ACRE
heure nous entrâmes dans le port d'Acre. Un môle en ruine, à l'extrémité duquel est une (our isolée et un phare, eo indique l'entrée. Il nous fallut attendre quelque temps avant d'obtenir la permission de débarquer. Le pacha s'occupait alors des préparatifs dune vigoureuse défense; mais quel était l'ennemi dont il s'apprêtait à repousser les attaques, c'est ce que nous ne pûmes savoir. On dit que son influence chaque jour croissante dans ce pays est une source de vives inquiétudes pour le Sultan, qui n'ose cependant rien entreprendre pour la détruire , dans la crainte d'augmenter la puissance de son plus heureux rival Méhémel- Ali , pacha d'Egypte, qui convoite, comme on sait, la Syrie. Aussi, les Européens venant du nord ou du midi sont-ils accueillis ici avec défiance, jusqu'à ce qu'il se soit assuré de leur véritable caractère. L'interposition de nos consuls respectifs suffit pour écarter toute espèce de soupçon à notre égard. Après avoir fait débarquer nos bagages, nous entrâmes dans la ville par une porte basse et étroite qui ouvre sur le port, et nous nous rendîmes au couvent Latin qui est une succursale de celui de la Terre-Sainte. 11 occupe une partie d'un vaste okalla ou kan. semblable à ceuv d'Alexandrie.
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Les autres parties du bâtiment sont habitées par des marchands européens.
Acre, 2 septembre. — De la terrasse au-dessus du couvent, la ville, la baie et les environs s'offrent comme un magnifique panorama. Du côté de terre, au nord et à l'est, la vue s'étend sur une immense et fertile plaine; à l'ouest, les murs sont baignés par la Méditerranée, et au midi par une magnifique baie de trois lieues de largeur sur deux de longueur, qui s'étend de la ville jusqu'au mont Carmel. Le port, à cause de son peu de profondeur, ne peut admettre que des bâtimens d'un faible tonnage; mais le côlé opposé de la baie offre, comme je l'ai déjà dit *, un excellent mouillage. Avec de tels avantages, il n'est donc pas étonnant qu'on ait en tout temps attaché une si grande importance à la possession d'Acre, et que cette ville soit devenue le théâtre de contestations nombreuses entre les chrétiens et les infidèles. On l'appela d'abord Accho ; mais ayant dans la suite été embellie et agrandie par Ptolémée Ier, on la nomma Ptolémaïs. Plus tard, elle tomba au pouvoir des Sarrasins, et prit un nom quelque peu semblable
* Voyez page 215.