ALENTOURS DE LATAKIEH
On cile les alentours de Latakieb pour leur agrément» parce que le lerrain ondulé qui l'environne» particulièrement à l'est et au sud» est couvert partout de la pliis riche végétation ; de chaque pistite élévation on peul jouir, à la dérobée» de la vue de la mer et aspirer les brises qui en viennent. Dans raprè»-fnidi, quand le soleil baisse, des groupes pittoresques commencent à couronner les hauteurs environnantes» et quand il disparaît dans un cooebant â<ngné» toute la population a quitté la ville. Leurs amusemens alors se réduisent, de la part des Tores» à la silencieuse contemplation des beautés de la nataré ; et» pow les chrétiens» à la conversation et à une innocente gaité. Ou voit rarement les membres de ces deux religions commmiiqaer directe* ment ensemble.
Quand la maladie me forçait à garder la chambre» je recevds la visite de M"* Elias et de ses filles, qui, sans exagération» pouvaient compter au nombre des plus jolies femmes de la Sjne. Elles sont encore très-jeunes : Taioée n'a pas plus de seize à dix -sept ans. Rien de pins piquant que l'innocence de leurs manières. Pendant la première partie du jour, quand cliacnne est occupée à remplir la part de ses devoirs
INTÉRIEUR D UN UAEEM.
de ménage^ comme de faire la cuisine, de laver, et autres choses semblables» on les ▼oil» sans 7 trouver rien d'inconvenant , parcourir la maison en pantoufles» pieds et bras nus» et avec toutes les marques du plus grand négligé. Dans l'après-midi, quand la tache du jour est finie» et qu'elles se sont parées de leurs riches atours, leurs beaux cbeveuiL tombant en nattes sur leurs épaules» j'avais peine à croire» à les voir couchées sur les moelleux coussins du divan, avec une grâce inexprimable et une volupté natu*relie , que ce fussent les mêmes jeunes personnes que j*avais remarquées quelques heures auparavant» livrées aux soins prosaïques du ménage. Cependant, tel est en général l'iolérieur des maisons des classes moyennes en Orient» et telles sont les occupations des femmes du harem*» à la fois les maîtresses et les esclaves du propriétaire.
Neuf heures du soir. — Le moment de prendre définitivemeiit congé était enfin arrivé, car j'avais déjà fait plus d'une fois mes adieux, et peu de séparations m*ont été plus pénibles. Je quittais un pays où j'avais passé quelques uns des plus heureux jours de
* Toyes Note addiiionelle 6.
ADIBOX A LA SYRIE.
ma vie, el que, suivant toute probabilité, je ne devais pliu revoir; je me séparais d'one firaiille qai m'avait accablé de bontés, sans espoir de jamais la rencontrer de nonvean , pour m*acqiiitter des services que j'en avais reçus. J'avais retenu depuis dix jours le navire qui devttt me conduire en Chypre ; mais, jusqu'à ce moment, je n'avais pu prendre la résolution de m'embarquer. On vint enfin me dirè . que léschevaint et le bagage étaient à bord; ... je me glissai hors de la maison et me rendis à la Scala;* • . une brise de terre souflBa comme nous levions l'ancre» elle enfla les voiles de notre petite tartane, et nous porta doucement bors du port.
Comme nous nous éloignions du rivage, je regardais avec un cœur serré les différentes lumières qui paraissaient aux: fenêtres des maisons dont les propriétaires m'étaient connus, jusqu'à ce que toutes s'éteignirent l*une après l'autre, et qu'il ne restât plus rien où l'œil pût se reposer, que la ligne sombre et indistincte de la cèle.