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et a été fondé dans le but d'offrir un asile momentané aux pèlerins qui se rendent dans la Cité Sainte ou qui en reviennent. 11 est situé aux abords de la ville : de hautes murailles l'entourent de toutes parts, et n'en permettent l'entrée que par une porte basse et étroite, afin d'empêcher les Arabes d'y entrer à volonté sans descendre de cheval. Nous demandâmes à être introduits; mais il nous fallut attendre quelque temps avant de recevoiruneréponse.Les religieux du couvent, qui se composaient, comme nous le sûmes après, d'un supérieur, de deux moines et d'un frère lai, étaient ou couchés ou faisaient semblant de ne pas nous entendre. Enfin, comme nous nous disposions à passer la nuit par terre, le Père gardien se montra tout-à-coup derrière le parapet de la terrasse, évidemment très-contrarié de notre visite à une heure si indue. Après beaucoup d'instances de notre part, les portes s'ouvrirent devant nous, et l'on nous conduisit au réfectoire, où l'on nous servit une légère collation. Pendant le repas, le supérieur, jugeant à notre extérieur et à nos manières que nous étions gens à reconnaître libéralement l'hospitalité qu'il nous accordait, se relâcha un peu de sa froideur , et bientôt la conversation prit une tour-
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nure animée. Comme j'avais récemment parcouru toute l'Espagne , je pus lui donner des nouvelles toutes fraîches de son pays natal. En retour, le bon vieillard m'entretint des choses que j'allais voir dans sa patrie adoplive. Le repas achevé, chacun de nous fut conduit à la cellule qui lui était destinée. Quoique accablé de fatigue, je ne pus fermer l'œil. Il faisait une chaleur étouffante, et j'étais en outre tourmenté par une nuée de moustiques; je passai donc à me promener le peu d'heures de la nuit qui restaient à s'écouler, allant et venant dans les cloîtres du couvent. Ces cloîtres donnent sur un jardin, dont la culture, autant du moins qu'en peut juger un étranger, est la seule distraction mondaine de ces pieux cénobites. Les murs blancs des cellules et des cloîtres sont couverts de noms et de sentences tracés par les pèlerins qui nous avaient précédés dans ces lieux. Quelques unes de ces sentences, écrites dans le bon esprit des premiers siècles, ont, par cela même, quelque chose de touchant qui ajoute un charme nouveau à un voyage qui offre déjà par lui même un si puissant intérêt. — Demain, nous aurons atteint le grand objet de nos désirs. 13 août. — Rama ou Ramla, comme l'appellent
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les indigènes, esl située dans une plaine fertile qui appartenait autrefois à la tribu d'Ephraïm. On suppose que c'est l'ancienne Arimathie où demeurait ce Joseph qui, ayant obtenu de Pilate le corps de Notre Seigneur Jésus, le détacha de la croix, l'enveloppa d'un linceul*, et le mit dans le <r sépulcre neuf » qu'il s'était fait construire. Selon une tradition conservée chez les moines de l'endroit , la chapelle de leur couvent occupe le site même de la maison où demeurait cet homme pieux. Rama ne renferme aucune antiquité importante; mais à une petite distance de la ville, au nord-est, on voit une haute tourou minaret, appelée laTour des Quarante Martyrs, parce qu'elle faisait jadis partie d'une église dédiée aux quarante justes qui, inébranlables dans leur foi, furent mis à mort «à Sébasle, en Arménie. On y monte par un escalier en pierre de cent vingtcinq marches. De son sommet on jouit d'une vue magnifique qui s'étend sur la plaine de Sharon, bornée à l'est par les montagnes « situées autour de Jérusalem ; » à l'ouest , par la Méditerranée ou or Grande Mer ; » et qui , au nord et au midi , est ou-
* C'est ce linceul que les évangélistes ont appelé Sindon el qui esl connu sous le nom de Saint-Suaire.