LUCIEN BONAPARTE
diesse fait honneur à Fesch, qui ne doit pas renier son bienfaiteur, quelque peu digne d'estime et d'attachement qu'il puisse paraître à d'autres qu'à lui. Ce cardinal était une sorte de factotum dans la maison de son neveu, lors de sa première campagne en Italie; et c'était à lui que l'état-major portait ses plaintes, lorsque le dîner n'était pas bon, ou était servi trop tard. Il fut ensuite fournisseur , puis connaisseur en tableaux, puis archevêque de Lyon, et enfin cardinal. Il s'est très-bien montré dans deux de ces capacités au moins , ayant été bon archevêque et bon connaisseur; et, lors même qu'il serait prouvé que la table du quartier-général était mal tenue, ou que, dans le cercle des cardinaux, il ne marmotte que pour rire, il faudrait bien le lui pardonner. On dit que Bonaparte se moquait de son oncle Fesch, devenu connaisseur ; mais il avait tort.
Il y a ici toute une colonie de Bonaparte qui vivent beaucoup entr'eux, la noblesse romaine ne les aimant pas ; mais ils sont recherchés par les étrangers. Madame mère, qui est la plus riche de la famille, fait ménage avec Fesch, et l'on dit qu'elle est mal avec Lucien. Celui-ci est criblé de dettes et doit, entr'autres, quatre-vingt mille scudik Torlonia, son banquier. Louis et la princesse Borghèse sont également ici; cette dernière