‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 124 sur 144 · PLAINE DE ZABULON · texte numérisé non relu

PLAINE DE ZABULON

bâtie sur le lieu où l'on suppose qu'était la maison qu ils habitaient. Même dans l'état de délabrement où elle se trouve, elle offre encore quelques traces d'une grande magnificence, les matériaux employés dans la construction ayant dû coûter des sommes énormes. La ville, qui aujourd'hui n'est plus qu'un monceau de ruines, fut saccagée par les Romains dans le quatrième siècle; et il parait que l'église elle-même n'échappa pas à la destruction générale. Rien n'indique qu'elle se soit jamais relevée de ses ruines. Sa proximité de Nazareth explique naturellement pourquoi elle est restée si long-temps dans cet état d'oubli et d'abandon. Un château rond, qui était probablement l'Acropolis de l'ancienne ville, occupe le sommet de la colline où s'élève le village; il présente un aspect imposant; vu à cette heure, et par un brillant clair de lune , c'est une ruine fort pittoresque. Ici commence la plaine de Zabulon que nous avions traversée dans une autre direction en allant à Nazareth. Nous admirâmes encore cette fois l'étonnante fertilité du sol, et les belles collines boisées qui la bornent dans le lointain. Elle a de trois à quatre milles de longueur sur un de large. Dans la liste des villages situés dans les environs, nous ne trouvâmes

REJOUISSANCES A ACRE. '17 o

aucun nom qui parût correspondre à celui de l'ancienne Zabulon, ville forte et d'une beauté admirable, qui. d'après Josèphe, séparait la province de Ptolémaïs de la Judée.

La vallée d'Abiléne est la première qu'on rencontre en quittant celle de Zabulon, lorsqu'on se rend vers la côte. Elle est plus étroite et moins profonde que cette dernière; les côtes sont bordées de petites collines en grande partie couvertes de chênes. Ayant trouvé un endroit retiré, nous étendîmes nos tapis a terre et nous prîmes quelque repos.

12 septembre. — Au point du jour, nous remontâmes à cheval, et descendîmes dans la plaine. d'Acre.

Comme nous approchions de la ville, le bruit de

plusieurs coups de canon vint toul-à-coup frapper

nos oreilles. Le feu se soutint pendant quelque temps,

avec beaucoup de vivacité, quoique d'une manière

fort irrégulière, tellement qu'à voir les nuages de

fumée qui s'élevaient, on aurait pu croire que c'était

une ville qui repoussait un assaut. Je n'étais pas sans

éprouver quelque inquiétude: car je craignais que.

par suite de l'incurie naturelle aux soldats turcs, or.

n'eût laissé ou même mis des boulets dans les pièces

de canon afin d'en augmenter le bruit. Ce fut seulec. 18

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