‹ Voyage en ItalieChapitre 16 sur 27 · TL · texte numérisé non relu

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du palais Pitti , et des tombeaux de Médicis , et de cette Florence moderne que j’ai si bien vue ; cette fois encore, le passé l’a emporté sur le présent; pardonnez-moi !

I K PALAIS PITTI. — LL POGGIO IUPI.RIAL. — LA PRINCLSSK HATIIILDK BONAPARTE. — UACIIIAVKL.

Adieu donc, Florence! Florence la républicaine et la royaliste , Florence la catholique et l'excommuniée; adieu, la ville libérale entre toutes les villes, qui seule as porté la peine de tes colères , de tes préjugés, de tes haines , de tes dissensions de tout genre , pendant que tu jetais d'une main inépuisable, toi l’aînée de l’Europe, tes sciences, tes institutions, ta poésie,

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tes beaux-arts ! Adieu doue , toi l'admirable et l'admirée, qui as enseigné, à tes risques et périls, aux nations à venir, comment se brise le joug des tyrans, comment se fonde lu liberté , comment une grande nation doit exercer eu même temps la guerre et le commerce, comment, à force de génie, elle peut remplacer la puissance qui lui manque; pauvre et riche Florence, courageuse et généreuse entre toutes les villes , qui déchirais tes entrailles de tes propres mains, tout en travaillant & la liberté, à l'honneur, à l'avenir du monde ! Elle a deviné la première toutes ces institutions et toutes ces sciences dont nous sommes si liers. nous autres modernes. Tout comme Dante a montre le premier la croix du sud , de même elle a eu la première son armée citoyenne , ses magistrats élus par le peuple; la première elle a séparé les deux pouvoir? que pas une nation ne séparait alors, l'état et l'église; la première elle a été savante, éloquente, élégante, puis enfin, quand toutes ces destinées sont accomplies, elle dépose les armes, elle descend de son troue de laine et d'or, elle ferme à la fois sa citadelle et sou comptoir, elle inscrit dans son Panthéon les trois

K N ITAM K

grands noms de son histoire , Dante, Michel-Ange et Galilée. Autant elle était turbulente et passionnée, autant elle se fait calme et tranquille; elle a toute la dignité de la défaite , comme elle a eu toute la gloire du combat ; de même qu'elle a vécu la première parmi les nations intelligentes, de même aussi elle succombe la première ; mais quelle défaite glorieuse ! mais qu elle est grande dans sou abaissement 1 mais qu’elle est belle dans sa mort ! et avec quel saint respect on la vient contempler de toutes les parties de l'univers, couchée dans son magnilique tombeau!

Oui , c’est surtout en visitant Florence que l’on comprend et que l’on devine le respect qui se rattache aux grands hommes qui ne sont plus. Ces ruines muettes, cet éclat sans égal qui n’est à tout prendre que le reflet des temps passés; ces palais vides , cet écho que le silence dévore , cet univers de pierres taillées qui n’est plus habité que par quelques chefs-d’œuvre dont la vie est éternelle , tout cela vous frappe d’une admiration indicible. 11 n'y a plus dans cette grande ville que l'Ame qui l’anime; les corps habités parcelle Ame ont disparu à jamais ; des clrnn-

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