THERMES DE TITUS
des Thermes , ou bains chauds de Titus , et le même aqueduc fournissait l'eau à l'un et à l'autre. L'usage des bains publics était d'origine grecque, et ne s'établit à Rome que sous le règne d'Auguste; mais dans la suite ces bains devinrent des établissements très compliqués, des lieux de délices où l'on trouvait tout ce que les arts perfectionnés peuvent inventer de jouissances, et tout ce que des richesses sans bornes peuvent acheter. Chaque empereur ajouta successivement à leur nombre, à leur étendue, à leur magnificence, et à la variété des jouissances qu'ils procuraient gratuitement au peuple romain. Mais aucun de ces bains publics n'était comparable à ceux de Caracalla et de Dioclétien. Uu grand nombre de chambres des Thermes de Titus, ensevelies sous les ruines des étages supérieurs, furent déblayées sous Léon X. Raphaël étudia leurs fresques, et en imita le goût dans les ornements des plafonds du Vatican ; mais afin que ces lieux souterrains ne devinssent pas des repaires de brigands, on y rejeta les décombres qu'on en avait tirés. Après trois cents ans (en 1776), on pensa à les en débarrasser une seconde fois ; mais ce ne fut que sous les Français que- ce grand ouvrage fit des progrès, et il y a maintenant trente chambres accessibles ainsi qu'un grand nombre de corridors qui ne conduisent à rien, et dont l'usage est inexplicable. Beaucoup d'autres chambres I. i5
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n'ont pas encore vu le jour depuis leur première inhumation. On reconnaît cependant qu'elle n'a eu lieu que depuis l'établissement du christianisme , car on a trouvé un autel chrétien à l'en- • trée de l'une d'elles, dont il paraît qu'on avait fait, dans le sixième siècle, une chapelle dédiée à sainte Félicité. Rien n'annonce que ces appartements aient été des bains; point de baignoires ni aucun grand réservoir , et le nom de Themiœ semblerait peu applicable à cet édifice. Parmi le grand nombre de niches de statues, on en montre une que Ton assure avoir été occupée par le Laocoon\ mais la tradition indique aussi une vigne derrière les Thermes, comme ayant été le lieu où ce magnifique groupe fut découvert il y a trois cents ans, ce qui semble peu probable. L'étage supérieur, qui existe encore en partie, contenait la bibliothèque , des galeries de tableaux et de statues , et de vastes portiques,où les philosophes enseignaient et disputaient; c'était le département des plaisirs intellectuels. Au moyen d'une bougie fixée au bout d'un bâton , on vous montre sur les voûtes des salles basses, des fresques parfaitement conservées, qui représentent des arabesques et des petites figures gracieuses et bien exécutées, mais de peu d'intérêt et presque hors la portée de la vue. Ces chambres , n'ayant point de fenêtres, n'étaient destinées à être vues qu'à la lueur des jampes. Le plan général de l'édifice ne saurait être