CHAPITRE XXI
Exconion dans le Hiouran et le pays au sod ê€ Damas. — Anciennes el modernes divisions polUitiiies de ce pays. — Préparatifs de départ. — Départ en compagnie dn capitaine Chcsney. — El Kessoiiè*. — Deir Ali. — El Mcrdjan. — El Lochf. — Misserasa, capitale des Phasnicns. — Un camp arabe. — Costume des Bédouins. — Leurs ustensiles de ménage. — Shaara — District rocheax appelé le Ledja. Kbalieb. — Ezra» Tancienne Zarava.
Mon ami, le capitaine Chesney, m'ayant proposé de l'accompagner dans une excursion qull comptait faire dans les contrées au sud de Damas , et plus particnUérement dans la grande plaine dn Haon" ran , dans le désert rocheux du Ledja et dans le district montagneux 9 situé à Test du Jourdain , Je saisis avec joie l^occasion de visiter ces intéressantes contrées, bien persuadé que, sous la direction d'un voyageur si aimable et si intelligent, je ne pourrais y trouver que du plaisir et de l'instruction. Ces pro-
ICO LE UAODRAN.
vinces formaient ensemble la contrée qui fut d'abord subjuguée par les Israélites avant la conquête du pays de Canaan, e( qui fut donnée aux tribus de Ruben, de Gad , et à la demi-tribu de M anassé* Sous les Romains, presque toute cette partie fut comprise dans le district appelé Pensa, qui lui-méaie se divisait dans les six cantons d'Âbiléne, de Tracbonilis , d'iturssa, de Gaulonitis, de Bataom et de Penea proprement dit , auxquels certains géographes ont ajouté celui de Décapolis.
Âbiléne était, de ces provinces, celle qui se trouvait le plus au nord. Ëlle était située entre le Liban et l'Anti-Liban, et tirait son nom de la ville d'Abila ou Abela. Trachonitb était borné à l'est par le désert, à l'ouest par Balanaea, par Ituraea au sud, et par la province de Damas au nord ; il contenait le district rocheux appelé aujourd'hui le Ledja. lluroBa, située À Test de Batanœa, et au sud de Trachonitis 9 tirait son nom d*letur, fils d'Ismaël, et s'appelait aussi Auranitis, de la ville d'Auran, qui conserve encore aujourd'hui son nom d*Haouran. Gaulonitis était un district au sud du lac de Génésareth et du Jourdain ; elle tirait son nom de Gaulan, résidence d'Og, roi de Rassau* Uaianœay l'ancien royaume de
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Bassan, se trouvait au nord-est de Gaulonitis, et était célèbre par Pexcellenee de ses troupeaux, par set riches pâturages et par ses magnifiques chênes : une partie de ce royaume Rappelle aujourd'hui El-Belka«
Persa, dans le sens le plus strict, renferme la partie sud du pays au-delà du Jourdain et de Samarie *•
Tous ces pays sont peu connus des Européens, ayant été rarement TÎsités par les Toyageurs, jusqu'aux d6» couvertes faites par M. Seetzen, des rutoes de Djerash (Gerasa) et d'ilmman (Philadelphie), dans l'ancienne Décapolis. 11 est vrai que, sous le rapport de l'intérêt historique, il est généralement inférieur aux provinces situées à Vouest du Jourdain ; mais, d'un autre côté, il l'emporte de beaucoup sur ces dernières par le nombre et la magnificence des ruines qu'on y ren-? contre.
Comme il était probable que notre absence se prolongerait, surtout si nous réussissioDs à étendre notre excursion au gré de nos désirs, nous employâmes quelques jours à faire nos préparatifs de départ. Noos fûmes redevables à M. Bodin, Page ut français à Damas, du choix d'un guide, choix qui tomba sur un
* Voyes Appendice, n*" 19.
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sbeikià dnue nommé Warfa. C'était une sorte d'empirique ambulant» et confléquemment bien familiarisé avec les contrées que nous nous proposions de visiter. Le patriarcbe grec de Damas nous présenta une de ses ouailles , jeune homme nommé Constantin» qui, outre l'arabe, parlait le grec moderne, langue au moyen de laquelle nos rapports avec les habitaUB devaient avoir lieu, notre connaissance de Farabe élaat encore trop iniparfaitc. Les personnes par qui ces deux bommes nous étaient recommandés nous offraient, jusqu'à un certain point, une garantie pour notre sûreté. £n général, les voyageurs ne sont pas assez scrupuleux dans le cboix de leurs compagnons, et c'est seulement quand il est trop tard qu'ils sentent les effets de cette négligence. Ces deux points importaus arrêtés, nous louâmes des cbevaux à tant par jour, l'entretien restant à notre charge pendant tout le temps que nous serions en route. Le maître ne vint pas avec nous, mais euYoja un garçon pour avoir soin des bêles.
Jusqu'ici j'avais porté la longue robe dont se couvrent les marchands nés dans le Levant. Par le conseil de mes amis, je la laissai de c6té et je pris le costume du peuple que j'allais visiter,
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costume qui ressemble beaucoup à celoi des BédoaiDs leurs Toisins du c6té du désert. Il consiste en une éioffe de coton blancbeel grossière» formant le Jionbax ou robe, ayec le caleçon pareil. Par dessus se met l'abba ou manteau d'étoffe grossière rayée noir et blanc et sans coutures. Le grAcieux humoiu blanc dont on se sert en Barbarie et en Egypte ne se porte pas en Palestine. Le bonnet rouge turc appelé tarbouch est remplacé par un bonnet de coton blanc, par dessus lequel on net un mouchoir en soie et coton, généralement jaune et vert, plojé de façon qu'un des bouts retombe par derrière, et que deux autres bouts pendent sur le devant des épaules, Undis qu^aTcc le quatrième on se couTre le visage pour se défendre des rajons du soleil, du vent du désert ou de la pluie. Il sert aussi à cacher les traits de ceux qui veulent rester inconnus. Le tout est attaché par une corde de poil de chameau, nommée àkal. La poitrine et les pieds sont DUS. Ces peuples portent des souliers (jKrbul) mais point de pantoufles. Nous achetâmes ces dUTé» rens^objets dans les bazars, où nous fimes aussi nos provisions, telles que quelques livres de café en grains, de tabac, de riz, etc., sans oublier une quan-