P R F. FACE
pairie, alla en Danemark, ensuite en Suède et gagna la Laponie. Le royaume de Suède était encore à cette époque dans tout son éclat. Les exploits du grand Gustave avaient attiré sur la péninsule Scandinave l'attention respectueuse de l'Europe, et un voyageur qui avait vu Stockholm était toujours certain d'intéresser ses lecteurs ou ses auditeurs en écrivant ou en racontant ses inipressions de voyage.
La Livonie, l'Ingrie, la Carélie, la Finlande, provinces sur la côte orientale de la Baltique, dépendaient de la Suède. Saint-Pétersbourg, que le génie de Pierre le Grand devait fonder à l'extrémité du golfe de Finlande, n'était point encore sortie de ses marais; la Ncira coulait large et tranquille à travers un pays infertile et presque désert. Au delà de ces provinces suédoises s'étendaient les Etats des tzars de Moscowie. La cour de ces princes ressemblait à celle des khans tartares de la haute Asie. Les étoffes d'or ornées de pierreries étincelaient sur les épaules des boyards; l'organisation militaire n'existait pas, et le peuple russe, si souvent conquis par les peuples de l'Asie, avait subi l'influence de ses conquérants dans son costume et dans ses mœurs.
On était loin de se douter des transformations que devait subir, plusieurs années après le voyage de Kegnard, les provinces de la Baltique : les Russes remplaçant les Suédois, le tzar abandonnant Moscou et venant s'établir sur la Neiva.
Kegnard monta vers le nord et arriva au fond du