‹ Voyage en Palestine et en Syrie (volume 2)Chapitre 88 sur 144 · NOUS RISTOURNONS A LA COTE. 19Ï · texte numérisé non relu

NOUS RISTOURNONS A LA COTE. 19Ï

Jézabel fut précipitée d'une croisée. On y voit plusieurs ruines, mais aucune n'est d'une date trèsancienne. Djenin est située à l'entrée de la vaste plaine d'Esdraélon. C'était autrefois la ville frontière de la Samarie; elle séparait celte province de la Galilée. Arrivé à cet endroit, le voyageur a traversé le territoire qui appartenait à la demi-tribu de Manassé et qui s'étendait à l'ouest jusqu'à la mer, et il est entré sur celui d'Issachar. De Djenin à Nazareth il y a encore une journée.

Nous ne suivîmes pas celte roule. On nous dit qu'elle était peu sûre, parce que les habilans de Nablous , race turbulente et tracassière, avaient encouru le déplaisir d'Abdallah, pacha d'Acre. En pareil cas les tiers sont souvent victimes; en outre, les Nablousiens , presque tous Turcs ou juifs, se font remarquer par leur haine contre les chrétiens *

* « La différence de traitement qu'un chrétien éprouve de la part des Turcs dans quelques parties de la Syrie est trèsremarquable. Dans certains endroits on le dépouillerait de son dernier sou, peut-être même lui ôterait-on la vie, s'il lui arrivait de blasphémer contre la religion de Mahomet en se querellant avec un Turc; tandis que dans d'autres endroits éloignés seulement de quelques heures de là, il peut impunément répondre au mahomélan autant d'invectives que celui-

lî>2 SAINT- JEAN DANS LE DÉSERT.

qui sont étrangers à la ville; et cependant iNablous était anciennement une des « villes de refuge ! » Nous fûmes donc obligés de retourner à la côte en reprenant le même chemin par lequel nous étions venus.

Quelques personnes de la caravane prirent la roule de Saint-Jean dans le désert. Ce village, qui se trouve au nord de Jérusalem, dont il n'est éloigné que d'environ une heure de marche, est situé dans une contrée qui, bien qu'appelée « désert, » offre néanmoins un aspect fort romantique, et qui est couverte de vignes et d'oliviers. On dit que le couvent est un bâtiment massif, qui se trouve dans un parfait élal de conservation, ayant été entièrement reconstruit à grands frais, il y a environ un siècle. On admire particulièrement l'église qui est bien proportionnée ; elle est ornée de belles colonnes qui la partagent en ailes et qui supportent une coupole, lu

ci peut en dire contre la religion chrétienne. A Szaffaad, où se trouve une petite communauté de chrétien*, les Turcs sont très-intolérans. A Tibérias, au contraire, j'ai vu des chrétien» battre des Turcs dans les bazars publics, dette différence paraît provenir uniquement de la nature du gouvernement local. » (Bnrcbardl, 3-22. )

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