‹ Voyage en Italie et en SicileChapitre 84 sur 126 · CANOVA · texte numérisé non relu

CANOVA

peut-être ne l'égale en simplicité d'expression. Je ne trouve pas qu'il soit heureux dans ses draperies à plis métalliques, en imitation de celle de Niobé ; et son Hébé en est un exemple. Ce moderne Phidias sait en quoi il excelle, et ses statues ne sont pas souvent chargées de draperies. Il en résulte malheureusement qu'on ne peut pas toujours, qu'on ne devrait pas au moins les exposer à tous les regards. Sa Vénus de Florence, celle de Rome, qui est couchée, et son groupe des Grâces sont dans ce cas-là. Le groupe est pour l'empereur Alexandre, et la Vénus couchée, pour le prince régent d'Angleterre (George IV). Je tiens de Canova que son procédé, pour donner au marbre cette admirable teinte qui adoucit sa blancheur, trop vive et trop brillante, est de le laver avec l'eau dans laquelle on aiguise les ciseaux de son atelier ; ce qui est tout simplement de l'ocre , plus pur et plus divisé qu'on ne pourrait l'obtenir autrement. I^es draperies restent blanches, et il me semble que les cheveux ont une teinte un peu plus foncée que la chair. L'effet, à ce que l'on assure , est permanent. Nos yeux revenaient sans cesse sur le modèle en terra cotta de la Madeleine accroupie , dont le marbre est à Paris. Elle tient sur ses genoux une croix faite de roseaux, une tète de mort est à ses côtés, et il y a dans sa physionomie tant de chagrin, d'humilité et de repen tance, tant de beauté et

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