‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 72 sur 126 · LE PAPE · texte numérisé non relu

LE PAPE

métal placés entre les pierres de la base : telle est^ à peu près, l'histoire de tous les obélisques de Rome. Onze de ces monuments gigantesques du luxe égyptien furent, à différentes époques, ainsi transportés des bords du Nil à ceux du Tibre; et, si la mer avait été ouverte à Napoléon , on aurait pu ajouter une autre page à leur histoire, ou même deux, au cas qu'ils eussent été renvoyés des bords de la Seine à ceux du Tibre. ]\Iais c'est à Thèbes et à Héliopolis qu'en stricte légitimité ils auraient dii terminer leur voyage. Celui que l'on voit devant Saint-Pierre est le seul qui soit resté debout et entier.

Décembre. Le pape officiait aujourd'hui en personne à Santa Maria Maggiore, et les étrangers ont pu assister aux cérémonies dans une place qui leur était réservée, près du trône de sa sainteté, les femmes séparées des hommes. L'attente a été longue et quelques-uns de nous [forestieri) , fatigués d'être debout depuis deux heures, et cherchant un étroit point d'appui autour de la base des piliers couverts de tapisseries, virent ces tentures, trop légèrement attachées, descendre sur leurs têtes coupables. Le maître des cérémonies , vieux suisse, qui ne parlait que son patois allemand, vint, hors d'haleine, arrêter le désordre^ exhalant sa colère en un langage à nous inconnu. Cet épisode servit à faire passer le temps. En-

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fin une douce et belle musique, qui se faisait entendre au loin, annonça lapproche de sa Sainteté; elle parut bientôt à l'autre extrémité de l'Église. Son siège pontifical était porté sur un brancard élevé au-dessus du niveau des têtes, et entouré de ses cardinaux et de ses gardes. Sa Sainteté mit pied à terre, près du grand autel; soutenue de chaque côté, elle s'avança vers le trône qui lui était préparé, et, non sans peine, monta les degrés pour y prendre place. Elle était revêtue d'une ample robe de satin brodée d'or; et la tiare placée sur sa tète, en or mât, haute comme un bonnet de grenadier, était marquée de trois rangs ou couronnes de pierres précieuses. Deux personnages , revêtus de drap d'or et la tête poudrée à blanc, debout à ses côtés et attentifs à ses moindres mouvements , avaient soin de croiser sa robe sur ses genoux lorsqu'elle se dérangeait, de la soutenir lorsque le saint père se levait, et de placer un coussin de satin blanc par terre, lorsqu'il se mettait à genoux; lui donnant son mouchoir lorsqu'il en avait besoin, puis le pliant avec respect, sanctifié , comme il paraissait l'être, par l'usage que sa Sainteté en avait fait. Les cardinaux, revêtus d'amples robes d'un rouge terne, d'une sorte de manteau court ou scapulaire d'hermine, et la tête poudrée à blanc, étaient assis aux deux côtés d'un carré, dont le trône pontifical formait la troisième, et le grand autel le qij,atrième. Les

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