CAVALERIE DV PACHA
tout-à-coup indisposé. Mon premier mouvement fiit de retourner à Damas pour y consulter un médecin; mais le frisson étant surrenu, je reconnus mon ancienne ennemie, la ûèvre intermittente. Quant à cette maladie, l'expérience m'avait mis en état de me traiter moi«méme; ainsi, me souvenant que je m'étais pourvu d'un peu de sulfate de quinine, je me décidai, dès que l'accès serait passé, à continuer mon voyage, sachant bien que le diangement de climat opère souveut une cure quand tous les autres moyens ont échoué. D'ailleurs il est notoire que l'air de Da^ mas est, en certaines saisons, aussi mauvais que êeluî du désert est reconnu bon pour sa salubrité et sa pureté. Tandis que j'étais éteiidu par terre, entouré de mes compagnons, une troupe de cavaliers armés de lances se dirigea de notre côté de toute la vitesse de leurs chevaux. Ils nous prirent sans doute pour des malfiiileurs, jusqu'à ce qu'ils eussent vérifié le genre de nos occupalions. D'après leur attitude hostile, nous eûmes d'abord mauvaise opinion de leurs intentions; mais il se trouva que c'était un détachement des troupes du pacha, stationné eu cet endroit pour protéger les voyageurs. Ces erreurs ne sont pas rares, même parmi les Bédouins, à cause de
M. usspm.
raDiformité de costome qui règne dans tout le désert» Âjant recouvré assez de forces pour monter sur non eheyal, mais obligé de me faire soutenir encor» de chaque c6té, je descendis dan&la plaine à l'est du * War, et, après une demi-heure de marche, j'atteignis le village de £1 Kessoue, à trois lieues et demie dé Damas, dans la direetion du S. S. E. Il consiste CQ uu bazar, ou double ligue de boutiques, conduisant k la rivière Aawadj ou « Tortueuse» » sur laquelle est uu pont bieu pavé. Au--dessus, se trouve^ un petit château qui commande le passage. Dans le Toisinage, il y a une plantation de ces arbres que nous appelons peupliers d'Italie» mais qui» à ce qu'oa m'a assuré» sont originaires de Syrie. C'est iei que la caravane des pèlerins couche la seconde nuit» nous y passâmes notre première » ayant pour tout logement le sol humide d'un café, que quelques Turcs venaient de quitter pour se retirer chez eux» après avoir fumé lo nargileh, ou pipe à eau; ce qui avait mouillé le plancher de manière à le rendre peu propre à servir de lit.
. 2 novembre, — Presque sûr d'être exempt de £è vre aujourd'hui, je me suisdétenniné à pousser aussi loin que possible vers l'est, pour prohler du changemeut
Digitizëa'by'GoÔgtê
Mlft ALI.
d*air. Ornséquemment» noos sommés partis de Kes-
soue uoe heure avanl le jour. Laissant à notre droile la route de la caravane à la Mecqae, et après avoir marché pendant environ deux heures ^ nous arrivâmes au village de Deir Ali, qui se trouve à l'ouest au pied du Djebel Mane. Ce dislrict est maintenant désert 9 quoiqu'on y rencontre à chaque pas des traces d'une ancienne et belle culture. Les petites pierres qu'on a enlevées de sa sur&ce sont entassées parallèlement sur plusieurs lignes droites à des intervalles de dix A quinze pas. On n'y voit point de haies» encore moins d*arbres. Une vallée s'ouvre vers le sud, entourée d'une double chaîne de petites montagnes, courant parallèlement Tune à l'autre : celles qui se trouvent à l ouest se nomment le Djebel Khiara, et celles à Test le Djebel Mane, dont elles sont im embranchement. Cependant on les comprend quelquefoû sous la dénomination commune de Djebel Kessoue. Au sud, commence le pays du Uaouran. k une Ueue et demie plus loin, nous trou* vâmes El Merdjan, village ruiné, mais qui porte des traces d'avoir été récemment habité. Le sol des environs est fertile et arrosé par plusieurs sources. Nous nous y arrêtâmes pour laisser reposer nos chevaux.
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Burckhtrdty daos le seeood Toyage qu'il fit dans le
Haouran, pendant le printemps de 1812, passa par ' Merdjan pour examiner les frontières orientales do Ledja, appelées le Loehf. A deux lieues de Merdjan, et dans la direction de rest-sdd-est» se trouve Berak, où sont deux salpdtrières, dans lesquelles on se procure le salpêtre, en faisant bouillir la terre qu'on tire des mines de la ville. A une lieue de Berak est le Wadjr Lo wa, torrent pendant Tiiiver, qui descend du Djebel Haouran» et coule le long des frontières du Ledja, remplissant dans sa course les réservoirs de toutes les anciennes villes qui b*j rencontrent. Il se vide dans le Babret-el-Merdj, ou pajs marécageux, à sept ou huit lieues est de Damas, où se perdent aussi les rivières de cette ville. Après avoir traversé Ëssowara, El Hazzem et Mebaretein, il arrive an bout de trois heures à £1 Khelkeie. De là, dans l'espace de quatre lieues jusqu'à Om-Ezzeitoun, il passe par plusieurs villes et villages, savoir : Dsakeir, Redhei* my, El Hadher, El Laheda, M erazraz, Om, Hareteim, Essamera, tous en ruine aujourd'hui, mais prouvant l'état florissant où se trouvait autrefois le Ledja.
De Merdjan, nous passâmes à travers une plaine déserte, qui nous conduisit en trois heures et demie à
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Missema, où l'on arrive à IrâTen un labyrinthe de rochers. Célail jadis la capitale des Phœnesiens, et le mHrœomia on chef-lieu de Trachon; elle est située dans le district rocbeux du Ledja. Les ruines ont trois milles de circonférence. La principale est un petit temple très-élégant situé au centre de la ville» et assez bien conservé. On y pénétre par une large cour pavée de cinquante-deux pieds de profondeur. Un escalier de sept degrés régne dans toute la longueur de la façade et conduit au portique, qui consiste en six colonnes doriqnes, dont trois seulement sont debout aujourd'hui. L'entrée du temple, qui est à présent murée, avait lieu par une large porte au centre, avec deux plus petites de chaque côté, andessus desquelles sont des niches. Le toit intérieur* qui est tombé, et qm parait avoir été fidt de matériaux légers, était soutenu par quatre colonnes corinthiennes placées en carré dans le centre; elles posent sur des piédestaux ornés de guirlandes, avec des pilastres correspondans, le long du mur* La longueur en dedans est de quarante- trois pieds sur autant de large. A l'extérieur, il a cinquante pieds en carré et trente de haut. La niche du centre, à Tcxtrémité nord, est d'un beau travail, et a la forme d'une
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coquille. De chaque eMé de la niche est une pièce
obscure et une aulre au-dessus, rcDdant aiosi Tintérieur carré. Oii> ne trouTe point de sources à Missema , mais il y a plusieurs citernes. Nous parcourûmes les raines pour décomrir un habitant; WBOÊB nom troQTâmes la place complètement dèserle, quoiqu'il parût» par les cendres et le fumier de mouton que nous y Ttmes, qu'dle est fréquentée en hiver par les bergers arabes.
Suirant Burckbardt, « les Arahes du Djebel- Uaouran (appelés les Àhl-Djebel), et ceux du Ledja, portent rarement leur camp au-delà de leurs limites habituelles ; ils sont tenus par le pacha dans une dépendance beaucoup plus rigoureuse que les autres tribus. Us servent de bergers aux habila^ns du pays plat» qui leur confient pendant rhiyer leurs troupeaux pour les mener paître au milieu des rochers dans les montagnes* Au printemps, les Arabes ramènent les troupeaux à leurs propriétaires, et reçoivent pour leur peine un quart des agneaux et des chevreaux, et aussi le quart du beurre que l'on fait avec le lait pendant la saison du printemps* Ceux que l'on veut vendre sont conduits à Damas.»
N'osant coucher dans ce lieu désert» nous par-