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esli)ieD supérieur pour ie rendu, le fini du travail; tout ce que l'on peut admirer de finesse et de caractère particulier dans les silhouettes égyptiennes se retrouve avec une égale perfection sur les contoui*s des sculptures assyriennes; mais les contours de celles-ci sont rehaussés par des reliefs qu'embellissent une forme toujours pure et une entente surprenante de l'art plastique et de la myologie. On pourrait presque dire qu'il y a, de la sculpture égyptienne à celle de Ninive, la distance qu'il y a de l'intention à une exécution habile.
c A part la question d'art, c'est-à-dire faisant abstraction de la manière dont les idées sont exprimées par l'un et l'aulre de ces deux arts, on trouve certainement entre eux une grande affinité. Ainsi le principe religieux y jouC' le premier r6le; le caractère mystique s'y trouve empreint presque au même degré; il y a même des sujets à peu près identiques , tels que cette figure à bec d'aigle qui se reti'ouve sur les monuments de l'un et l'autre pays. La souveraineté royale, à Ninive comme à Thèbes, tout en paraissant subordonnée a la puissance religieuse, semble s'élever de beaucoup au-dessus du vulgaire, et accepter des hommages qui rappellent qu'alors la majesté royale était intimement liée au pouvoir du pontificat. — Les scènes de guerre ou celles de la vie privée occupent aussi une place importante; mais, en Assyrie ou en Egypte, elles semblent représentées pour la plus grande gloire du monarque..
c Dans ces temps reculés, les idées humaines étaient f>eu étendues; elles tournaient sans cesse dans un cercle restreint, dont la religion et le respect pour ie
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souverain » confondus en un seul et même sentiment , étaient le centre. Aussi est-ce toujours le roi ou les idoles : les dieux qui veillent et protègent, le roi qui commande. Dans les scènes de guerre, le roi est toujours vainqueur; du haut de son char, il attaque des forteresses. C'est le roi qui tue, le roi qui pardonne, le dieu des batailles qui assiste, et, comme alors, pas plus qu'aujourd'hui, la tolérance religieuse n'était dans les mœurs des Orientaux, les dieux étrangers sont foulés aux pieds, mutilés, anéantis.
« Après avoir mis l'art assyrien en regard de celui des Egyptiens, il ne sera point déplacé de le mettre en comparaison avec l'art des Étrusques ou des Grecs. En étudiant les détails , on leur trouvera en effet des {'apports frappants, des analogies tdles que l'on sera conduit à penser que, quels que soient leurs liens de parenté, ils ont une origine commune. — Et pourquoi non? — I^ Phénicie a prêté aux Étrusques; ceux-ci se confondent avec les Grecs dans leur civilisation. Maintenant, sont'Ce les Phéiiiciens qui ont formé les Assyriens, ou bien ïyr a-t-elle tout emprunté à Nînive? Ici se présente une question du plus haut intérêt, mais tellement difficile et délicate, que l'on doit s'abs^ tenir de la décider jusqu'à ce que la traduction des nombreuses inscriptions que l'on possède soit venue répandre la lumière sur l'obscurité des conjectures au milieu desquelles l'archéologue marche encore à tâtons.
« Quoi qu'il en soit, et tout en admettant l'opinion qui pourrait attribuer à la Phénicie la priorité de civilisation, il estx^ertain que le contact des deux peuples de Phénicie et d'Assyrie doit remonter trop haut dans
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les siècles passés pour que la ^civilisation de Tun n ail pas agi sur celle de l'autre bien avant de s'étendre jusqu'à des rivages éloignés de la Méditerranée. Donc l'art assyrien est certainement plus ancien que celui des Étrusques et des Grecs, et si l'on tient compte de ce que l'on a peu de notions exactes sur l'art primitif des Phéniciens, tandis que l'on en a acquis aujourd'hui un très-grand nombre sur celui des Assyriens, dont chaque jour voit surgir de nouveaux monuments, on sera conduit à penser que les Grecs et les Étrusques ont commencé par imiter, pour te perfectionner plus tard, l'art des Assyriens.
< En rentrant plus avant dans la question, el en sondant plus profondément lesrapports qui existent entre la sculpture première des Grecs et celle des Assyriens, on verrait qu'elles se touchent de fort près. Mais il est un art plastique qui se confond presque avec celui qui nous occupe, c'est l'art persan ancien, celui à qui Darius et Xerxès confièrent le soin d'embellir leur somptueux palais de Persépolis. Là, tous les bas*reliefs sont empreints du caractère de la sculpture assyrienne, et les nombreux points similaires sont si frappants, qu'il peut être considéré comme indubitable que les Persans se sont inspirés des monuments de Ninive restésdebout et à découvert encore au cinquième siècle avant Jésus-Christ^ au temps de la dynastie achéménide.
c Parmi les questions intéressantes qui ont surgi en même temps que les monuments découverts, il est assurément fort curieux d'y trouver celle qui concerne l'art pour lui-même; mais les plus importantes se rattachent à tous les détails des usages royaux, de la vie
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militaire el domestique, en un mot, des mœurs assyriennes.
c It'i, nous voyons le roi, en habits de gala, suivi de ses eunuques qui tiennent le chasse-mouches ou le parasol sur sa tète, qui portent ses armes; des guerriers lui font un cortège magniOque; et plus loin, on lui offre des présents, des meubles merveilleusement ouvragés, des chevaux, des peaux de bouc remplies d'or ou de vin, de petites images, des forteresses, emblèmes de celles qu'il a prises d'assaut : dans toutes les processions se déroule la pompe fastueuse d'une cour asiatique.
< Là , on voit encore le roi passer sur son char de bataille; des chevaux foulent aux pieds ses ennemis; sa flèche va les atteindre jusqu'au sommet de leurs tours; les béliers, les torches incendiaires, toutes les machines de guerre sont en œuvre pour abattre les murailles et ouvrir une brèche aux assiégeants. Aux scènes de carnage succède le triomphe avec ses fêtes, et ce ne sont pas les moins curieuses : sur des tables» ornées de têtes de taureaux, à griffes de lion, qui feraient honte à nos ébénistes, sont déposés des mets somptueux. Les invités au royal festin sont rangés autour, assis sur des sièges élégamment sculptés, et trinquent avec des verres d'un travail délicat, dont le pied figure une gueule de lion. Des eunuques, serviteurs intimes du palais, font le service derrière les convives, et s'empressent à remplir de vin les vases vides, tandis que d'autres, armés de chasse-mouches, éloignent les insectes ailés qui pourraient troubler les plaisirs du repas. Toutes ces scènes rappellent parfaitement ce que l'Écriture raconte du festin donné par Assué-
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rus aux grands de son royaume, el qui dura quarante Jours.
< Au milieu de ces tableaux de la vie intérieure du palais, se dressent imposants, sévères, et avec toute la gravité roide de la convention religieuse, les dieux, qui semblent, eux aussi, en être les hôtes familiers. Tantôt ils affectent la (bniie d'un gigantesque taureau ailé à tète humaine, ou celle d'une (igure d'homme ayant quatre ailes, et coiffé d'un bonnet sur lequel se dessinent plusieurs cornes; tantôt conservant la figure humaine, ils terrassent un lion, ou bien, avec un corps d'homme, une léte et des ailes d'aigle, ils ont pour attribut une pomme de pin et un panier, symbole de la fécondité à laquelle ils président. Ces divinités, invariablement placées en dehors ou à l'entrée des diverses salles, semblent garder les abords du palais el veiller sur le séjour du monarque. »
Depuis les découvertes de MM. Botta et Flandin, d'autres découvertes plus intéressantes encore et surtout plus nombreuses ont été faites dans la même région par un voyageur anglais, M. Layard, qui a publié en 1848, à Londres, la relation de son voyage, et les résultats de ses travaux dans un ouvrage intitulé Nïnïve et ses restes»
M. I^ayard arriva en octobre 1845 sur lès rives du Tigre. Avant de s'y rendre, il avait déjà pensé à entreprendre des recherches dans Un autre lieu que celui oit des Touilles venaient d'être faites par MM. Botta et Flandin, c'est-à-dire à Nimroud, à cinq heures de marche en suivant le contour du fleuve.
« En descendant le Tigre sur un radeau, je revis, dit-il , les ruines de Nimroud , et je me trouvais bien 2. 15
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placé pour les examiner. Le soir approchail lorsque nous arrivâmes; les pluies du printemps avaient revêtu les monticules de la plus riche verdure; les fertiles plaines qui s*élendent ù Tenlour étaient parsemées de fleurs de toutes couleurs. Cette végétation vigoureuse cachait en partie quelques fragments de briques, de poterie et d albâtre, sur lesquels on pouvait distinguer, des caractères cunéiformes. Si ces restes n'avaient pas indiqué clairement la nalure des ruines, on aurait pu les prendre pour des éminences naturelles :. la base en était marquée par une lign<^ étroite d'élévations conservant l'apparence de remparts et renfermant un vaste espace quadrangulairc. Le fleuve coulait à quelque dislance; ses eaux, gonflées par la fonte des neiges dans les montagnes d'Arménie, se brisaient en mille tourbillons écumeux contre une barrière artificielle qui traversait leur lit. La rapidité du courant avait emporté le sol de la rive orientale , mais ses ravages avaient été arrêtés par un solide massif de maçonnerie. L'Arabe qui dirigeait mon radeau invoqua pieusement Allah lorsque nous approchâmes de la cataracte, par-dessus laquelle nous fûmes emportés avec une certaine violence. Une fois hors de danger, mon compagnon me dit que ce trouble extraordinaire du cours du fleuve avait pour cause une digue construite par Nimrod, et que pendant l'automne, alors que les pluies d'hiver n avaient pas accru les eaux, on voyait souvent affleurer les grandes pieries carrées, unies par des crampons de fer, qui servaient à la former; c'était, en effet, un de ces monuments, ouvrage d'un grand peuple, que l'on trouve sur les fleuves de la Mésopotamie, et qui ont en pour
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bul d'entretenir conslamment pleins les nombreux canaux qui couvrent, comme d'un réseau, tout le pays environnant; — canaux qui, au temps d'Alexandre, passaient déjà pour l'œuvre d'une ancienne nation. — 11 ne faut donc pas s'étonner si les habitants actuels les attribuent à l'un des auteurs du genre humain; l'Arabe m'expliqua le rapport qui avait existé entre la digue et la ville bâtie par Athur, lieutenant de Nimrod, ville dont les ruines s'étendaient devant nous. C'était par cette chaussée que le puissant chasseur se rendait au palais de la rive opposée, dont l'emplacement est aujourd'hui signalé par le monticule d'Hammum-Ali. Les légendes des rois de la race primitive font encore l'entretien favori des habitants des plaines de Sbinar. »
Les fouilles heureuses exécutées plus tard par M. I^yard dans le monticule de Kouyunjik, à l'opposé de Mossoul, et celles de M* Botta à Khorsabad, semblent ne point laisser de doute que toutes ces localités, ainsi que d'autres, intermédiaires ou adjacentes, n'aient été occupées par Nineveh ' sous des dynasties successives. Il en a été ainsi , dans des périodes de temps incomparablement plus longues, de Babylone, de Séleucie, de Ctésiphon, de Bagdad, qui se sont remplacées dans des lieux assez peu distants pour que des descriptions un peu vagues aient pu n'en faire qu'une seule et même ville. Par un caprice que tous les souverains de l'Orient paraissent avoir partagé, chacun de ces monarques voulait être le fondateur de sa capitale : les temples ou palais qui ont évidemment
' Orthographe hébraïque de Ninive,