COUVENT LATIN
ment en arrivant aux portes que nous apprîmes la cause de tout ce vacarme. On nous dit que le pacha venait de recevoir un firman de la Porte qui le mettait en possession de Jérusalem, et d'une vaste étendue de pays située à l'ouest du Jourdain, qui jusqu'alors avait fait partie du pachalic de Damas.
Acre, 14 septembre. — H y a rarement plus de trois ou quatre moines * en même temps dans ce couvent. Ce nombre est regardé comme tout -à- fait suffisant pour les besoins de l'endroit. Les voyageurs sont donc toujours sûrs d'y trouver un logis commode. Les étrangers qui y descendent ne sont pas servis dans leurs appartemens. Ils prennent leurs repas dans le réfectoire aux mêmes heures que les moines, sur des tables longues et étroites placées autour de la salle, ayant, comme les religieux, le dos tourné à la muraille. On les sert sur des plats
* Peu de lemps après mon départ d'Acre, le supérieur, deux moines et un frère lai que j'avais connus y moururent de la peste, sans qu'aucun autre cas se déclarât dans la ville. II paraît qu'environ un an auparavant un étranger, qui était mort de celte maladie dans le couvent, avait laissé quelques malles dans l'appartement qu'il occupait. Le frère lai voulant s'assurer de ce qu'elles contenaient , eut l'imprudence de les ouvrir. Il fut atteint de la peste et la communiqua aux autres.