G KARA
tare el chanU, tandis que sa famille répétait le refrain eo chœur. En fouilUiDl dans ma sacoche, pour trouver quelque bagatelle que je voulais offrir aux ejifans^ Je découvris un peu de ihé, denrée tout-à-fait inconnue à ces pauvres nfontagnards. La manière de le préparer les amusa beaucoup ; mais quant au goût, je ne pus le leur rendre supportable qu'en y mettant une grande quantité de sucre.
iQ décembre, — Afin de laisser reposer nos chevaux , il fut décidé que ce jour le vojage ne serait pas long. Nous nous arrêtâmes en conséquence à Kara, village important, dans une belle position sur le sommet d'une montagne el éloigné seulement de trois heures de chemin du lieu où nous avions passé la nuit précédente. J'envoyai les chevaux au khau et me logeai chez un prêtre maronite. Ne voulant pas mettre Ce brave homme en frais, je me procurai mon dtuer au bazar. 11 se composa de khebab ou petits morceaux de mouton rôtis sur le gril, et de yaghourt ou lait aigre mêlé avec du pain frais.
Dans différentes parties de la plaine qui s'étendait à nos pieds et dans la direction du désert, je pouvais distinguer des camps arabes, appartenant sans doute aux Aenezes; leurs tentes noires, vues à cette dis-
LB8 Af mSZBS. 317
(ancc, avaient Tapparence de pièces de terre cultivées. Suivant Burckhardty les Aenezes formeni la tribu arabe la plus puissante de tout le pays avoisinaut la Syrie, et si l'on y ajoute leurs frères en ^edjd, on peut les considérer comme l'un den corps de Bédouins les plus considérables des déserts de TÂrabie. Ils sont nomades dans tonte Tacception du mot, car ils sont presque continuellement en mouvement pendant tout le cours de Tannée. Au printemps, ils s'approchent des sources de la Syrie et forment une ligne de camps qui s'étend depuis le voisinage d' Alep jusqu'à une distance de buit jours de roarcbe au sud de Damas. Cependant leur principale résidence pen* dant cette saison est le Haouran et ses environs, où ils établissent leurs camps près des villages, tandis que, dans les contrées qui se trouvent plus au nord, vers lloms et Hamah, ils se tiennent la plupart du temps à une certaine distance des endroits habités. Duns ces pays, ils passent tout leur été à chercher des pâturages et de Teau ; en automne, ils achètent du froment et de l'orge pour leurs provisions d*hiver et reviennent après les premières pluies dans l'intérieur do désert. Ce sont les seuls véritables Bédouins de la Syrie. Les autres tribus voisines de
318 CmAlMtB D*URB ATTAQCB.
cette contrée ont pliu on moins dégénéré de leun
coutumes primitives^ et plusieurs d'entre elles sont soumises, tandis que VAeneie indépendant est encore gouverné par les mêmes lois qui régnaient dans le désert an commencement de lliégyre*.
11 décembre. — De Kara, nous sommes descendus ce matin dans la plaine. Ënnnyé de la marche lente de la caravane, j'allais en avant du reste de la troupe» qnand tout«-à-cottp j'entendis pousser derrière moi des cris pour me rappeler. Je demandai la cause de cette alarme, et l'on me dit que» nous troutmC dans la plaine, il devenait nécessaire de nous tenir réunis, tant pour ma sûreté personnelle que pour celle de la caravane, qui était souvent attaquée en cet endroit. La nécessité de cette mesure me fut en effet hientdt démontrée. Ën approchant de quelques petites collines, trois ou quatre cavaliers se portèrent en avant» tandis que le reste de la troupe se forma en corps et s'arrêta. Dès que ces hommes eurent atteint le sommet de la colline» et qu'ils se furent convaincus que tout était tranquille A une certaine distance par de là, ils déchargèrent leurs
* Voyez Appendice, n" 27.
PRiPÀRATirS BB DÉFBM». 319
monsquets en l'air pour nous a?erlir de les tairre. Je remarquai que, pendant celle courle halte de cinq
minules, une vive inquiétude se peignait anr les traita
de quelques uns de mes compagnons de voyage et particulièrement sur ceux des propriétaires de marchandises. Cependant on me dit qu'excepté quand ils sont en nombre assez considérable pour être certains de la victoire, il n*y a pas beaucoup à craindre de ces maraudeurs de Bédouins; car, quoique l'Arabe déploie souvent une valeur héroïque quand il en vient aux mains avec l'ennemi de sa nation, et que l'hon" neur et la réputation de sa tribu sont en jeu, il se comporte avec une grande lâcheté quand il se bat seulement pour le pillage, et ses querelles avec les paysans témoignent toujours de sa poltronnerie. U craint mortellement les armes à feu; et comme dans les caravanes on en est toujours pourvu, on n'a qu'à se tenir eu garde contre une attaque soudaine, pour n'avoir rien à craindre des Bédouins. Quand cette attaque a lieu, on fait coucher les chameaux en cercle sur la terre, et les voyageurs placés derrière les ballots dont ils sont chargés tirent sur les assaillans comme s'ils étaient défendus par un mur de pierre.
320 BASSIAH.
An boat de sept heares de marche, nous arrivâmes à Uassiab. Ce village est silué à Tentrée de la plaine élevée qui conduit à Palmyre, dont 11 est éloigné d'environ deux jours de marche. J j fus bien contrarié par la visite de quelques Turcs gros* siers qui entrèrent dans ma chambre en demandant un « caphar • 1 Je résistai d'abord en me prévalant de ma qualité de Franc, mais je fus enfin obligé de céder pour me débarrasser de leur société.
12 âéeembre* — La matinée a d*abord été exce»> sivement froide et chacun s'est empressé de revêtir son abba ou costume d'hiver* On alluma les gozéhs qui passèrent à la ronde de bouche en bouche et forent trouvés trés-agréables» ainsi qu'un peu de raki ou eau-de-vie que mes domestiques chrétiens avaient eu la précaution de mettre dans ma sacoche; mes voisins musulmans ne firent pas grande difficulté pour renoncer à leurs scrupules relativement à la prohibition. En quatre heures, nous atteignîmes Homs, l'ancienne Emesa, ville fermée, trés-considérable et située à peu prés à mi-chemin entre Alep et Damas. Elle est arrosée par un pelil ruisseau, qui est un bras de TOronte. Les murs ont trois milles de circonférence et paraissent de la même date que
H0M8 OU EMBSA. 321
ceux que j'avais TUS à Césarée sor la Côte : ik sont
entourés d'un fossé, et à Tintérieur du parapet^ il y des terrasses. Un tiers seulement de l'espace compris dans Tenceinle est occupé aujourd'hui ^ celle partie habitée forme le sud-ouest et les maisons n'offrent aucun intérêt. Au midi, on trouve les ruines d'un grand château bÀli sur une montagne ronde très* élevée; sa forme est irrégulière et ses murs extérieurs sont en pierre. 11 est environné d'un fossé de vingt pieds de profondeur sur cent de large, que traverse un pont de plusieurs arches. Le sommet de la montagne peut avoir tm demi-mille de circonférence. Homs était jadis célèbre par son magnifique temple dédié au soleil sous le titre de Allah-el-Gabal, nom que prit plus tard l'empereur Heliogabal^ qui était né dans cette viUe *•
Peu de temps après mon arrivée, je rendis visite à 1-aga pour lequel je m'étais muni d'une lettre de re-
* A une très-petite distinee de la Tille, à Tooesl» se trooTe un mausolée qui , diaprés eue inscriplioD grecqoe presque cCTscée, paraît aToir été érigé à la mémoire de Galos Gasar. Il est bâti en briqoes, ayant deoz éUiges avec cinq pilastres sur chaque face. L*étago inSMeur est d'ordre dorique» le supérieur d'ordre iooiqoe. L*édlfice a vingt pieds de haut, et le toit est eu forme de pyramide.
3^ IMTÉaiKOR D'UN KUAV.
oommandaiion, dans i'e«|KMr d'obtenir, par son crédit, les moyens de gagner Tadmor, dans le désert, Tancienne Palmjre. Quoiqu'elle ne fût qu'à trois jours de marehe» il m'assura que les Arabes étaient rassemblés eo grand nombre dans l'espace qui nous séparait de oe lien, et que, quelle que fût la force de l'escorte qu'il pourrait m'offrir , elle serait insuflSisante pour ma sûreté personnelle. En conséquence de ces représenlalioas sur Tétat de lacoatrée, représentations qni m'avalent été confirmées d'aTance par les renseignemcns que j^avais pris sur la route, je renonçai bien à regret A la dernière espérance que j'avais do visiter ces fameuses ruines *.
Nous mimes pied à terre à nn grand kban situé immédiatement en dehors des murs de la ville et tout prés de la porte du nord. £n plusieurs endroits de la cour intérieure et sous les arcades qui Tentouraient , des feux furent en ire te dus jusqu'à uoebeure fort avancée, car la nuit était froide; d'ailleurs bien peu d'eulre nous étaient disposés à dormir, ou même dans la possibilité de fermer l'œil, A cause dubruit des conversations mêlées au chant des personnes de la société et aux instrumens discordans du pays qn'on en-
* Voyez Appendice, n* 28*
IHTilklBUR D'UN KHAIT. 323
tendait de tous côtés. Pour ce qui me regarde, quoique
le tableau ne fût pas nouveau pour moî^ il m'offrait cependant de l'iotérèt par Poccasion qu'il me foarolssait d'étudier le peuple chez lequel je voyageais : en conséquence, m'enreloppant dans mon maalakh et me tenaol à une distance raisouoable des feux^pour pouvoir faire mes obsenraiions sans être remarqué» je passai successivement en revue les groupes pittoresques qui se détacbaient comme en relief devant mes yeux , et je notai en sflence leurs diverses actions et les occupations auxquelles ils se livraient* Dans un coin du carré plusieurs marchands, en* tourés de ballots, étaient engagés dans une conversation animée qui avait sans doute rapport à leurs spéculations de commerce ; ils paraissaient ne faire aucune attention à ce qui se panait. Non loin d'eux étaient assis les chameliers, se reposant des fatigues de la matinée et calculant les chances et lesaccidens du lendemain. Devant eux étaient les chameaux euxmêmes, mâchant avec une grotesque gravité la pA* ture qu'on avait posée à leurs pieds. Tout près de là, un groupe de sheikhs ou anciens écoutait attentivement une histoire racontée par un Arabe , ne prenant eux-mêmes la parole que par momens, et
IHTÉR1EUR D*t'll EBAH.
seulement pour foire éclater leur admiration ou leur
surprise. Dans une autre partie de la cour étaient quelques jeuneagens qui chantaient en cbmur autour d'un feu pétillant de fagots, et battaient la mesure avec leurs mains et leurs pieds. L'instrument dont ils se serraient, et dont f ai oublié le nom» était d'une construction extrêmement simple : ce n'était qu'une peau fortement tendue sur un cadre de bois, arec Irois ou quatre cordes placées en travers à peu près comme celles d'une guitare.
En faisant le tour deja cour, je passai presque sans les remarquer devant quelques familles de chrétiens qui étaient couchées péle-méle, femmes, enfans et cbevaux, sans feu ni lumière» tant est grande la peur qu'ils ont des fanatiques despotes qui les tyrannisent. Néanmoins ils paraissaient moins affectés de leur position que je ne Tétais moi-môme, ce que je ne pus expliquer qu'en supposant que les longues souffrances araient émoussé leur sensibilité. Je les invitai À venir chez moi et je partageai avec eux le souper que nos guides avaient préparé pen* iiant que je passais la cour en revue.
13 diembre, — A janttraversé pendant à peu près quatre heures une belle plaine dont le sol est une
HAMAU.
terre rouge Irès-fertile, nous atleignlmes on temia élevé qui domine rQroote» sur lequel est. bAti le village de Restouo* Nous n'j entrAmes pas, mais nous allâmes loger au bas de ce village dans le grand khao» dont les mors sont baignés par la rivière. Prés delà^ il y a UQ beau pont de pierre de plusieurs arches. Notre séjour y fîit excessivenient ennuyeux» et tout le monde fut coolrarié de la résolution des sheikbs de s'arrêter en cet endroit» car il ne res^ tait que très-peu de cbeoiio à faire pour atleindre iiamah.
ik décembre. — Nous nous sommes levés de bonne heure ; et comme nous quittions le khan pour traverser le pont;, nous fûmes, grâce A la forte gelée de la nuit, si complètement enveloppés dans le brouillard épais qui couvrait la rivière que ce fut avec peioe que cbacua de oous put parvenir à suivre les traces de celui qui le précédait. Après quatre heures de marche à travers uu pays dénué d'inlérét, nous arriv&mes à Uamah, Tancienne fipiphaneia. Celte ville est agréablement située dans une étroito vallée ouverte à Test et à l'ouest et traversée par l'Oronte : elle est construite partie sur la pente et partie dans la plaine. Ici» comme è Damas, toute la
HAMAS.
beauté des maisons est renfermée dans l'intérieur, les murs extérieurs sont .construits en briqaes séchëes an soleil; leur aspect est loin d'être attrayant. Néanmoins oi^ m'a assuré qu'il y avait plusieurs belles maisons dans la Tille. La plus remarquable donne sur la rivière et appartient au mutzelim. Les plus distinguées ont des jardins. Nous trouvâmes la végétation plus ricbe que dans aucun lieu que nous eussions vu deptds que nous avions quitté Damas. Au milieu de la ville il y a un tertre carré sur lequel était situé autrefois le ebftteau dont il reste peu de traces^ les pierres dont il était construit ayant servi de matériaux pour les maisons modernes* On compte quatre pools je tés sur TOroD te qui, eu cet endroit, est une jolie rivière» quoiqu'elle ne soit pas navigable. U fournit d'eau La ville haute par le moyen de seaux fixés à de grandes roues (naaura) qui se vident dans des canaux de pierre soutenus par de hautes arcades, de niveau avec la partie la plus élevée de la ville. La plus grande de ces roues (j'en comptai dix ou onze ) passe pour avoir soixante-dix pieds de diamètre; leur bruit continuel fait désirer & bien
* Yoyei Appendice, n** 20.
IIAMAH. 327
des gens qu'on puisse se dispenser de les meitre en mouTement. La Tille de Hamah» qai o'eit pas très-ancienne , souflril beaucoup d*un tremblement de terre en 1167» de même qa» les autres yiites de Syrie. On y trouve peu d'antiquités. Ses bazars sont souvent fréquentés par les Bédouins du désert Tolsin, tant dans le but de se mettre au fait des nonyelles» que pour acheter des vôtemens; cependant, comme je Tai déjà dit plus liaut, ils préfèrent attendre que les colporteurs de Damas arrivent dans leurs tribus. Tant qu'ils sont dans une ville» ils portent le keffié (mouchoir) sur le visage et s'en recouvrent le inenton pour éviter d*étre reconnus. J'en remarquai quelques uns qui avaient Tair tout effarés de la nouveauté de la scène qu'ils avaienl devant les yeux. Ils affectent un graqd mépris pour les habitans des villes. On trouve ici une douiaine de mosquées; Tune d'elles est ornée d'un ancien minaret fort beau. On évalue la population à environ vingt mille ames, parmi lesquelles il peut j avoir trois cents familles grecques. Je dinai avec leur évéque». qui a la réputation d'un savant. Abou-el-feda» le grand historien et géographe arabe» était né dans^ cette ville.
328 VALLÉB DU OHAB.
16 décembre, — • Ed quittant Hamah ce matin noire cara?aoe» qui avaU laissé quelques uns de ses membres sur la route» fut complétée par d'autres Tojageurs qui se rendaient dans le nord de la Sjrie. Die ee nombre étaient plusieurs iamilles de distinction qui allaient à Alep. Les femmes étaient portées dans des litières (taitowaran) placées sur le dos des chameaux et garanties, par des rideaux, des regards indiscrets de la foule. Les hommes étaient montés sur des chevaux, richement caparaçonnés et suivis de domestiques àpied, prêts à prévenir tous leurs désirs.
A cet endroit 9 TOronte ou Nahr"el<;Aa8S7 prend par degrés la direction de la mer. On le nomme Aaszy, ou le rebelle» parce qu'il coule du sud au nord; tandis que tous les autres grands fleuves de ce continent» l'Euphrate» le Tigre» etc.» courent dv nord au sud*. La vallée qu'il an'ose se nomme El^
*SeloiiAboii-el4'eda, la dénomioatioii de rtMU a été appU. qnée 4 cette riTiéftt parceqa'ellerefttseseieaaxaax champs, à moins d'y être forcée par le moyen d'ua roue hjdraaiiquc. L'OroQtc prend sa source dans les inonlaf^nes voisines, à l'angle formé par le Liban el I Anli-Liban, dans uu silc ^«oIKaire et peu fréqaealé, qu'on appelle Ar-Ea$ (la lélej. La source jaillit
VALLÉE DU GUAB.
Gbab : elle est bornée à Test par le Djebel Sbaehsabou et à l'ouesl par les moDlagnes des Aozeyrjf • Sa loDgueur depuis Kalaal-el-Med}'k jusqu'à Djissr Sb(^ber, dans la direction d'Antiocbe, est d'à peu près trois heures ; elle peut en ayoir deux en largeur, mais elle se rétrécit vers le nord. Burckbardt la compare , pour sa beauté pittoresque, à la yallée du Bekaa, entre les deux Libans ; cependant, ajoutet-il, elle l'emporte sur la dernière par le nombre de sources et de petits ruisseaux, qui l'arrosent, particulièrement du côté des montagnes de l'est. En hirer, rXaszy inonde une partie des terrains bas à travers lesquels il coule et isole ainsi les villages en rendant toute communication entre eux impossible autrement qu'en bateau. En été Tinondation cesse, mais il reste les lacs qui engendrent des essaims de mouches et de moucherons» lesquels joints auK exhalaisons des
avec assez de force d'un bassiu naluiel, de forme triangulaire, situé dans le rocher. Sa circonférence est d'environ cinquante pas; il csl à peu près caché par des broussailles et des arbres, dont les plus nombreux sont des cbcttaigniers, des saules et des chênes nains. L'Oroaleest la riTière de Syrie dont le cours a le plof de loiigaeDr; it a eoviron cent lieuet depoit ta MNirce jasqa'à son emboecbore.
MARRAU
marais, forcent les habilaos à se relirer dans les montagnes arec leurs troopeaiui, leurs marchandises et leurs efTcts. Les habilans du Ghab, que l'oo appelle Arab-el-Ghab sont une race mêlée d'Arabes et de Fellahs. Us cultivent le dhourra et le froment, et élèvent des troupeaux considérables de buffles. Howash est le principal village du Gbab. il se compose de cent cinquante huttes dont les murs sont faits avec de la boue et le toit avec des roseaux qu'on ramasse sur les bords de TOronte.
Après trois heures de marche» nous atteignîmes khan Shekune, et peu de temps après on nous montra, dans les montagnes à gauche, Kalaat-el-Medyk, ou le cbaieau de Medjfk. Il occupe le sited'Âpameia.
Au bout de huit heures de marche, depuis notre départ d*Hamab, nous arrivâmes à Marrah, Tancienne Asia^qul n*est plus aiijourd'hui qu'un pauvre petit village dans une jolie posilion sur le sommet d'une montagne» d'où la vue s'étend sur la plaine. Comme tous les Labilans j sont musulmans, je fus obligé de me loger chez une personne de cette religion mais, coulre mon attente, je trouvai mou hôte désintéressé et sans préjugés, particulièrement en ce qui regardait les femmes.
SERMEIN. 3S1
17 décembre, — Après sept heures de marche^ nous trouvAmes SermeiD^ lieu remarquable par le grand nombre d'anciennes citernes et de puits creusés dans le roc qn'on Toit encore dans les environs. Us servent à abreuver les troupeaux des paysans pendant Tété, car il n'y a pas de sources dans cette contrée.
 deux heures et demie de marche de ce lieu et vers Tonesty se trouve Edlip , bâtie autour du pied d'une montagne qui la partage en deux. Elle est entourée de plantations d'oliviers. Le principal commerce d'£dlip est le savon ; on y trouve quelques manufactures d'étoffes de coton et des ateliers de teinhire en petit nombre.
18 décembre. — • La distance de Sermein à Alep est de dix heures et demie de marche. 11 faisait encore nuit quand nous quittâmes le village, et nous n*avion8 pour nous guider sur notre route que les mashala ou torches faites d'éclats de pin séchés et renfermés dans des bottes de fer, fixées au bout de longues perches. Après une marche de huit heures, nous atteignîmes un khan nommé Touman, près d'un village qui porte le même nom, situé sur le Koeik ou rivière d'Alcp. Nous y trouvâmes un
332 AERIVÉB A ALBP
grand nombre de personnes qaî attendaienl Parrirée de la caravane et qui élaient venues de la ville à la rencontre de leurs amis. En approchant d'Alep , que nous alteigolmes au bout de deux heures après avoir quitté le khan, on fit nne décharge générale de toutes les armes à feu de k caravanç.