LA CÈNE, BRESCIA, VÉRONE
fiC théâtre diurne, qui doit aussi servir de cirque, car
les chevaux et les attributs hippiques entrent pour beaucoup dans son ornementation, n'a pas de plafond: la voûte du ciel en tient lieu. Il se compose d'un parterre, qui mérite son nom littéralement, et do galeries coupées en forme de loges, mais sans cloison et libres par derrière. 11 était cinq heures et demie à peu près et la pièce com-
lença sub jove, crudo ; mais bientôt le crépuscule vint, puis la nuit. Une chandelle s'alluma d'abord discrètement pour éclairer l'acteur en scène, tandis que le reste était plongé dans l'obscurité, à peu près comme cesdnnseuses d'Alger qui, comptant peu sur l'éclairage de la salle où elles déploient leurs grâces, ont près d'elles un nègre tenant une bougie qu'il hausse ou baisse à propos, illuminant les yeux, la taille et les pieds, suivant les progrès i1u pas. Ensuite une timide lueur vint se joindre à la premièrt- ; enfin, un bout de rampe se leva, quelques quinquets s'accrochèrent, et le théâtre diurne se transforma en un théâtre nocturne mal éclairé. Il est bien entendu que la salle n'avait que les étoiles pour becs de gaz. Les acteurs ne nous ont pas paru trop mauvais. Malheu-
^asement mademoiselle de Cardoville était sèche, maigre