble irrésistible, et cependant on est rarement volé.

Je n'ai pu monter au Capitole sans émotion : mais, comme tant d'autres, ce lieu célèbre ne répond pointa l'attente que l'on avait. Le mont Capitolin n'est pas un mont, mais tout au plus un monticule : ce n'est pas une ruine, car on n'y trouve que des bâtiments neufs et rien qui n'y ait été mis par les modernes; quandjedisbatimentsneufs, j'y comprends ceux qui ont été construits par Michel-Ange, mais c'est du neufpour le Capitole. Du côté opposé au /brum romanum une seule rampe douce vous conduit ausommetdumontCapitolin, où vous trouvez une petite place carrée entourée de trois côtés par des bâtiments, et qui, par corruption, se nomme le 6'<2;;zpidoglio. Deux lions antiques de basalte gardent le pied de la rampe, et deux colosses d'un travail médiocre, bien qu'il soit grec , en gardent le sommet. On les appelle Castor etPollux, et ils ont chacun un cheval colossal aussi, mais qui néanmoins paraîtrait sortir de leur poche, s'ils en avaient au lieu d'être tout nus. A côté de ces singulières figures, on voit deux trophées , puis deux statues de Césars fort médiocres, et enfin deux petites colonnes. Ces diverses choses ramassées dans divers endroits

l8G LA PRISON MAMERTINE.

et symétriquement arrangées ici , sont toutes antiques certainement, mais toutes étrangères à la place qu'elles occupent, à l'exception peut-être d'une des colonnes qui était la pierre milliaire N°. I . , sur la via Appia , transportée de la fin du premier mille à son commencement. Anticipation pratique, qui rappelle les disputes de Tannée 1800, lorsqu'il était question de savoir si l'on était déjà dans le dix-neuvième siècle , ou encore dans le dixhuitième. Vient enfin la célèbre statue équestre de Marc-Aurèle , en bronze , trouvée dans le Forum Trajanum, et mise ici par Michel-Ange. On dit que c'est la seule statue équestre trouvée à Rome. Cherchant les ruines du Capitole hors du Capitole, nous en sommes descendus par le côté opposé à celui par lequel nous étions montés, et prenant à droite, nous avons trouvé une muraille antique, bâtie de grosses pièces de pépérin, espèce de tuf volcanique que l'on voit se former dans la campagne de Rome, près des eaux souffrées. Cette muraille faisait autrefois partie AwTabularium^ édifice sacré, où se conservaient les décrets de Rome gravés sur des tables de bronze; mais lors des troubles à la mort de Yitellius, le Tabulariumajsiiit été consumépar le feu, trois mille de ces tables furent, dit-on , mises en fusion et détruites. Rangée sur la même ligne, on voit la prison 3Iamertine, appelée aussi Latomiœ^ construite dès les premiers siècles de Rome. L'on descend par une

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