‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 127 sur 144 · G ROUTE DE TYR · texte numérisé non relu

G ROUTE DE TYR

propriétaire pour les étrangers, aversion qui provient sans doute d'un sentiment de méfiance. Cet endroit s'appelle Aboualy, du nom d'un scheik qui y est enterré. Au bout dune beure, nous atteignîmes une fontaine d'eau excellente, appelée Semars d'après la Sainte Vierge. Tout à côté, sont les ruines d'un couvent situé sur une colline peu élevée, près de laquelle s'élève un petit village. A deux beures de là, nous passâmes Zib, bourgade bâtie sur une éminence au bord de la mer. C'est vraisemblablement l'ancienne Aezibah (source d'eau cbaude), qui était située dans la tribu d'Asher. A partir d'ici, la plaine offre un aspect désolé. Faute de culture, elle ne produit plus que des herbes parasites; cependant, traversée comme elle l'est, à des dislances peu considérables, par de bons courans d'eau, elle serait susceptible de la plus graude fécondité. Mais le despotisme turc fait que les provinces les plus fertiles delà Syrie sont aujourd'hui abandonnées par les habilans, principalement par les chrétiens qui se sont retirés dans les montagnes pour leur sûreté: triste et mélancolique preuve que, sous un mauvais gouvernement, les faveurs mêmes du ciel cessent d'être un bienfait!

Une heure de plus nous conduisit aux pieds d'une

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montagne abrupte, que l'on suppose être le premier échelon de l'Anti-Liban , et « l'échelle de Tyrus. » La nuit nous surprit en cet endroit; mais nous n'en continuâmes pas moins devancer par une route excessivement pierreuse, jusqu'à ce que nous fûmes arrivés à Bourge-Nakkora, ainsi nommé à cause d'une tour carrée où l'on a établi un caphar pour la protection des voyageurs. On rencontre fréquemment, le long de cette côte des tours semblables, que l'on croit avoir été bâties pour repousser les pirates. Les soldats qui y étaient de garde nous permirent de faire cuire notre souper sur leur feu; en retour, nous les invitâmes à prendre leur part d'un plat de pilau. Ils en mangèrent plus que copieusement, et puisèrent dans mon sac à tabac de manière à me faire craindre d'en avoir fort peu pour le reste de la route. Cet article est plus qu'une superfluité pour le voyageur en Orient; c'est un objet de nécessité absolue; et bien qu'on puisse s'en procurer tout le long de la route, il n'y a néanmoins que dans les grandes villes où il soit possible d'en trouver de première qualité, comme l'était celui que j'avais apporté avec moi.

17 septembre. — Je n'avais nul désir de rester parmi ces hommessales elgvossiersau-delà du temps

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nécessaire pour me reposer. Nous remontâmes donc à cheval dès la pointe du jour, et descendant le côté nord delà montagne, nous atteignîmes en une heure Scanderon, chai eau en ruines, situé vers la mer, et qui tire son nom d'Alexandre-le-Grand, son fondateur présumé. Tout à côté, est une belle source d'eau.

Environ une demi-heure plus loin, nous commençâmes à gravir le promontoire connu sous le nom de Ras-el-Abiad, ou cap Blanc, ainsi nommé à cause de son aspect du côté de la mer. La route qui le traverse parait èlre celle que l'on a suivie de tout temps, car elle est considérablement défoncée; et, bien qu'aujourd'hui on ne fasse plus usage de voitures, on y remarque encore des traces de roue. Elle longe les bords mêmes de la montagne, et est taillée dans le roc calcaire dont le promontoire est formé. De temps à autre, d'énormes blocs se sont détachés du côté de la mer, de sorte que la roule est très-étroite en ceitains endroits. Un petit parapet en pierres sèches est alors tout ce qui sépare le voyageur d'un précipice de plusieurs centaines de pieds de profondeur, au bas duquel est une mer sans fond. Je descendis de cheval à Tune de ces passes, el je me hasardai à regarder

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