EN MER
au milieu de son équipage lurc. Nous avions suffisamment voyagé dans ces contrées pour savoir qu'en notre qualité d'Européens, il nous faudrait pourvoir, quoique n'y étant pas obligés, non-seulement à notre propre nourriture, mais encore à celle de nos compagnons de voyage. En conséquence, à l'heure du dîner, nous fîmes augmenter la quantité de pilau qu'on sert ordinairement en ces occasions. Le reiss et le Turc dont j'ai parlé prirent place à côté de nous; lorsque nous eûmes fini, le bol fut passé à l'équipage et ensuite aux esclaves. Le vent se soutint assez bien durant le jour , et nous fîmes un chemin considérable ; mais il faiblit à mesure que le soleil baissa à l'horizon, et un calme plat s'ensuivit. — Nous passâmes la nuit, les uns à causer, les autres à chanter ou à contempler la voûte étoilée.
10 août. — Nous éprouvâmes en cette occasion, mais d'une manière bien plus désagréable encore , l'ennui inséparable de tout voyage sur mer. Notre bâtiment n'avait pas de pont, de sorte qu'il nous était impossible de bouger de la place que nous avions prise d'abord, place que le grand nombre de passagers rendait nécessairement très-étroite et trèsresserrée. Pendant que nous restâmes ainsi immo-