‹ Voyage en OrientChapitre 7 sur 17 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

T&ÉBIZOVDE ST TI7U8.

Ëd £urrivant à Gonstanlinople, j'étais bien décidé i y passer an mois tout entier, puis à prendre le bateau de Smyrne pour visiter une partie de l'Asie Mineure avant de me rendre en Palestine. Je n'ai exécuté que la première partie de mon programme. Après un' séjour de quatre semaines et demie dans la capitale de l'empire ottoman, dont je suis loin, je le reconi\ais, d'avoir exploré toutes les curiosités, mais où j'espère bien revenir un jour pour y terminer mes études, c'est le bateau de la mer Noire, et non celui de la Méditerranée, que j'ai pris. J'accompagne un jeune artiste anglais avec lequel j'ai contracté, à Péra, une assez grande intimité. Nous allons à Jérusalem par le Caucase et la Perse. Quelle route suivrons -nous? Nous l'ignorons nous-mêmes ; n)ais nous comptons visiter Trébizonde, Tiflis, Bakou, Téhéran, Ispahan, Bagdad et Ninive. Nous voici déjà à Trébizonde, où

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nous sommes arrivés ii y a huit jours, et <l*où nous partirons demain.

Trébizonde, ou Trapezount, est située en Asie Mineure, dans FAnatolie, et presque au fond de la mer Noire. Sa distance par mer» de Gonstantinople, peut être évaluée à 225 Heues. Autrefois, c'est^dire il y a quelques années, il faHaît souvent un mois, avec les navires à voiles, pour pareourir ce trajet. Aujourd'hui, grâce aux bateaux à vapeur, qui partent régulièrement des deux villes, soixante et dix heures suffisent; et, moyennant 600 piastres, environ 150 francs de noire monnaie, on peut se passer cette fantaisie.

Le bateau à vapeur sur lequel nous nous embarquâmes, i'Erigli (l'Aigle), était rempli de passagers, Turcs pour la plupart. Dans le principe, les Turcs ne se décidaient que difficilement à monter sur un bateau à vapeur. Autant ils les avaient en horreur, autant ils les ont pris en affection; leur passion devient de la manie, leur enthousiasme ne connaît plus de bornes. J'ai vu le bureau du paquebot, à Gonstantinople, littéralement assiégé par une foule d'amateurs qui voulaient absolument avoir des billets, et qui demandaient à s*embarquer uniquement pour faire une promenade en mer.

A peine sorti du Bosphore, oh s'aperçoit vile, au mouvement du navire, qu'on est sur cette terrible mer Noire, si digne de son nom. La nuit fut agitée, mais , au lever du soleil , le calme se fit , et nous entrâmes sans difficulté dans le port de Sinope, la patrie de Dtogène, ancienne et fameuse ville, dont la situation et la sûreté de son port avaient fait jadis un point

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important pour le transit commercial entre l'Europe et la Perse. Vue de la mer, Sinope offre un aspect charmant; des fortifications du moyen âge, des arbres et des montagnes , quelques maisons et cafés à balcon peints en rose vif et en vert, puis une mosquée d*un blanc éclatant se groupent sur le bord de l'eau et composent un tableau digne des pinceaux de Decamps.

Trois heures plus tard, nous jetions Tancre dans le port de Samsoun, petite ville d'Anatolie, fort ancienne, et, de même que Sinope, fortifiée et admirablement située. Notre bâtiment s'arrêtait à peine qile déjà il était entouré de barques remplies de Grecs, de Turcs, de bagages et df^; marchandises de toute espèce. £n quittant ce port^ mus suivîmes d'assez près les rives pour voir les caps et les anses couverts de forêts magnifiques où abondent les bécasses, les colombes et les faisans. C'est là le pays originaire de ce bel oiseau nommé par les anciens avis phasiana {oiseau du Phase). Mais, bien qu'elle nous parût trèsfertile et propre à toutes sortes de cultures , toute cette côte est presque inculte et inhabitée. On dirait que l'homme n'y a jamais pénétré, ou plutôt qu'elle vient d'être dépeuplée par quelque grande calamité. Les villages sont en ruine ou abandonnés, et les rares habi lants que nous aperçûmes nous semblèrent réduits à la plus profonde misère.

Enfin, le troisième jour, à huit heures du matin, nous aperçûmes à l'horizon la chaîne bleue du Taurus, au pied de laquelle est située Trébizonde. Vue de ce côté, Trébizonde se présente de la façon la plus pittoresque; c'est un assemblage magnifique de rem-

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paris crénelles» de rochers et de verdure» de maisons rouges, de chàleaux forts, de mosquées et de minarets, étages depuis ta mer jusqu'aux montagnes, et coupés de ravins profonds» annonçant d'avance à l'artiste qu'il n'a pas entrepris un voyage inutile.

Nous suivîmes un côté de la ville, puis nous tournâmes le cap, au sommet duquel s'élève le château de la quarantaine, pour entrer dans le port occidental, où nous priipeft terre, après- les formalités d'usage, au pied d'un môle construit par les Génois. Un sentier rapide, creusé dans le roc, nous conduisit sur une. des places principale&; tout près de là, un habitant d'origine génoise nous'reçut dans sa maison, humble cabane pittoresqueme^ copstruite au milieu d*un jardin. , ,

Trébizonde est i^ne ville fort ancienne, qui, suivant les historiens grecs, fiit fondée par une colonie de Sinope. Xénophon , dans son Histoire de la retraite des dix mille, parle de Trapezus, d'où vient Trébizonde, ainsi nommée pour sa forme, qui représente un trapèze. Conquise par les Romains sur }es rois de Pont, un siècle avant l'ère chélienne, elle fut élevée au rang de capitale de la pi*ovince appelée Ponius, Cappadocïus. Elle resta sous la domination des empereurs de Constantinople, qui, tous les ans, y envoyaient un gouverneur avec le titre de duc, jusqu'en 1303, époque à laquelle Byzance tomba au pouvoir des Français. Les deux fils du vertueux et malheureux prince Manuel Gomnène, Alexis et David, se retirèrent alors dans le Pont, et, appuyés par les partisans de leur famille, se constituèrent un État Jndépendaul.

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Alexis, surnoinmé le Grand, s'empara de toute la côte de la mer Noire, des bouches du Phase, aujourd'hui le Rion, à celles de VHdlys, qui se nomme maintenant Kizil^Ermark ; en un mot, depuis Sinope jusqu'à Trébizonde, dont il fit sa capitale. David, le plus jeune, se créa un domaine d'Héraclée en Bithynie et de la Paphlagonie; mais bientôt il mourut sans enfants, et son frère hérita de ses droits.

Telle fut l'origine de Tempire de Trébizonde; et lorsqu'on songe au retentissement de son nom, on est étonné de ne trouver dans l'histoire aucune cause sérieuse à tant de bruit.

c La sonorité du mot, sa position commerciale entre l'Europe et la Perse, lesrécits romanesques de la chevalerie et des marchands vénitiens et génois qui allaient y chercher les étoffes, les riches tapis, les armes et les pierreries de la Perse, pour les vendre ensuite sous le nom de produits de Trébizonde; sa richesse et son luxe sous les empereurs, continués longtemps -encore sous la domination turque, sont, dit H. Ad. de Beaumont, les seules causes du prestige merveilleux de ce nom, célèbre bien plutôt dans les contes d'Orient que dans les annales des peuples. Aussi n'avons-nous trouvé aucun ouvrage sur Trébizonde, mais seulement quelques phrases qui s'y rapportent dans l'Histoire du Bas-Empire. »

Les deux fondateurs de l'empire de Trébizonde se contentèrent du titre de duc. Jean Comnène , petitfils d'Alexis, fut le premier qui prit le nom d'empereur.

Ce petit pays, relégué à l'extrémité orientale de la mer Noire, se soutenait par son commerce actif.

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malgré les troubles qui agitaient Teinpire grec. Le liixe de Byzance y avait émigré, et là Cour des Gom* nène était c^èbre pour ses fêtes et ses plaisirs. Des palais magoifiques, élevés comme par enchantement dans les plus beaux sites du golfe, avaient fait de la ville une véritable capitale,* où arrivaient eïi foule tous les riches habitants de la Perse et de l'Asie. Deux ou trois .querelles que le hasard fit naître entre les empcr reurs et les négociants génois qui avaient obtenu d'eux l'autorisation de fonder un comptoir sur ce point de la côte troublèrent seules, pendant plus .de deux siècles, sa tranquille prospérité. Quatre princes Coffloène en avaient été empereurs, lorsqu'en 1461 Mahomet II vint l'assiéger^ L'empereur régnant, David, capitula au bout de trente jours. Malgré sa soumission, il futconduilcaptifàConstantinople et peqdu avec ses huit enfants.

c Depuis lors, ajoute l'écrivain ci-dessus cité, Trébizonde est toujours restée sons la domination turque* Après avpir étéJongtemps florissante, les guerres intestines des janissaires, et ensuite la domination barbare et concussionnaire des pachas, l'ont réduite à un état déplorable; En 1830, elle avait encore plus de 100,000 habitants; en 1830, elle n'en avait pas 15,000. Aujourd'hui que les rapports de l'Europe avec la Perse prennent un nouvel accroissement par -suite de rétablissement des lignes de bateaux à vapeur qui sillonnent la Méditerranée et se prolongent jusqu'à Trébizonde, sa population est de 35,000 à 40,000 âmes. Elle est devenue le principal entrepôt du commerce asiatique^ à la place de la ville de Tokat, située près du haut Ëuf^rate. Gonstantinople , au

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lieu d'y expédier des marchandises par caravanes, qui n'arrivaient que le vingt et unième jour, les dirige sur Trébizonde, au moyen de ses bateaux. Cette place et celle d'Erzeroum, capitale.de TArménie, sont maintenant les entrepôts d^ plus riches produits européens, -surtoujt: depuis que la Russie, redoutant rimportation étrangère, leur a fermé le port de JRedoute-Kalé; les négociaiits, au lieu de prendre la route de Tiflis et de la Géorgie pour entrer en Perse, ont dû nécessairement venir à Trébizonde, et de là gagner Tauris.

c La population de Trébizonde se compose de Turcs, Grecs, Juif^, Arméniens, Circa^siens, Persans et Italiens. Autrefois, les |)azars et les kans étaient remplis de tapis éclatants, de cachemires et de soieries précieuses fabriqués en Perse, à Venise et à Scio. Les armes dlspahan, si belles et si bonnes; les meu* blés el ustensiles en ivoire, écaille, nacre, argent et incrustation; les émaux et porcelaines, produits que les Persans exécutent avec un art adinirable ; puis les perles, les turquoises et For, se vendaient làabondamment poiir tous les marchés de TËurope. Mais, aujourd'hui, ce sont les produits d'Europe, provenant de Londres, de Paris et des foires de Hambourg et de Leipzig, qui s'y vendent pour les marchés d'Asie, et, sous cette concurrence redoutable, les diverses fabri* cations du pays tombent et disparaissent avec d'autant plus de rapidité, que chez nous les lois sévères de prohibition sur les produits étrangers ne nous permettent d'accepter que l'argent en échange de nos marchandises. Ce sont donc 35 à 40 millions, dont une faible partie en soie et le reste en ducats d'or,

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qui sortent chaqoe année de cette partie de TÀsie; de sorte que non-seulement nous tuons la noianuiacture, mais encore nous enlevons l'or de toutes ces cofitrées, ne laissant que les produits du sol. Et voilà la protection accordée à TOrient par les nations amies, qui veulent, assurent- elles, maintenir ce royaume comme une barrière à l'envahissement russe, et font tout ce qu*il faut pour l'affaiblir et le livrer.

« Malgré cette sorte de renaissance commerciale à Trébizonde, entièrement due aux bateaux à vapeur,, on ne saurait se faire une idée de la misère et des souffrances qui pèsent sur ces belles contrées. Les gouvernants sont ici des Oéaux, et, si nous jugions par comparaison, nous devrions, en Europe, nous croire en paradis. Il est vrai que ce beau climat d'Asie Mineure peut faire supporter bien des peines.

c Les pachas, gouverneurs de province, sont dans leur pacfaalikdes rois absolus. Veulent-ils de l'argent, ils lèvent des impôts à coups de bâton. Ce sont eux qui décrètent le prix de. vente des grains, après avoir calculé sur pied la quantité que doit en récolter le cultivateur. AIors, ils l'achètent à moitié de sa valeur, l'accaparetft, puis le revendent au double ou le font exporter ; de sorte que le malheureux qui a cultivé son champ est obligé, pour se nourrir, de racheter son pain deux fois plus cher qu'il ne Ta vendu. C'est encore là un exemple à citer à ceux qui.préconiseut le régime de la propriété par TÉtat, substitué à l'action individiielle, comme nouveau moyen d'encourager l'agriculture; aussi ces Contrées fertiles sont-elles en grande partie incultes, et les produits naturels, tels que les fruits, le beurre et enfia le mi-

nerai de cùivi^, sont aujourd'hui le meilleur revenu.

€ Deroièrement, le pacha d'une province voisine, à farce de orîmes et d'exactions, souleva contre lui la population, qui, dans son désespoir, prit le parti d'envoyer à Gonstantinopie une députation des principaux habitants, chargés déporter les chemises sanglantes de tous les malheureux égorgés par ses ordres. Le pacha fut aussitôt mandé par la Sublime Porte, pour donner l'explication de sa conduite. A peine arrivé, il s'empressa d'offrir de riches présents à ses juges, qui, bien loin de le punir, l'acquittèrent aussitôt, et il rentra dans son pachalik en tirant dés coups de canon pour annoncer son triomphe. Peu de temps après, les exactions recommencèrent, et les impôts furent triplés; ne fallait-il pas combler le vide créé dans sa caisse par le prix de son acquitte^ ment ? >

T«^bizonde est de forme oblongue; les côtés les plus longs courent dans une direction parallèle, du sud au nord. Elle occupe une pente douce, quicoittmence sur le rivage de la mer. A l'est et à l'ouest, elle a- pour défense deux ravins profonds, réunis l'un à l'autre par un fossé taillé dans le roc. Derrière le château, un ouvrage extérieur a été mené depuis Ta plaine des TcMiibeaux, ifafra/c-Jlf do^aw, jusqu'au rivage. Les anciens remparts, qui sont en pierre de taille et fort élevés, s'étendent sur les bords des deux ravins. Au nord, les vagues viennent les baigner; au sud, il^ tiennent à la citadelle. Six donbles portes bien fortifiées, appuyées sur le roc, et reliées entre elles par dès ponts qui traversent les ravins, arrêtent à chaque pas l'assaillant, et permettent de défendre pied à pied

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le terrain; elles 3e ferment chaque soir au coucher du soleil. La citadelle est en ruine; elle domine la ville, mais elle est dominée par les hauteurs voisines. Les maisons, construites en bois ou en petites pierres liées par du mortier, sont couvertes de tuiles, qui se parent en vieillissant de mousses orange et pourpre véritablement éclatants, La plupart n'ont qu'un étage et presque toutes ont un jardin ; aussi en aperçoitHMi un très-petit nombre de la mer. Lorsque les. arbres sont en feuilles, la ville offre Faspeel d'une forêt. Les mahométans seuls ont le droit de résider dans Tintée rieur des murailles, en dehors desquelles se trouvent relégués la population chrétienne, les baaars et les kans.

Trébizonde n'a pas de port proprement dit. L'été, les bâtiments qui y arrivent peuvent jeter l'ancre dans sa baie ouverte; mais l'hiver ils sont obligés d'aller se réfugier dans la rade de Platana, éloignée de sept milles à l'ouest et où ils n'ont à craindre que le vent du nord-est.

Il y avait autrefois de beaux édifices à Trébizonde; il n'en reste que des ruines. Des incendies les ont détruits. On y compte encore dix-huit mosquées, huit kans ou caravanserals, cinq bains, dix églises grecques et plusieurs fontaines élégantes. Parmi ces mosquées, plusieurs ont un caractère tout particulier, qui est un avant-goût de l'art persan; leurs minarets rayés de brun ou de noir, les grilles sculptées et peintes fort élégamment, les arbres, les fontaines et les tombeaux qui les environnent, produisent un effet charmant. Je citerai les mosquées à*Ortatssar^

à'Avia^Sophi, saint musulman très-révéré, et de /Vi-

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maret, ia plus importante et la plus pittoresque en même temps, puis le palais d'Ahmet-bey et quelques maisons de style persan d'un goût parfait. Leurs toits avancés, peints et découpés, lescolonnettes sculptées, les portes arabes du dessin le plus correct, la disposition élégante des escaliers et des galeries extérieures, prouvent combien, en Turquie, il y a un stècte environ, le goût était pur encore, et à quel point il est corrompu, perdu maintenant.

« Dans tes ravins, au pied et au sommet des châteaux fortifiés, on trouve, dit M. A. de Beaumont, une végétation splendide, de grands paysages à la manière du Poussin, et, pour les animer, de magnifiques costumes. Il y a, entre autres, les Lazes, population guerrière et turbulente de la province de Lazislan, qui tient la côte depuis Trébizonde jusqu'à une distance assez grande, dont le type et le costume sont énergiquement caractérisés. Un magnifique turbau roulé sans façon, une ceinture immense et débraillée, remplie d'armes de toute sorte, des guêtres de drap ou de cuir brodé d'or, comme en ont les Arabes, les distinguent des autres habitants de l'Asie Mineure. Les femmes ont aussi un costume tout différent de celui de Constantinople; elles s'enveloppent dans une pièce d'étoffe à carreaux gros bleu, et portent un manque de soie noire, qui cache entièrement leurs traits. Les Trébizontins sont de cette belle et forte race qu'on trouve dans presque toute l'Asie Mineure. Les enfants surtout sont admirables; mais ce qui me frappa le plus, ce fut de les voir tous avec les cheveux d'un roux éclatant. Je sus ensuite que Tusage en Perse, afin d'avoir la chevelure et la barbe

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plus noires, était d'y mettre d'abord âne teinture rouge.

c ËD sortant par la porte d*Avia-Sophi, à l'extréipité occidentale de la ville, on entre dans une vaste prairie bornée adroite par la mer, à gauche par les m^oi^tagnes. Quelques tombeaux musulmans et des bouquets d'arbres s'élèvent par places dans ce champ de repos. C'est la plaine de Kabak. Â son extrémité et sur une éniinence qui domine la mer, est construite une église, d'un caractère tout particulier. Les proportions, en sont petites; bâtie en pierres de taille, elle a, comme toutes les églises grecques, la forme d'une croix, et se divise. .en une nef avec deux ailes. La lumière lui vient par les fenêtres d'une coupole, supportée intérieurement par .quatre colonnes de marbre; coupole qui, à l'extérieur, a la forme d'aune tour octogonale recouverte d'un toit rond. La façade ou entrée principale, opposée à la mer et regardant le sud, est une espèce de portique surmonté d'un arc plein-cintre çn briqties> orné d^une belle corniche sculptée. Muré dans sa partie supérieure, on voit au milieu un marbre représentant, l'aigle romaine, puis des incrustations de marbres précieux , une rosace servant de fenêtre, une rangée de bas^reliefs- représentant dçs figures et des végétaux, ainsi que des inscriptions grecques à demi effacées, que j'ai essayé vainement de déchiffrer. Au-dessous trois arcs soutenus par deux colonnes minces et à larges chapiteaux, sont, ainsi que les ornements de chacun des côtés, entièrement de style arabe. Sur la face latérale de gauche, rornemenlation arabe l'emporte sur le style grec. Des croix en porphyre et en verre antique sont

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incrustées dans les murs, et des dessios en marbre rouge ornent le pourtour. Cette construction date probablement du temps des Ck>mnène» époque de décadence, où le byzantin perdait déjà son caractère gréco-romain pour se rattachera l'élégant style arabe. A rinlérieur, on ne trouve plus que des traces îliisibles de peinture murale.

c A côté de cette église abandonnée que les Turcs nomment eux-mêmes ilya-So/!a> Sainte-Sophie, s'élève une tour carrée, sorte de clocher sans caractère et sur lequel on voit aussi des restes de fresques. D'après la leUre d'Arrien à l'empereur Adrien, il est probable que l'église Sainte-Sophie était le temple de Mercure dont cet écrivain fait mention, comme élégamment et solidement construit, mais dans des proportions qui n'admettaient qu'une statue de cinq pieds. La position isolée et élevée du temple était bien celle en usage chez les Grecs et les Romains, et convenait à merveille aux commerçants navigateurs.

f Le sommet des hauteurs voisines est couronné dé ruines considérables, qui attestent la richesse passée de ce pays*. Couvents, forteresses et palais, s'étaient emparés de tous les beaux sites; et c'est surtout du haut du château, situé à l'extrémité méridionale de la ville, qu'il faut aller voir rensemble de cette contrée magniflque. 11 y a encore d'intéressantes excursions à faire aux environs de Trébizonde. Ici, c'est un monastère du temps des empereurs, où se voient des restes de peinture byzantine; plus bas, se trouve une tour ruinée qui se dresse à la cime d'un roc; elle est devenue célèbre par l'histoire moderne d'un jeune Turc, qui, désespéré de ne pouvoir donner à sa femme

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un bracelet qu'elle désirait, se précipita du sommet dans la mer. »

Les environs de Trébizonde sont d'une fertilité remarquable. La vigne, l'olivier, et presque tous les arbres à fruits qui croissent dans les climats les plus fertiles, y donnent une immense quantité de fruits, bien qu'ils soient en grande partie abandonnés à eux* mêmes. Le raisin y est excellent, mais le vin n'y a pas la qualité qu'il aurait si on savait le faire. J'en ai goûté cependant, cliez un marchand, que j'ai trouvé très-bon, et qui ressemblait beaucoup pour la qualité et la force aux vins rouges de la Toscane. Les noix, les chàtaigaes et les noisettes y sont tellement bonnes, qu'dies forment une branche de commerce fort importante. Il s'y récolte aussi beaucoup de lin et de chanvre. Si la terre était bien cultivée, elle donnerait des récoltes prodigieuses. Les forêts abondent en gibier de toute espèce; on y trouve surtout le sanglier, le lièvre, le faisan, ta perdrix, le coq de bruyère, la bécasse et le francolin. Hais il n'y a guère que les faucons qui y chassent. En automne, les cailles y passant en si grandes troupes, qu'on les prend souvent à la maifi.

Trébizonde est la limite extrême où s'arrête la civilisation européenne, représentée par les bateaux à vapeur. Quand on veut aller de Trébizonde à Redûute-Kalé> comme la roule de terre est impraticable, il faut se décider à s'embarquer sur un navire à voile. Heureusement, le vent nous favorisa, et nous ne mimes que 85 heures pour franchir la distance qui sépare ces deux ports de la mer Noire. Nous naviguâmes , grâce au beau temps , à une si grande dis-

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tance de la côte , que nous l^aperçùoies à peine à l'horizon ; mais je sais qu'elle est généralement montagneuse, boisée et pittoresque.

Débarquer à Redoute-Kalé, c'est débarquer, dit avec raison M. Dubois de Montpereux, à Damietleou dans les lagunes de Ravenne. Semblable au Delta du du Nil ou aux plaines de la Lombardie, la basse Hin< grélte et la basse Iméreth ne forment qu'une vaste plaine uniforme encaissée par la chaîne du Caucase au nord, et par les montagnes de l'Akhaltsikhé, l'une de ses ramifications, au sud. Cette plaine a cinquante lieues de longueur sur quatre, cinq et huit lieues de largeur; elle est d'une fertilité dont aucune descrip^ tion ne saurait donner une idée, mais d'une insalubrité telle qu'un Européen ne peut pas y séjourner sans danger. Elle doit, en effet, son origine et ses développements successifis aux atterrissements du Rion, de la Khopi et de quelques autres rivières moins considérables qui, descendues du Caucase, la traversent avant de se jeter dans la mer. — « La mer, dit M. Dubois de Montpereux , lutte sans cesse contre l'embouchure des rivières, et forme>en reculant petit a petit, de longues barres sèches qui laissent derrière elles des bas-fonds moitié mer, moitié marais, lesquels, pendant les chaleurs de l'été, s'échauffent et se corrompent à un point incroyable, et dont le vent de mer emporte les exhalaisons dans rinlérieur du pays... Pour résister à cette chaleur étouffante, à cette humidité empoisonnée, à ces rosées d'une extrême abondance, l'habitant de Redoute-Kalé n'a que de misérables baraques en bois; les logements sont en plain-pied sur trerre. On n'y est préservé de rien.

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Quoique foules les maisons soient construites en hôlre ou en chêne, aucune ne résiste au delà de quelques années; car rhumidité d*un côté, et des légions de vers ou de larves qui s'attaquent au bois de Taulre, les font bientôt tornber par pièces. L'on ne peut rien se figurer de plus étrange pour Toreille d'un nouveau débarqué peu habitué à un pareil bruit, que les chocs cent fois redoublés, semblables à de petits coups de marteau que frappent sans relâche, pendant le silence de la nuit, ces petits mineurs empressés. En fort peu de temps, la poutre la. plus saine n'est qu'une masse de poussière ; ils ne respectent que le châtaignier... »

U y a quelques années, Redoute-Kalé semblait, malgré son insalubi'ité, appelé à un brillant avenir commercial. Un ukase, endatedu 8 (20).oetobrei8Si, avait accordé aux provinces russes transcaucasiennes une franchise de commerce entière, moyennant on droit d'entrée de cinq pour cent sur toutes marchandises étrangères, ou concédé à tout sujet russe ou à tout étranger qui voudrait établir une maison de commerce dans ces provinces, les droits de négociant de première classe, sans exiger d'eux aucun impôt. Â dater de cette époque, Redoute-Kalé, qui servait déjà d'entrepôt aux Ëirines du gouvernement, et qu'on avait muni d'une redoute, acquit tout à coup une immense importance. Toutes les marchandises qui passaient d'Ëui'ope en Perse par la voie de la Géorgie, c'est-à-dire par la voie la plus commode ^t la moins coûteuse, y débarquèrent. Comme la Turquie gardait encore Anapa et Poli en vertu du traité de 1-812, c'était en eflfet le seul port que la Russie possédât

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dans riméretfa et la Miogrélie, et bien que ce ne fût paSy à proprement parler, un port, bien que les gros b&tîments, ne pouvant pas franchir la barre sablonneuse de la Khopi, fussent obligés de jeter l'ancre à une demi-verste du rivage dans la rade la plus ouverte qu*on puisse imaginer, à défaut d'autre, il fallut bien s'en servir et s'en contenter. Il devint un emporium comme Dioscourias du temps des Grecs. On vit à la fois pour un million de marchandises dans ses magasins. Au commerce d'importation succéda bientôt un commerce d'exportation. Enfin, quelques établissements industriels commençaient . à se former. Cette prospérité dura peu. Au bout de dix ans, le gouvernement russe retira la franchise qu'il avait accordée à la Géorgie, et la remplaça par le système prohibitif le plus sévère. Il espérait forcer ainsi la Perse, en lui coupant toutes communications avec les marchés de l'occident de l'Europe par Redoute-Kalé et Tiflis , à s'approvisionner de marchandises russes. Ces espéi*ances ne se réalisèrent pas. Le commerce prit une autre route. Les marchandises d'Europe, débarquées à Smyrne ou à Trébizonde , furent acheminées par Erzeroum sur Tauris, et, depuis lors, Redoute-Kalé est retombé dans son ancienne nullité.

La Rhopi, à l'embouche de laquelle se trouve situé Redoute-Kalé, forme, avant de se jeter dans la mer Noire , un canal d'une lieue environ de longueur et d'une profondeur qui atteint en certains endroits dix-huit pieds. Malheureusement, ce canal, oii pourraient naviguer d'assez grands vaisseaux, est fermé par une barre sablonneuse qui ne laisse qu'un petit chenal de deux pieds et demi à trois pieds de profon-

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deur, doQt reoiplacetneot varie (|uelquefaiâ du matin au soir suivant la direction du vent. Il n'y entre actuellement que d$s chaloupes et des petits vaisseaux turcs. En y entrant, on a à droite la redoute ou le fort; a gauche» vis-à-vis de la forteresse, sont les bâtiments de la quarantaine, misérables huttes qu'en* toure une haie morte trouée de toutes parts. Quant au bazar, il est à deux verstes de la redoute et de la quarantaine, en remontant la Kbopi sur la rive gauche.

t On a établi le cimetière, dit M. Dubois de Montpereux, dans un bois qui borde la mer du côté de Poti, éloigné de douze verstes de Redoute-Kalé. Le chemin serpente d'abord à travers les tombes , dont on est efiErayé de voir lenombre relativement à la population du fort et de la quarantaine. Cependant, rien n'est plus joli que ce chemin. Déjà Strabon était enthousiasmé de la magnificence de l'embouchure des fleuves de la Golchide et de ses rivages, ok croissent tant et de si beaux fruits pélermêie avec les plus magnifiques bois de construction. La forêt n'est qu'un mélange touffu de néfliers à gros fruits^ de pruniers de plusieurs espèces, dont les prunes rouges et jaunes jonchaient le ch^aiin, de poiriers, de hêtres, d'érables champéti*es , d'ormes ; la clématite , la vigne , le lierre , la ronce grimpent partout; le troëne, le houx-frelon, le houx ordinaire tapissent le sol ; des buissons d'au-» bépine chargés de grappes de fruits se mêlent aux pommiers; la viorne porte ses belles ombelles de grains noirs. Ça et là des charmes aux belles grappes vertes pendantes, des épines-vinettes, des rosiers élevés, des fougères à hauteur d'homme ^ des lonicères

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et des chênes dont j'ai peine à reconnaître la feuille. Au milieu des mimoses, le pancratium illyricum se plaît dans les sables exposés au soleil et parfume Tair. N'y aurait-ii pas de quoi faire uu paradis, si à peu de distance derrière ne commençaient ces affreux marais ? »

A peine eùmes-nous obtenu la permission de sortir du lazaret, — et quel lazaret! — que nous nous hâtâmes de faire nos préparatifs de départ. On n'habite Redoute-Kalé que lorsqu'on ne peut pas faire autrement, et les étrangers qui y débarquent ou qui viennent s'y embarquer y séjournent le moins longtemps possible. Nos préparatifs achevés, nous nous mimes en route pour Tiflis avec deux muletiers qui nous avaient loué des chevaux de selle et de transport. Chaque cheval nous coûtait dix-neuf roubles d'argent.

Ce n'est pas chose commode de voyager dans ce pays. Les routes y sont si mauvaises que, dès qu'il pleut , elles deviennent impraticables pour les voitures. Il n'y a pas de ponts sur la plupart des rivières qui se jettent à la droite du Rion, et il faut par conséquent les traverser à gué; mais à la suite d'un orage, — et les orages sont fréquents dans les montagnes, — ces rivières grossissent tellement qu'on s'exposerait à une mort presque certaine si on tentait de passer sur le bord opposé à celui où on se voit souvent obligé d'attendre plusieurs jours de suite que les eaux se soient écoulées. Enfin on ne trouve abso*> lument rien dans les stations de poste, pas même une planche pour se coucher. Si on vent y manger et y dormir, on ne doit pas oublier d'y apporter des provisions et un lit.

Quatre jours nous suffirent pour gagner Roulais, la cat)îtale de rimérelh. J'étais pressé d*y arriver. Ce titre de capitale avait Fait naître en moi des espérances incroyables. Tout le long du chemin je m'étais nourri des -plus fabuleuses illusions. Je me voyais, à mon ar* rivée à Koutaïs, installé dans une petite chambre bien propre , bien meublée, servi par des hôtes empresses, nourri à une bonne table. Que dirais-je encore ? Mon guide ne m'àvatt-il pas parlé. d'aune excellente auberge tenue par un Russe? Nous y courûmes. Mais que la réalité devait peu répondre à mes rêves ! Cette auberge, où je m'étais j)romîs tant de Jouissances, se composait dune chambre qui était louée. A mon grand désespoir, nous nous rabattîmes sur une cantine du bazar, le seul établissement de la ville qui pût rivaliser avec Tauberge russe. Elle était fermée pour cause du départ du propriétaire, qui faisait en ce moment un voyage d'affaire ou d'agrément. Force nous fut de regagner la station de poste, de nous réfugier bien vite — car la pluie commençait à tomber avec violence — dans cet abominable bouge, et de nous coucher sur un sale grabat recouvert d'un vieux feutre, au-dessous d'une fenêtre dont les carreaux de papier, plus qu'à moitié déchirés, laissaient passer le vent et la pluie, et an-dessus de cinq ou six Cosaques, presque tous ivres, qui, entassés l'un contre l'autre , ronflaient si fort que les murs en étaient ébranlés.

De Redoute-Kalé à Koutaïs, le pays varie souvent d'aspect; tantôt il est boisé et cultivé, tantôt aride et désert; le plus souvent on traverse de magnifiques forêts, où les châtaigniers se mêlent aux chênes, aux

plaqueminîers, aux lauriers et à cent antres arbustes, et des champs de mais de dix à douze pieds de hauteur, où, quoique monté sur de grands chevaux , le voyageur est caché comme dans un bois. Les maisons des villages sont disséminées sur une vaste étendue. Construites en bois , elles s'élèvent au milieu d'un enclos qu'entourent des palissades hautes et fortes, destinées à servir de retranchements en cas d'une attaque imprévue. Autour des enclos se dressent des ceps de vigne lancés sur des aunes noirs, dont l'effet est très-pittoresque; ce sont les vignobles du pays, qui ne demandent aucune culture. Le bétail paît le vert gazon qui s'étend sous ces voûtes de verdure. Plusieurs fois nous entr&mes dans ces maisons isolées pour demander un peu d'eau , et nous ne vîmes pas les femmes ni même les jeunes filles s'enfuir épouvantées à notre approche, comme on* nous l'avait dit. Plus d'une fois aussi nous eûmes occasion de constater par nos propres yeux que leur réputation de beauté n'est pas usurpée.

Un soir, assaillis tout à coup par un violent orage, nous dûmes nous réfugier dans la maison la plus voisine ; elle appartenait à une famille de paysans aisés qui s'empressèrent de nous accorder l'hospitalité. Elle était basse , étroite et sombre ; pour l'éclairer, ses habitants^ qui ignoraient l'art de brûler l'huile ou le suif, se contentaient de jeter de temps à autre sur le feu des morceaux de bois sec. Le foyer en occupait le centre, et la fumée n'avait d'autre issue qu'une ouverture irrégulière pratiquée dans le toit. Tout autour de cette cheminée primitive étaient disposés de petits bancs, sur lequels on nous pria de nous as-

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seoir; les hommes se rangèrent à c6té de nous et les femmes vis-à-vis. Elles étaient toutes sans voile, et presque toutes d'une beauté remarquable. Sur mon invitation, elles chantèrent en dansant avecle s jeunes gens une ronde nationale à deux parties, dont M.Dubois de Montpereux a publié l'imitation suivante dans son Voyage autour du Caucase :

Refrain Chant. qui aooompagne le ohanti

Femme jolie. Fort bien.

Avec brillants yeux. Fort bien.

Regards amoureux. Fort bien.

TaiUe accomplie, Fort bien.

Nez de hou ri. Fort bien.

Beau front de reine, Fort bien.

Sourcils d^ébène. Fort bien.

Menton de lis, Fort bien.

Lèvres mi-closes, Fort bien.

Où sur deux rangs Fort bien .

LU voire des dents • Fort bien.

Perce les roses ; Fort bien.

Bras potelé. Fort bien.

Doigts de henné , Fort bien.

Voile de neige , Fort bien.

Gentil manège. Fort bien.

Air élégant. Fort bien.

Marche moelleuse , Fort bien.

Rire charmant. Fort bien.

Voix gracieuse ; Fort bien.

La voulez-vous ? Fort bien.

Il est si doux Fort bien.

IVen être époux. Fort bien.

Mais femme jolie Ah i oui.

Veut |)eaux rubans , Ah ! oui.

Gros diamants , Ah! oui.

Riche soierie , Ah! oui.

TREBIZONBE ET TIFLIS.

Nouveaux habits , Châle de Tiflis; Femme jolie , Par bouderie.

Donne des soucis A des amis.

Des artifices Et des caprices.

La voulez-vous?

Il est si doux D*en être époux.

Mais il en est Chez qui tout plait.

Que Ton adore Pour leur bon cœur; De bonne humeur.

Avec Taurore, Bonnes sans fard.

Douces sans art, Toujours aimantes.

Toujours charmantes^ Malgré les ans.

Vives, enjouées, Comme à seize ans ; Toujours aimées.

Ah Ah Ah Ah Ah Ah Ah Ah!

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