‹ Voyage en PatagonieChapitre 15 sur 100 · RETOUR A VIEDMA. — LA GALERA. — LES AMAZONES PEAUX-ROUGES · texte numérisé non relu

RETOUR A VIEDMA. — LA GALERA. — LES AMAZONES PEAUX-ROUGES

LE !•' Mai, je quitte Testancia du général Bernai, pour me rendre à Valcheta ; mais parvenu à Fortin Castres, j'apprends que j*ai pour arriver à Valcheta cent soixante-quinze kilomètres à parcourir sans eau.

C'est une rude étape.

Mes animaux ne me paraissent pas encore suffisamment entraînés pour tenter cette marche dans le désert. Je juge donc plus prudent de revenir sur mes pas.

Mes collections deviennent de jour en jour plus nombreuses; aussi je me décide, avant de m'enfoncer dans Tintérieur, à les reporter à Viedma pour, de là, les expédier à Buenos-Aires. Après avoir laissé tous mes chevaux à la Cabeza de Bueyes, j'installe mes caisses sur un char à bœufs qu'a mis complaisamment à ma disposition le commissaire de police de Conessa et je pars avec Juan, étendu

dans le chariot qui avance lentement. Nous ressemblons ainsi à des rois fainéants du désert.

Je suis obligé de rester quelques jours à Viedma pour correspondre avec mon banquier de Buenos- Aires. Mais pour comble de malheur des troupeaux de vaches ont brisé plusieurs poteaux télégraphiques dans la Pampa centrale et il faut attendre qu'on les ait réparés, ce qui demande une semaine.

Enfin, j'obtiens ma communication et je pars pour Gonessa dans la gâtera. Ah ! la galera ! Ce nom ne vous dit rien, peut-être ; je vous assure que si vous aviez une fois voyagé dans la galera, ce seul mot ne manquerait pas d'éveiller en vous des souvenirs plutôt désagréables.

La galera, c'est la diligence argentine. On l'appelle sans doute ainsi à cause de son manque de confort, car il est probable que les anciennes galères n'étaient pas plus élégantes.

La galera passe partout : elle traverse les rivières, franchit les fossés. Quand cela est nécessaire, trente chevaux y sont attelés et leur allure est le galop, un galop désordonné qui effraye. Je me hâte d'ajouter que ce moyen de transport des plus primitifs n'offre qu'une bien vague ressemblance avec nos anciennes pataches, vous savez, ces cais-

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