‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 77 sur 126 · R A. PII A EL · texte numérisé non relu

R A. PII A EL

raît néanmoins trop accablé sous le fardeau dont il est chargé. La femme à droite, qui porte une cruche d'eau sur sa tète et ime autre à sa main, criant au feu ! de toutes ses forces , est, ainsi que le jeune homme , de race herculéenne, et en ferait deux de taille ordinaire. Une affreuse vieille (Creuse peut-être) se présente aussi sur le premier plan, entraînant loin du feu deux ou trois enfants presque nus; elle-même est en chemise, et paraît pousser des cris lamentables. On passerait volontiers l'épisode, qui n'a rien que de naturel ; mais amener ainsi la décrépitude et la difformité de grandeur colossale jusque sous vos yeux n'est pas de bon goût, surtout lorsque cet épisode usurpe la place de l'action principale. Plus loin on voit un homme qui se laisse couler en bas d'une muraille ; il est si gros et si pesant, qu'il semble devoir entraîner la muraille avec lui ; puis un autre homme recevant dans ses bras un paquet, qui se trouve être un enfant, emmaillotté à la vieille mode (i), que la mère lui jette d'une fenêtre. Enfin vient l'objet principal, c'est le pape à la fenêtre, bénissant de tous côtés , le feu en haut et le peuple en bas, sans qu'on sache encore ce qu'il en adviendra. Telle est la composition peu liée de ce grand tableau. Le dessin n'en est pas correct, l'expression médiocre, et le coloris ,

(i) Ce n'est pas encore une vieille mode en Italie; elle fleurit toujours.

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