O Y AG K
à ne plus rien voir, à ne plus distinguer un seul talileau dans eette foule de toiles illustres, à ne plus découvrir une seule statue dans celte armée de statues. Je demandais grâce et pitié aux heaux-arts de l ltalie! Il me semblait que je les voyais tous danser en rond autour de moi , romme dans une ronde fantastique , ees grands hommes, l'honneur de l'art, Jules Romain, lie Titien , Salvutor Rosa , Paul Véronèse , leTintoret, les (-arrache, le Dominiquin , le Primatiee, qui ont jeté en tous lieux . ça et là , dans les palais , dans les églises, sur les murs, hors des murs, l’éclat, la grâce et le caprice de leur génie ! Et d'ailleurs , l’avoueraije? Milan avait un air de fête inaccoutumé qui faisait mal à voir. Parlez-moi, pour la fête de chaque jour, d une ville disposée comme est Florence ! Florence est faite pour la fêle éternelle! Florence est la fille des plaisirs et des murmures intimes. Florence c’est la causerie parisienne dégagée de toute ambition . de toute politique, de toute cette agitation fiévreuse que jettent chaque jour dans nos villes la tribune et le journal. Aussi rien ne vous étonne dans la joie de Florence, dans cette gaieté toujours toute prête, dans cette
EN ITALIE. 2KI
hilarité de bon goût qui se respire comme l'air. Mais à Milan, tout au rebours. Figurez-vous une ville solennelle et sérieuse , mais sérieuse comme une ville italienne , malgré elle, forcément et sous le coup des baïonnettes. Iticn qu'à entrer dans ces murailles si bien gardées, on comprend que la liberté n’est plus dans In ville. Eh ! qui vous parle de liberté? On comprend que l’autorité étrangère est présente , qu’elle se tient là-dedans immobile , silencieuse et tout armée , qu’elle commente les moindres paroles, quelle explique les moindres gestes , qu'elle a à ses ordres des prisons profondes , les plombs de Venise ; un peu plus loin , et à défaut des plombs de Venise , une citadelle de glaces et de neiges éternelles, au Spielberg ! Et vous, qui revenez tout charmé de l'autorité paternelle du grand-duc de Toscane , et qui vous trouvez dans une pareille ville, soumise à la fois à la toute-puissance des empereurs d’Autriche , et qui pis est , au génie de M. de Metternicb , vous retournez la tête avec un profond soupir, et vous vous dites : On m'a changé en chemin mon Italie !
Donc , me sentant écrasé par l'admiration et par
VOYAGE
l'enthousiasme , et comme je ne pouvais plus ni rien voir ni rien sentir, ni rien comprendre , je pensai à m’échapper de l'Italie autrichienne. — Mais, me disait-on , vous êtes à Milan , et par conséquent vous êtes bien prés de Venise, et que faites-vous? Comment passer par Milan sans traverser Venise î Et notez bien que ceux qui parlaient ainsi m'engageaient d'autant plus, qu ils ne m'adressaient nullement ces phrases toutes faites à propos de Venise. Ils ne me disaient pas: Venise la belle! \ enise la morte! Ils ne me rappelaient ni les vers de Byron, ni les vers de M. de Lamartine; ils me disaient tout simplement: Venise! et ce seul mot me poussait bien plus loin que n’eût pu lefaire la plus fanatique déclamation. Aussi le soir, par une nuit étoilée , assis tout en face du dôme de la cathédrale de Milan , pendant que les anges de marbre entonnent leur cantique éternel , je me répétais tout bas : — Venise! Venise ! Venise ! El puis je regardais encore tout au loin , comme si j'avais dû voir accourir à moi Florence.
Ici je me fis à moi-mémo le raisonnement suivant :
Non , il ne faut pas aller à Venise. Il n’y a plus de
EN ITAM K
ac>
Venise. Il n'y a plus qu'un monceau Je ruines, des marbres déserts , du fer rouille, des ponts qui croulent, des cachots comblés , une mer qui s'enfuit, chaque jour plus épouvantée de ce silence; plus de chansons joyeuses dans les lagunes , plus de jeunes gondoliers épris de vin et de poésie , plus de gondoles remplies de mystère et d'amour. L'Adriatique! pauvre veuve qui n perdu son doge , et que nul ne peut plus épouser. Non , je n’irai pas à Venise pour écouter ce dernier râle. Et puis d'ailleurs , veux-tu donc en un seul jour épuiser toute l’Italie? Ne veux-tu rien garder pour tes chagrins à venir? — pour l’exil à venir? Ne sens-tu pas que tu es horriblement fatigué , et ne veux-tu pas changer tout ce soleil contre un air fraise! pur? Et cependant Venise était là-bas qui m'appelait de son geste amoureux , secouant sa tète chargée de fleurs fanées , me tendant ses blanches mains chargéesdefers! J’ai eu là un moment d'anxiété bien cruel.
Et cependant je suis parti de Milan sans aller voir la ville des doges. J’ai laissé là tous les apprêts du couronnement impérial , et je n'ai même pas demande à voir la couronne de fer. Une fois mon parti pris,
2S4 VOYAGE
je respirai plus librement ; je pressentais déjà ces hautes montagnes de la Suisse , dont les blancs sommets brillent au loin d’un éclat incroyable. A mesure que j’avançais dans ees nouveaux sentiers, je me sentais vivre et renaître. Mon cœur oppressé se calmait, ma poitrine gonflée reprenait son niveau , ma tète était moins brûlante et ma pensée assoupie errait ç& et là doucement, sur ces plaines vertes entrecoupées de petits ruisseaux qui servent de tapis aux montagnes. A dater de ce moment , et pour mieux jouir de ce nouvel état de l’âme et des sens et pour ne rien gâter à cette douce extase , je ne demandais plus , comme je faisais naguère à chaque instant : — Quel est ce village ? quelle est cette ruine ? quel est ce clocher? et les mille outres innocentes questions du voyageur ignorant, curieux et attentif. Non. Je ne voulais plus rien apprendre , je ne voulais plus rien savoir. Cette fois il me suffisait de voir, sans regarder, de sentir, non pasde comprendre. J’allais comme au hasard, et à chaque pas nouveau que je faisais loin du pays des chefsd’œuvre , je me sentais plus heureux et plus léger. A la fin , j’allais donc laisser là toute mon admiration, ce
fardeau si lourd à porter! A la fin , j'allais donc me dépouiller du mon enthousiasme , ce manteau qui hrùlc! Soyez béni, mon Dieu, qui avez placé les montagnes de neige non loin des plaines lombardes , les chalets de sapin non loin de ces palais de marbre , la Suisse agreste et républicaine à côté de l’élégante civilisation du royaume de NI. de Mettemich !
Cependant, que les routes sont belles dans ces montagnes autrichiennes! La patience allemande n’a jamais rien construit de plus solide que ces larges chaussées qui traversent les étangs à pied sec , qui grimpent au sommet de la montagne d'un pas rude et ferme, admirables escaliers qui aplanissent les montagnes , qui comblent les vallées , qui sont faits tout exprès pour laisser passer les armées, et dont le voyageur profite comme s’il ôtait un héros. Ces belles routes tant vantées que traça le génie de l'empereur Napoléon sur le Simplon , elles sont peut-être vaincues par les grandes routes qui conduisent de l'Italie dans la Suisse. Mais ne faisons pas de comparaisons inutiles, allons toujours.
On chemine ainsi , ou plutôt ou grimpe ainsi jus-
qu à un certain iiiomeiit où lout d’un coup vous descendez dans l’Helvétie. Cette fois, adieu lltalie : c’en est fait, dites adieu à toutes vos sensations passées ; la scène change et vous changez comme elle; vous étiez un gentilhomme , vous étiez un artiste . vous étiez un poète; à Turin vous marchiez au bruit des tambours ; A Gènes vous parcouriez les palais des doges ; à Florence vous étiez le convive du grand-duc ; à Milan vous teniez à la main votre cher passe-port, votre liberté d'entrer et de sortir; cette fois vous voilà un simple habitant des montagnes, un paysan , un pèlerin , je ne sais quel nouvel arrivé dans un monde nouveau. Allons, respirons plus à l’aise. Mais cependant, faut-il donc descendre tout là-bas au fond de ce gouffre? Mais là-bas, voyez ce qui se passe. Des torrents sc précipitent, des avalanches s’amoncèlent, l'écho de la montagne gémit et pleure! Ah ! ce n’est plus la large route arrangée , pavée et fravée par le soldat allemand, c’est un rude petit sentier mal dessiné dans la montagne par un pâtre, et dans lequel vous passez à peine; où sont-ils ces ponts formidables qui pourraient porter des villes? b Suisse, en
faitdc pools, ne connaît guère qu’un tronc d’arlire jeté d'une rive à l’autre ; le pont tremble sous vos pas : à la bonne heure ! cela vaut mieux que de trembler sur le pont. Où donc est-elle la voûte solennelle qui coupait en deux la montagne , laissant de distance en distance une large ouverture sur cet immense paysage? La montagne helvétique est rude et sauvage; elle ne sait pas s’entrouvrir poliment devant le voyageur, il faut que le voyageur sc batte avec elle et la dompte, si le voyageur veut passer. Et pourtant, malgré ces difficultés sans cesse renaissantes, quel adorable voyage î Quels frissons inattendus ! Que vous aimez ces cascades qui tombent I ces rivières qui s'échappent du flanc de la montagne ! Que cela est rempli d’intérêt! Un filetd’cau qui se laisse tomber goutte a goutte du haut du rocher, qui se brise sur les cailloux de son lit , qui se perd sous les herbes naissantes, et qui plus loin devient le Rhin, le plus beau fleuve de l’Europe! Il vous semble alors que vous assistez è ces combats à boules de neige conduits par cet enfant, qui sera plus tard l'empereur Napoléon.
Ainsi vous allez toujours jusqu’à ce que vous ayez
288 VOYAGE
atteint le fond de la montagne ; alors vous remontez un peu; vous prenez une route resserrée entre deux rochers, et plus vous avancez, plus la route se resserre, et, de chaque côté de cette route , pendent de vieux arbres chargés de mousse , et toutes ces pierres sont ruisselantes , et tous ces échos sont grondeurs ; et , plus vous marchez, plus la voie devient étroite , plus elle devient sombre , triste , sévère, et tout à coup , tout à coup, la route s'arrête, épuisée, épouvantée, n'en pouvant plus. Où donc êtes-vous arrivé? 11 n’y a que Dieu qui le sache! Plus de chemin frayé, plus de sentier nulle part. Vous êtes en présence d’une masse inerte, imposante, taillée à pic; un mur haut comme le ciel s’interpose entre vous et le reste du monde ; vous restez confondu, anéanti, éperdu comme le chemin, et vous vous regardez l’un l’autre, le chemin et vous , comme le chien interroge son maître quand il a perdu la trace du chevreuil. Êtes-vous donc, en effet , arrivé à la borne fatale où le monde s’arrête ? pouvez-vous lire ? pouvez-vous déchiffrer sur ce mur les mots sacramentels : Tu n'ira s pas plus Inin ? Et cette fois l’Eternel vous a-t-il traité avec plus
KJS II ALI K.
de respect que la nier, arrêtée par un grain de sable? Telle est votre épouvante! D'autant plus que sur cette ombre qui se prolonge sur ces murailles, la nuit jette encore une ombre plus épaisse ; d'autant plus que le vent grince dans les arbres, que le ruisseau gronde au loin, que le silence est implacable ! Tel est l'étonnement, telle est-la terreur dont vous êtes saisi à ce passage du Splugen, qui s’appelle la Via Mala. Triste route, en vérité, remplie de terreurs, mais admirable ! Et, apres ces premières angoisses, jugez du bonheur ! quand , à l'instant de revenir sur vos pas , comme si vous étiez le jouet de quelque songe terrible, soudain, entre les deux roches escarpées , vous trouvez un léger pont de bois , que vous franchissez au milieu de ces bruits épouvantables. Et cette fois, vivat! vous avez échappé à la Suisse déserte , vous entrez dans la Suisse habitée : les chalets commencent; et vous les reconnaissez pour les avoir tenus dans vos mains, rapportés tout blancs et tout frais comme d’élégantes miniatures de ces maisons rustiques , qui ne sont ellesmêmes que de frêles miniatures, comparées à ces pierres taillées de l'Italie.
\ OVAGE
L’impression de la Suisse vue ainsi est suave el mélancolique. En vain de nos jours, où l'on s'csl moqué de toutes choses , a-t-on voulu faire une risée de ce peuple si calme au milieu de cette nature si calme : je ne vois pas comment on en peut rire, avec la meilleure volonté du monde. Voici des hommes qui vivent dans les montagnes, qui disputent leur petit domaine à l’hiver, qui ont trouve le moyen de faire produire des fleurs à la neige, des moissons à la glace, des arbres à la pierre; industrieux laboureurs, ingénieux architectes, soldats dévoués, tendres cœurs, corps robustes, des hommes qui sont leurs propres maîtres dans une république tranquille et forte , qu’y a-t-il donc là de si risible? Ils naviguent, dans de riches bateaux à vapeur, sur les plus beaux lacs du monde ; ils sont visités chaque année par tous les heureux oisifs de l’Europe; ils amassent peu à peu, aux dépens de notre curiosité frivole , une petite fortune; ils font tous les métiers permis, agriculteurs, soldats, peintres, sculpteurs, bergers, 801)011518168, députés, législateurs, pasteurs; ils se suffisent à eux-inémes, et au delà ; leur sang est vif et beau , leurs femmes sont fraîches el
K N ITALIE
grandes; leurs villes propres et nettes; leurs mœurs simples et rudes; leur tolérance est parfaite, le protestant et le catholique n’out souvent qu'un même temple; leur indépendance est entière, leur sagesse peu bruyante, qu’avez-vous donc h rire des Suisses. Messeigneurs? Mais qu'importent vos fins sourires'' le Suisse daigne h peine les remarquer, ou , s’il les daigne remarquer, il me semble que je l’entends vous dire, comme Alceste :
Car la «nubien . Menteur* j <• nt* notai* |w* «'in 1 ii plaisani que je sut» 1
et, eu effet , le digue Suisse aurait raison.
Mais je reviens à cette course enchanteresse à travers les câlines chalets si doucement habités.
Je ne saurais vous dire tout ce qu’il y a de frais et d’enchanteur , de calme et d'animé dans ces petits \illages dont les prairies sont parsemées, (iliaque maison est chaudement abritée sous un vaste toit de chaume; la fenêtre est étroite, la porte est plus haute que large , on comprend que l’hiver venu , la maison deviendra tanière, et qu’il ne faudra guère laisser pé-
292 VOYAGE
nétrer en dedans le froid du dehors. Mais oomnie nous étions alors en bel été, comme l’oiseau chantait sur le chaume , comme tout fleurissait autour de la maison et même le chaume ; comme le lac était limpide et le ciel bleu ; comme les cloches tintaient au loin ; comme le soleil, rafraîchi par la neige des montagnes . pénétrait alors dans ces demeures ouvertes dont il visitait le moindre recoin ; h cet instant chaque maison prenait un air de fête ; le toit s’avançait beaucoup moins dans la rue , la porte était plus grande , la fe nètre moins étroite. Le balcon , orné de ses festons de bois, était plus habité que l’intérieur même de la maison , et sur ces balcons plus d'une jolie fille le souriait doucement de son naïf sourire, /«saluait de ses doigts effilés , se levait devant loi pour le mieux montrer la souplesse de sa taille, et la finesse de sa jambe , et ce petit pied arabe enfoncé dans ces petits sabots chargés de guirlandes amoureuses. Le balcon d’un chalet , c’est le refuge de la jeunesse , de la beauté, de l’éclat de rire, de la naïve chanson où il est parlé de cet abominable Gessler; mais tout au bas de la maison , et sous le balcon même, se tient, une
quenouille à la main , l'aïeule bonne et grondeuse, et alors s'établit entre cotte jeunesse qui chante et celte vieillesse qui gronde je ne sais quel harmonieux duo des deux passions extrêmes de la vie. — Rien n’est allemand et pittoresque comme cela.
Je vous ai dit que, chemin faisant , je ne demandais le nom d'aucun village ; mais je les admirais tous. Ici au pied de la colline , là-haut au sommet de la montagne , plus loin , au has du grand lac. ce miroir d’argent qui obéit à la moindre impulsion qu’on lui donne. Sijamais la vapeur a été faite pour pousser l'homme, certes elle a été faite pour pousser l'homme sur les lacs. Le lac est immobile , il n'a pas de volonté à lui, il obéit simplement à celle qu'on lui donne; allez; venez; vous le trouverez aussi docile. Si bien qu’à l'aide du plus petit bateau à vapeur se tiennent, presque aussi bien que par un pont, les deux rives du même lac. Ainsi ont été vivifiées ces admirables pièces d'eau qui avaient autrefois leurs dangers et leurs tempêtes tout comme des mers véritables. Ainsi fait de côté et d'autre, çà et là, le voyage est charmant. Rien ne vous échappe, ni le presbytère, ni le château,
VOYAGE
'«Ji
car il y a «les châteaux ! ni lu grille en fer; car il y a des grilles en fer ! ni la maison en pierre ; car il y a des maisons en pierre! Laissez faire votre esprit, si votre esprit est dans son jour de bonheur I et vous allez voir que pour l'admiration tout se remplace , même l'Italie I Vous admirez là-bas des tableaux du Titien et des bas-reliefs de Michel-Ange; ch bien ! metlez-y un peu de bonne volonté , et admirez les tabatières et les figurines des Titien et des Raphaël de l'Oberland. On ne peut trop louer, en effet, je ne dirai pas ces beaux-arts, mais ces arts si naïfs et si doux, qui nourrissent l'artiste, qui fout mieux que sa gloire, qui fout son bonheur : arts charmants qui n’avauceut ni ne reculent, qui s'apprennent tout seuls , qui ne font ni jaloux ni envieux, com bien vous êtes préférables à ces grands arlsqui tuent la vie ! Que de misères autour de ces marbres gigantesques, de ces toiles que surcharge l'histoire ! Au contraire, quelle douce joie innocente et pure, ce bois taillé avec un méchant outil par un pâtre qui garde ses brebis sur la montagne ! J'ai entendu rire du Ra nz des Vachet : c'est en effet un air très-simple , quelques notes d’un effet
l.N'ITfcUK.
Uv> irt.-Unn/!.i|n«>. «tWpr’ukm (ODlfÇuiMM «MH ‘li-Oc ijnit il) «il I »’ -iX* qU0li|iK^ Tiotr», <!»<> rrujK’lIrni np b cl s« viv«nef\t, t»
•«tvjsw* dç imnNttice ij je . ifr les rlu» Kati. airs «I - hrxi i a ou de Mt-veHu-i'i *
(•< , rlt.'ii" ' U. ;i . tHl IrtC • . jilgUi'J^Ui'IrM
1 “ UOQl âf ■ .'!■ ’i . (-.•:••!».• «1 r*t «in*.jni u'Oi'U)»' |> jll <U . h uni nmi *1 *
lrf.r<l ic-üiiirit ’ • ».* luilfràbl' ‘“leoru.- *<-• • qouvcau . fik.ïf île» .! ;•«*
p. y ..<» . d .’ftfvljs-'V? do 'leur» et. ispéltt?., Ville*
■<(s-i>p* -hftoe lJirji f j; r, j jMjiit -, J, >;,-m il «U
:»i fr— et <|ui ;> vcnUmii' • «ev otr.j»«i - u» le» in- •> «fuivo ftjï!l <wd-v- rfa.
wtu- . ( *i . mir {àreilkt >iM*' . ik. un >«i« mourir
1 ■ I Il ; l tK *11 f îo t i* fliiM. fl dr rTfire >|U<U}< JVU
i .. . jw ur-me 'tfllequi aekiesiK» .'ledv -oi.tiv
vof;.>iit.*nr .. ' ue* , jkma J e« baj*«r» •mpwride» *»•»••- U- .r-v-îr. ut .rpnK'pour i«uir jwur fiai i^Bns V>ln\. cl di. - i rwV .In ■! !.. i‘t>«r ifc R. mu • .■.•<
i uohait n t • |f». >'>».. i viiW iK’^ÿiiiStn.ii^ '