‹ Voyage en Palestine et en SyrieChapitre 14 sur 68 · COUVENT DE MAR-HANNAU · texte numérisé non relu

COUVENT DE MAR-HANNAU

domesliqiie qui nous accompagnait. Ce giride sortait du service d'un Anglais qui avait habité long-lemps cette contrée.

Le second village où nous arrivâmes , eu coDtinuanl notre route dans la même direction, fut Mar-Elias (Saint-Elie), ainsi appelé à cause de deux couYent contigos l'un à l'autre» et placés tous deux sousl'inTocûtioD du saint de ce nom; l'un est maronite et l'autre ajppartient aux catholiques grecs. La situa» tion de ces couvens est délicieuse. A l'extrémité d'un long corridor, qui se trouve dans célui des Maronites, est une croisée d'où Ton découvre la Méditerranée, et où Ton a élevéiine plate*fomie garnie de nattes et de coussins. C'est le rendez-yous favori des moines pendant leurs heures de récréation, ils venaient de dîner et prenaient le café. Parmi eux, était un religieux qui, ayant demeuré quelques années à Rome, parlait fort bien l'italien; aussi la conversation futelle plus agréable pour nous que si elle avait eu lieu par IHntermédiidre d*un interprète.

De là, nous descendîmes dans une vallée profonde et rocailleuse, sur la pente occidentale de laquelle, presque dans le fond, est situé le célèbre couvent de Mar-Haonah-Shouslfr. Nous y arrivâmes

GOUVBRT BB IIAR*HAMllAa. 17

dans kl momenl mène où les noioes ao nombre

de quarante à cinquanle, allaient souper; le couvert était dressé dans no cayeaa bas et bnadde» servant de réfectoire^ où sur des (ables longues et étroites» on avait placé des rations de poisson salé, d*olives sèches et de mauvais fromage. Quelque grand que Ifiit le désappointement pour nos esto-* macs affamés, nous fîmes cependant bonne con* tenance» n'ayant nul désir de ûiire meilleure cbére que nos hôtes* C'est le principal établissement que les catholiques grecs 'possèdent en Syrie *, Leur patriarche réside au monastère de Mar Mikajl (Saint- Michel), auprès d'Antounu Leur costume, leur pbj<* sionomie et leur manière de vivre, me rappelèront fortement les caloyers de la Grèce. Leur habillement se compose d'une chemise bleu foncé» d'un caleçon et d'un gilet, que recouvre une robe de drap brun et grossier, semblable à celle des autres religieux ; mais, au lieu de capuchon» ils portent sur la tète un grand bonnet de feutre cylindrique, derrière lequel ib laissent flotter leurs cheveux en longues boucles jus-

* On trouve uoe relation complète et déUUiée des mission» en Syrie dans les IMiru idifian»» «T cmlmua, 1. 1, p. 140,

COUVSNT DB MAIt-HANNAH.

que sur leurs épaules. La règle de l'ordre est celle de

Sainl-Bazile, qui, comme on le sait, est très-sévère, lorsqu'on en observe rigoureusement la discipline et les ordonoances. Les moines se lèvent à cinq heures et se couchent à neuf. De même que dans toute maison religieuse, ils passent la plus grande partie de la journée en prières ; mais» dans les intervalles que leur laissent les exercices de pièt^, tous, à l'exception du supérieur, de l'économe et du vicaire, s'occupent, d'une manière ou de l'autre, au profit de . rélablissement. Ainsi» l'un fait ou raccommode les habits de la communauté ; un second, les souliers ; celui-ci est boulanger; celui-lÀ, cOisinier; un autre, pressnreur. Il n'est pas jusqu'aux réparations de l'édifice qui ne soient faites par l'un des membres de la congrégation. Chacun lave son propre linge. A cet effet, oti a construit dans la cour une rangée de lavoirs en pierre, sur un petit parapet. Malgré cette activité constante, la nourriture est maigre toute Tannée; il «e leur est permis de manger de la viande qu'eti cas de maladie. De môme que les Grecs schismatiques, ils ont un grand nombre de jeûnes, qu'ils observent aussi avec une grande rigueur. MAE-HAifiiAH, 1*' oet€bre^ — Nous avons visité ce

Page 1