THERMES DE DIOCLÉTIEN
déterminé à travers le chaos des ruines. On ne voit que des masses informes de briques semblables à des rochers, et sans rapport les unes avec les autres ; des portions de voûtes prêtes à tomber, mais qui ne tombent point, et à travers certaines ouvertures dans la terre , des appartements qui y sont enfouis.
Près de ces Thermes , il y a une tour qui passe pour celle d'où Néron contempla l'incendie de Rome; et tout à côté, la via di Santa-Piétra , anciennement vicus sceleratus^ où Tullie, femme de Tarquin et fille de Servius Tullius, fit passer son char sur le corps inanimé de son père , assassiné par son mari !
Les Thermes de Dioclétien occupent les monts Viminale et Quirinale^ un demi-mille au nord de ceux de Titus, et ils sont construits sur une plus grande échelle; l'espace qu'ils couvrent est un carré de l\oo pieds en tous sens, et il en reste encore debout une assez grande partie, pour donner une idée de ce qu'ils ont dû être. Une des salles parfaitement conservée devint, par les soins de Michel-Ange, l'une des plus belles églises de Rome {^Santa Maria dcgli angeli). L'illustre architecte y ajouta une aile et en fit une croix grecque. La grande nef a 336 pieds de long et la nef transversale 3o8 ; chacune a 74 pieds de largeur et 84 pieds de hauteur. Il y trouva huit magnifiques
colonnes corinthiennes de granit oriental, cha-
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ciine d'un seul bloc de 4^ pieds de haut, et de 16 de circonférence, et en ajouta huit autres de briques, revêtues d'un stuc qui imite à s'y tromper le granit oriental. Mais le terrain autour de cet édifice étant plus haut que son pavé, il jugea bon d'élever celui-ci de six pieds, et d'enterrer d'autant les colonnes, ce qui gâte beaucoup leurs proportions. On voit ici une admirable fresque du Dominicain(le martyre de Saint-Sébastien), dont le coloris plein de vigueur ressemble plus à la peinture à l'huile, qu'aucune autre fresque que j'aie jamais vue. Derrière cette église, mais. toujours dans l'enceinte des Thermes, il y a un couvent de Chartreux. Dans la cour du jardin on voit une fontaine entourée d'un groupe d'énormes cyprès qui ont été le sujet de plusieurs gravures. Ce groupe, autrefois formé de quatre arbres, et maintenant réduit à trois, fut planté par Michel- Ange lorsqu'il construisit le cloître du couvent. Les troncs de ces arbres ont à présent i3 pieds de circonférence. Aux plantations d'artichaux et de cardons, qui remplissent exclusivement les jardins de Rome, on a ici ajouté des orangers que nous avons trouvés chargés de fruits.
Le Cœlius et l'Aven tin , sont les deux plus considérables des sept collines de Rome. Les grands avaient leurs maisons sur le Cœlius, et le peuple ^ur l'Aventin. La rue Suhurra^ où César, Pline le jeune et Marc-Aurèle, dans sa jeunesse, ont de-