SGÂKE AV£C LE MULETIER
un pislolel de sa ceiolure et, me l'appuyaol sur la poitrine* me menaça de le décharger si je persistais, en ajoutant, pour m'inlimider, qu'il avait déjà (né neuf hommes dans sa yie, et que, si je Pofiensais, je ferais le dixième. J'avais aussi des pistolets dans mes fontes I mais comme il avait Tavance sur mol, je ne pouvais m'en servir; je lus donc obligé de céder à sa menace et d'écouler avec patience le discours violent qui suivit. D'abord j-«us de la peine à me rendre compte du motif qui avait pu le déterminer à tenir une conduite aussi outrageante, mais il devint bientôt évident qu'il cédait à un ressentiment long-temps comprimé. Je songeai que quelques paroles de mécontentement qui pouvaient m'élre échappées pendant que nous étions dans les montagnes^ et auxquelles je n'avais pas attaché beaucoup d'impor^ tance, avaient sans doute froissé son amour propre de musulman. Comme mes serviteurs chrétiens, c'est-à-dire mon drogman et mon domestique, étaient trop effrayés pour que je pusse espérer du secours, je pensai qu'il était prudent d'abandonner le sujet de la querelle et de continuer directement ma route vers Baaibec. A Ainette, commence un pays plus uni mats encore légèrement ondulé et séparant le Haut
DBIB BL-ASWiAB.
du Bas-Lilten. 11 esl couvert d'uoe forél de chênes de peiite laille. Là, je me livrai à une suite de pénibles réflexions que ni le lieu, ni Theure, car la nuit approchait, n*étaient ûiits pour dissiper. Je ne me trouvais plus dans les domaines de l*émir Beshir, ou de quelque autre gouverneur disposé à redresser une insulte ou une injustice qui pouvait m'élre faite; j'étais complètemenl au pouvoir de mes guides.
Au bout de trois heures d'une marche solitaire, et deux heures après le coucher du soleil, j'arrivai au village de Deir^el* Akhmar ; mais, au lieu d'un logement conforlable que je trouvais partout où j'arrivais dans les districts chrétiens, je vis un lieu presque abandonné. Quelques bergers avaient amené leurs troupeaux parmi les ruines pour y passer la nuit, et un peu de lait fut tout ce que je pus obtenir pour mon souper; pour lit, j'eus une botte de paille.
2l6 octobre, — Deir-ei-Akbmar esl situé au pied do la chaîne du Bas-Liban. J'en pariis quelques instans
avant le point du jour, et, traversant la plaine dans la direction du nord-est, j'arrivai en trois heures à Baalbec % l'ancienne Uéliopolis ou « cité du Soleil,»
* Yojes Appendice, n» 14.
ABRIVéB A BAÂLBBC.
égalemenl silué sur le c6lé opposé de la yallée. ta
plaiue qui y conduit est ou ne saurait plus fertile, mais elle est inculte et dépouillée d'arbres* Pe la roule, on n'aperçoit aucun village, et le seul objet qui frappe l'œil pendant cette longue course est la colonne isolée décrite par Pococke et autres, et que les naturels appellent Uamoudiade. Pe ce cùAé , la ville est en partie cachée par une plantation de noyers et d'autres arbres, et l'on ne peut entrevoir que le grand temple à traters ce rideau de feuillagCt
Âu moment de notre arrivéef les vestes peu nomr
breux, mais magnifiques, de cet édifice, brillamment éclairés par les rayons du soleil qui cominençait à paraître au-dessus des montagnes de l'Anti-Liban, nous mirent à même de jvger do spectacle admirable qne devait offrir l'aspect de cette ville quand ses sompr tueox monumens, si variés et si nombreux, étaient encore intacts. En entrant par la porte de l*ouest, j'eus, de tous côtés, sous les yeux une triste scène de ruine et de désolation. Dans chaque rue, on ne voyait qu'une ou deux maisons debout, et encore étaientelles abandonnées ou seulement occupées pour le moment par des bergers arabes cl leurs troupeaux.
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Après avoir cherehé pendant quelque temps le quartier qui était jadis celui des chrétiens, je descendis à la fin cbêi un évéqoe arménien catholique. Malgré sa haute dignilé ecclésiastique, ce prélat n'a qu'un trèa-mince revenu, qu'il tire presqn'en entier dei offrandes de son petit troupeau plus pauvre encore que lui. Il était misérablement logé et misérablement fétu. Je donnai ordre en conséquence à mon ami le maronite d'éviter de lui occasioner aucune dépense pour mon compte, sans que je parusse eepeodaol refuser Thospitalité qu'il m'avait offerte.
Je me hfttal d*expédier un frugal repas, et accompagné d'un garçon arabe qui me servait de guide, je me dirigeai avec empressement vers le grand temple et les bâtiniens voisins. Ils sont situés à Textrémité occidentale de la ville et tout prés des nouveanx mnrs. En dehors de Tancien péribole, il y avait autrefois un fossé de défense, d'où Ton peut conclure qu'il j eut un temps où il faisait partie des fortifications , ou , pour mieux dire , tenait lieu de citadelle *. Un mur de médiocre hauteur,
* Cet mines remarquables, dont on iroavera, à la fin de ce TOlame, une esquisse prise à le hate et qoi déleroiiiie leor posilioD relative» sont eoooro coonnei aoi nalarels sons le nom de El Kalaat, ou «r le ebftieea. »
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fltoqué par inlervalles de tours carrées» entoure
la partie restante de la ville. L'espace intérieur, et particulièrement celui du temple, est couvert de ruines de bâtimens publics et particuliers.
La principale entrée du grand temple» telle qu'elle était autrefois, consistait en une grande colonnade d'ordre corinthien et un bel escalier de pierre. £Ue est aujourd'hui coupée par un mur et flanquée aux extrémités par deux tours carrées et crénelées» qui sont évidemment Tourrage de ceux qui ont converti tout l'édifice en forteresse, car elles sont construites en partie de fragmens de bâtimens plus anciens, tels que les colonnes, corniches, piliers et autres. ' mines arehiteciurales* Une brèche faite dans ce mur est à présent la seule voie par laquelle on j pénètre. Elle s'ouvre sur une cour hexagonale ou octogone qui se trouve aujourd'hui dans un tel état de dégradation, qu'il est impossible de découvrir la nature des bàlimens qui l'entouraient. Elle a cent quarante*quatre pieds en tous sens. De là, nous montâmes dans une seconde cour de forme quadrangulaire et dont les dimensions sont considérables. Tout autour de cette grande cour, qui a trois cent quarante-sept pieds de long sur trois cent dix-
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sept de large » régnaient avtl^fois des arcades» dont
quelques-unes, qui étaient carrées , avaient quarante-trois pieds d'ouverture» et les autres» semicirculaires » trente pieds de diamètre. Les toits de ces arcades, qni étaient ooTcrtes par^eyant et soutenues par des colonnes , se sont écroulés ; mais les mufs extérieurs dVnk les colonnes partaient» siibsislent encore et sont assez bien conservés pour donner an voyagenr une idée des immenses traTaox qui avaient été consacrés à leur embellissement. Un rang de fausses croisées ou niches pour les statues» règne dans toute la longueur de ces murs, qui sont ornés de riches moulures et séparés par des pilastres. Il y a de pareilles niches dans les arcs4ioutans qui sont entre ces pilastres. Sur le sommet de ces murs et au milieu des interstices qui le composent » a poussé une profusion de plantes sauvages qui répandent sur l'ensemble un effet pittoresque. Je n'ai pu connaître quelle était la destination primitive de ces arcades; mab» si j'osais hasarder une opinion» je dirais qu'elles étaient probablement destinées à des académies et aux logemens des prêtres. Le sol au centre de la cour » est un peu plus élevé que le reste » et on y yoît encore un mur de fondation qui
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forme firèfqve un carré et qui suit une llgiïe parallèle au mur exlérieur; ii\ais je ne pus m'assurer si cp»lqiie temple occupait autrefois cette place»
ou si c'est simplemeot une aggloméralion de décombres.
Au-dessous du qnadraugle et à peu près au tiers de la largeur» à partir du mur du nord, il existe un passage voûlé de dix-sept pieds de large , qui par* tage la cour en deux parties inégales et se dirige Ters le sud, presque jusqu'au centre. Il y en a un autre plus petit» qui est aussi en ruines. L'entrée de ces passages se trouve dans la cour hexagone déjà décrite.
G>ntinuant à nous avancer vers l'ouest , nous arrivAmes à une esplanade qui forme un parallélogramme de deux cent trente pieds sur cent dixhuit. Cette cour était ornée comme l'autre, d'arcades sur les c6té8 ouest et nord. Le côté sud avait an rang de magnifiques colonnes corynthiennes, surmontées par'un bel architraye s^levant en tout à soixante ou soixante-dix pieds au-dessus de Tépistyle sur laquelle elles reposent. De toutes ces colonnes , six seulement sont debout ; le reste gtt renversé autour des autres sur le sol. Toute cette cour» qui
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est élevée par la main de l'homme au-dessvs da pays environnant j forme un point vraiment re* marcfiiable parmi léf mines , surtout quand on s'en approche du côté de l'ouest. Un mur de quinze pieds d'élévation , qui suit une ligne parallèle à la colonnade vers le sud , forme Tatlérissement de cette terrasse artificielle , de ce côté , et ta sépare d'une autre cour plus basse , dans laquelle est un sanc* tunre auquel la ville doit en grande partie sa célé* bxité.
Gé temple, quoique, suivant toute apparence, le plus ancien de tous ces édifices , est le mieux conservé ; il est d'ordre coryntbien , bien qu'il ne soil pas de la plus pure époque de l'art chez les Grecs. Quand il était intact, on y arrivait à travers un portique, formé par un double rang de colonnes, aucune desquelles n'est debout aujourd'hui. Les pierres qui les composaient forment un amas confus devant l'entrée , au travers de laquelle on a bâti une muraille moderne, formant, à ce qu'il parait, une partie de la ligne de défense dont nous avons parlé plus haut. La porte qui conduit à l'iolérieur du temple , a vingt-cinq pieds de haut sur vingt de large. Les moulures et les ornemens qui décorent les murs
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de ce vestibule y sont d'un travail singulièrement beau. Le linteau m eomposait de trois pierres; mais celle ducentre» formaDt la clé^ s'est affaissée de trois ou quatre pieds au-dessous des autres , peut-être par suite d'un tremblement de terre. On y avait représenté* en bas-relief, un aigle aux ailes éployéès, tenant un caducée dans ses serres, et» dans son bec, les bouts réunis de deux festons, dont les autres bouts étaient tenus par deux figures , représentant ebaeune un jeune homme avec des ailes. De chaque c6té*de l'entrée, est un escalier carré, conduisant sur la partie extérieure du faite du temple , dont tout le toit cependant s'est écroulé. La partie intérieure de ce temple a cent dix-huit pieds de long, sur soixante-cinq de large. A l'extrémité occidentale et à vingi-cinq pieds de distance du mur, il parait avoir existé une voûte ou dais, soutenu par deux belles colonnes coryntbiennes, atec de doublescolonnes corinthiennes carrées aux deux coins, et des colonnes plates aux bouts et sur les côtés, formant une sorte de séparation entre la nef et l'autel. Ce qui reste des deux côtés a de doubles co* lonnes coryntbiennes trois quarts, superposées l'une à l'autre 9 avec d'autres semblables colonnes trois
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quarU dans les coio^. Les colounes «ont à pieds de disUnee les unes des autres, avec uoe niche circulaire au faile^ et ajant eu liaut et eu bas de Tentrecolonnement iiii ornement lemblable à un fronton. Tout le toit est tombé. Le temple a été construit avec une espèce de pierre calcaire primitiTO compacte » qui ressemble au marbre i dansTiatérieur, elle s'est colorée. Les pierres sont grandes et si bien ajustées que» si l'on a employé le ciment» il est impos* sible de s'en apercevoir. Autour du temple, à Peactérieur, il y avait un rang de belles colonnes Gorin> tbiennes de qnannte-dnq pieds de haut» dix-neuf de circonférence , huit ou neuf d'entre-colonnement et à une égale distance du mur» le tout surmonté d'une belle corniche de sept pieds d'élévation ; Tespacc jusqu'au mur était eouTort d'un phifond sculpté, de pierres rapporlées et travaillées avec infiniment d*art. Ces colonnes étaient originairement placées de la manière suivante : quatorze de chaque côté , teize devant le péristyle et huit sur le derriéro» on comptant celles des coins des deux côtés. 11 en reste neuf do cùté du nord avec le phifond, quatre au sud et six à l'ouest. Quelques unes eut glissé de dessus leurs piédestaux et sont appuyées entières sur les
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murs du temple ; les autres se sont écroulées dans respace qui se trouye aa^dessous. Elles se eomposaient de trois pièces , jointes les uoes* aux autres par uoe barre de fer carrée , ajustée dans des trous '
pratiqués au centre.
k peu de distaooe de l'angle du sud-est est un
bÀliment, carré à l'extérieur, dont les murs sont dîme épaisseur prodigieuse » et dans lequel on entre par une belle niche d'arcbîtecture sarrazine, avec un escalier d'un côté conduisant au faite. On a cou» struit quatre petites chambres dans les angles de ce bâtiment 9 de manière à donner au reste la forme d'tane . croix grecque. Le tout est éclairé en partie par une ouverture circulaire pratiquée dans le faite, et par de petites croisées sur les côtés. Le toit est voûté dans tous les sens de manière à supporter des pierres très-lourdes, ruines de quelque bâtiment qui se trouvait autrefois au-dessus, et de la forme duquel on ne reconnaît aujourd'hui aucune trace.
Le muczzio^ monté au haut d'un minaret isolé qu'on a laissé debout dans les environs, et d'où il appelait les musulmans à la prière de midi, me fit apercevoir de la longueur du temps que j'avais passé au milieu de ces intéressantes ruines. En
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retournaol à mon logement» où l'on m'attendait» on
me conduisit à Un beau pelil temple détaché de forme aemi-eirculaire » «itué à environ ioizante-<ioinxe toises an sud-est de l'angle du grand bâtiment que je Tiens de décrire. On y arrivail autrefois par des degrés^ mais le terrain s'est éleré tout autour jusqu'à la hauteur de la corniche du soubassement. Sa porte , supérieurement sculptée, fait foee au grand temple et a une colonne corinthienne de chaque côté. Dans le principe, il y avait six autres colonnes à l'extérieur» et parallèles au bâtiment» avec une courbe rentrante comme pour former une espèce de corridor. Ce temple parait avoir été couronné d'une coupole» et avoir eu vingt-trois pieds d^élévation du sol. A rextérieur»sont des niches cintrées entre les colonnes» pour recevoir des statues» et à l'intérieur le même ornement se répète tout autour» mais ici il représente plutôt des croisées. Les piliers qui supportaient le iî'onton, sons le pied de la coupole» ont été enlevés. A tout prendre» c'est un ehef-d'mnvre de l'art. Il parait avoir été violemment ébranlé par un tremblement de terre et en avoir éprouvé de graves dommages» mais qni ne sont pourtant pas irréparables. Il exige cependant de
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promptes téparatbns; car, dans l*éial de délabremenl
où il se trouye, le moindre souffle d*air parait suffîsant pour l'anéantir » et pourtant on n'a pris encore ancnne mesure ponr prévenir cette calamité. Les trembiemens de terre sont assez fréquens dans cette ▼allée> et peut«étre qne dlei à quelques années cet admirable monument ne sera plus cité qoé comme ayant existé jadis. Quelques peintures de l'intérieur donneraient k penser qu'à une époque quelconque il a été consacré au culte des chrétiens.
Dans l'après-midi, après avoir pris quelques légers rafratcbissemens chez le prêtre, et couché sur mon journal les observations qu'on yieot de lire, je revins aux miaes avec un plaisir plus vif ; car, dans cet intervalle, je m'élab fait une idée plus nette de la majesté de l'ensemble* et j'avais plus de temps devant moi pour examiner en détail tous les objets qui fixeraient mon attention. C'est seulement quand on se trouve dans. l'intérieur du grand temple, mesurant et contemplant les divers travaux , que l'on est en état de sentir et d'apprécier la grandeur, l'étendue et la perfection de ce monument ; on n'est pas moins frappé de la beauté de ^exécution, que surpris de voir que l'homme ail pu élever de si grandes masses
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de pierre à une hauteur ausn prodigieuse que le £aUe de ce monument ; on admire surtout les architraTOS des colonnes détachées et le magnifique plafond sculpté du péristyle.
Le sentiment de surprise et d'étonnement qui avait rempli mon Âme pendant tout ce jour fui en«core porté plus loin , quand on me mena en dehors de Teuceinlc où sont les principales ruines , pour voir trois énormes blocs de pierre qui font partie du mur ou péribole , à Touest vers la plaine. Us sont couchés à la suite Ton de l'autre , sur la même ligne et à peu près à vingt-cinq pieds au-dessus du sol qui est un fossé profond. Us étaient par conséquent à une trop grande élévation pour que je pusse les mesurer; mais, en ajrant recours âmes notes^ je trouve que MaundreU, qui a été plus heureux que moi, s'est assuré « qu'ils ont ensemble soixante- un yards de long *9 savoir : Pun vingt-un et les iienz autres chacun vingt yards; leur profondeur est de quatre yards chacun sur la même largeur. » Cet auteur soigneux et véridiquc, qui écrivaii dans un siècle où ces ruines étaient peu connues, en 1697» se montre presque effrayé d'émellre une asserlLon
* Le « yard » est tic trois pieds togttift»
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qui flemblaii devoir ébranler la foi de ses lecteurs ; il fait, en conséquence, précéder des réflexions sui- Tàntea sa description de ces étonnans monoHthea, les plus grands peut-être qui furent jamais travaillés par la main des hommes. « U existe ici une autre curiosité; mais^ avant de se hasarder à en parler^ il faut être bien assuré du crédit qu'on mérite» de peur d'être accusé de pousser trop loin le privilège du voyageur, etc.» C'eû^ été aussi ce que j'aurais éprouvé, si l'exactitude de l'évaluation ei-dessus» confirmée par différens voyageurs, n'eût rendu mon témoignage touHi>fiiit superflu. Tout ce mur qui supporte une terrasse est composé de blocs d'une très-grande dimension ; mais, à c6té de ces trois pierres mons* trueuses, on ne fait aucune atleolion à leur gran*. deiir.
Les heures coulaient comme des minutes ; — déjà le soleil allait disparaître derrière le Liban, et les ombres de la montagne envahissaient graduellement la plaine silencieuse et déserte, quand un sentiment involontaire de danger me suggéra le choix de deux idées : l'une de revenir dans l'enceinte qui est rare* ment visitée par les naturels, même dans le jour, l'autre de me retirer à mon logement dans la partie
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habilée de la ville. Je m'arrêtai à la première , et d'aulaot plus voioQliers qu'en ce moment même une kine magnifique, si fa?orable à la contemplation des ceuyres de lfart> se montrait au-dessus des montagnes à Vesi, et promettait de seconder mon projet. Je ne fus point trompé.
En entrant dans la grande cour où sont les principales ruines, le silence régnait dans toutes ses parties. Le chalumeau même du berger » qui, quelques instans auparavant , avait frappé mon oreille dans la plaine ï cessait de se faire entendre. Mais c'était le silence de la mort et de la grandeur déchue; caricirhomme a demeuré; ici, l'espace, la matière, les arts, tout dut concourir à ses projets de grandeur et de magnificence. Je dirigeai ensuite mes pas Ters le grand temple, mieux coBsenré,qui se trouve dans la cour au-dessous; mais les amas de colonnes et de chapitaux renversés qui en obstruaient l'entrée paraissaient vouloir m'en interdire l'approche^ Enfin , après maints faux pas et maintes chutes, je pénétrai dans l'intérieur. Mon arrivée oc* casiona une panique parmi une foule d'oiseaux» probablement des pigeons sauvages , qui avaient établi leur résidence dans le temple, et moi-même,
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je ne fus pas médiocrement effrayé du tumulle el du désordre que fit Battre mon entrée en ee lien» La moitié de Pédifice, qui est sans toit, était ensevelie dans l'ombre la plus épaisse > tandis que la lune reposait eomplalsamnent snr la partie élevée des ruines» el embellissait fantastiquement les riches scniptures dont elle est ornée. Vaes au joi|r » ces belles constructions 9 quoique pleines d'intérêt et de charme , occasionent vn sentiment tMé d'humiliation et de regret : d'humiliation, quand on songe à la fragilité de toutes les conceptions de l'homme, et de regret, de ce que tant de beaux restes de son génie soient au pouvoir d'un peuple incapable d'apprécier leur mérite, et qui, par conséquent, ne prend aucun soin d'empêcher que leur destruction ne s'accomplisse. Mais, à la clarté dontense qui règne pendant la nuit , rimaginatioi^ reconstruit une grande partie de ce qui manque, el Tesprit est Irrésistiblement entraîné vers l'époque de la gloire de cet édifice» alors que l'encens brélai^ sur ses autels, et que ses murs retentissaient du chant d'un peuple sacrifiant an grand astre qui éclaire le monde el vene sur notre terre les trésors ^e sa l^ienfaisante influence.
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En sortant des sombres retraites du sanctuaire»
mou alleDliou se porla soudaia sur les six belles co lonnes détachées qui se trouvent sur la plate-forme supérieure, et qui élèvent leur téle majestueuse à une grande hauteur dans les airs; l'effet qu'elles faisaient était, 'en ce inomeut , rendu sublime par les rayons de la lune qui les éclairaient» et par le silence solennel que régnait autour d'elles. Assis sur un fragment tombé de cet auguste édifice et attaché à cette place par un sentiment de mélancolie qui n'était pourtant pas sans agrément » je restai* je ne sais combien de temps , absorbé dans des réflexions et dans des émotions que le lieu» l'heure et la sérénité de la nuit concouraient puissamment à m'inspirer.
Je m'arrachai, à la fin, de ce site, et je regagnai
mon logement, où mon absence prolongée avait fait naître de grandes inquiétudes» attendu surtout que la nouyelle s^était répandue parmi les babitans du village qu'un étranger I musafir) était arrivé au milieu d'eux.
CHAPITBB XX
Environs de Baaibcc.x-Zahle. — Temple k Fursul. — Tombeau prétendu de Noé. — Dépari de Baalbec. — Zebdeni. — Uo repas chez le sbeikh. — Route de Damas. — DéOlé remarquable. — Souk. — Wady Barrada. — Approche de DamM. — Êtbat-el-Nair. — Yae magnifique iur la plaioe el la Tille de Damas. — Descente à Salab'é.— Ooirageose condnite des habllans. — Posllioo critique de l'auteur. — Arrivée à Damas.
27 octobre. De Baalbec à Damas. — Ce matin»
avaul de quitter Baalbec, fuicé par mon guide musulman f quoique ma curiosité fût loin d'être salisfaile, je suis sorti pour jeter uu dernier regard sur ces magnifiques ruines» et faire en même temps une excursion dans les environs , ce que je n'avais pu eiLéculer la veille » absorbé que j'étais par l'intérêt que ces ruines m'inspiraient. Baalbec renferme une centaine de familles occupées à la culture du riche pajrs qui l'entoure. Elles possèdent aussi des trou-
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peaux coosidérables. Les trois quarls des habitans
sont des Metawcli % le resle est chrélien. Il y a > quelques années, on remarquait un peu d'industrie dans celle ville ; mais les IremblemeDS de lerre et les dissensions civiles y ont définitivement attaché le sceau de la désolalion. L'émir habile un édifice spacieux maintenant en ruines, qu'on nomme le Serait. Un ruisseau aboodanl promène se.s excellentes eaux à travers la ville > aujourd'hui à peu près en liberté , quoique autrefois il fût retenu dans un lit qu'on lui avait creusé. Au pied de l'Ânli^Libau et à vingt minutes environ au midi de la ville , est une carrière où l'on dîsliogue encore la place qui a fourni une partie des grandes pierres dont est formé le mur d'enceinle de la citadelle. On y remarque aussi un énorme bloc taillé sur trois faces et tout prêt à élre Iransporlé où le besoin devail rexiger, mais ^ comme l'observe avec sagacité BurcUiardl, ce serai l une tâche trop lourde pour les mains des MetaveU. Cette pierre a soixante-buit pieds de long, t quat^orze de haul cl seize de large. On y voit en-
* Mahoméians de U sect« d'Ali, comme tes Persans. Yoy^ . Appeadicpy 15.