‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 79 sur 144 · RAMLA · texte numérisé non relu

RAMLA

quatre pilastres qui supportent un dôme peint en blanc, au-dessous duquel s'élève un catafalque en maçonnerie grossière : le tout est entouré d'un mur peu élevé. A deux milles environ de ce tombeau, à l'ouest, est le village de Ramla, où, comme l'avait dit le prophète Jérémie, on entendit « un grand bruit, des plaintes et des cris lamentables, Racbel pleurant ses enfans, et ne voulant point recevoir de consolation parce qu'ils ne sont plus. » (Saint Math. i, 18.) Dans toutes les villes et dans tous les villages de ce pays, ainsi que le long de ces « côtes, » les mères ont pleuré leurs enfans assassinés, refusant toute consolation, « alors que l'épée d'Hérode était rougie de sang, et que toute tache provenait du sang d'une victime innocente. » À mesure qu'on approche de Belhléhem, surnommée Ephrata ou la Fertile, les oliviers et les figuiers deviennent plusabondans; les versans de la montagne sur laquelle le village esl bâti sont cultivés en terrasses. Le couvent latin, situé sur une éminence à l'extrémité orientale de cette montagne, s'aperçoit d'ici d'une manière trèsavantageuse et a une apparence tout-à-fait impoante ; mais ses murs massifs, flanqués de tours crénelées, lui donnent plutôt l'air dune forteresse que d'une

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paisible demeure de moines. Ce fut à peine si celte illusion se dissipa lorsque nous le vîmes de plus près. Une partie du porlail qui servait originairement d'entrée a été murée : la seule porte qui existe aujourd'hui est basse et étroite , de sorte qu'il faut se courber pour entrer. Nous frappâmes à grands coups et demandâmes à être introduits. Un frère parut aussitôt à une lucarne au-dessus, et après s'être assuré qu'il n'avait rien à craindre, il descendit et ôta la barre qui fermait la porte en dedans. Cette porte ouvre à l'intérieur sur une cour voûtée qui sert comme de vestibule à l'église du couvent. Nous attendîmes là qu'un des frères eût porté au père gardien la lettre de recommandation que nous avions pour lui. Au bout de quelques minutes, le messager revint et nous conduisit par un passage tournant sur la terrasse du couvent. Nous y trouvâmes toute la communauté réunie et respirant la brise du soir; car la chaleur avait été excessive une partie de la journée. Le soleil commençait à baisser à l'horizon, mais le jour était encore assez élevé pour nous permettre de voir les ditîérens endroits intéressans du voisinage, à mesure que les religieux nous les indiquèrent.

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