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UN DUEL AU CLAIR DE LA LUNE

— Vous n'y pensez pas. D'ailleurs, il fait nuit. »

Il haussa les épaules et me désignant d'un geste théâtral la lune qui doi^ait au loin la pampa :

« On y verra bien assez. »

Je compris qu'il n'y avait rien à répondre. Cet homme avait bu; il était impossible de le raisonner.

« Allons, en garde, > dit-il !

Et au même instant, il me portait un terrible coup de banderolle que, malgré mon inexpérience de ces armes, je parvins cependant à éviter. Puis je ripostai et l'atteignis au poignet.

« Très bien, cela, » dit-il.

Et il me serra la main avec la courtoisie d'un maître d'armes après un assaut.

A partir de ce moment, le capitaine argentin ne voulut plus me quitter ; il voulait, disait-il, déterrer avec moi des crânes de Tehuelches.

Durant mon séjour à Ghoel^Ghoel, je fis une chasse acharnée aux martinettes, sortes de perdrix à huppe très abondantes dans l'île. Le capitaine m'accompagnait dans toutes mes excursions et m'était un guide précieux, quand il se trouvait à jeun. Malheureusement, quand il avait bu, c'était le plus détestable compagnon que l'on puisse fôver, Ne §'avisa-t-il pas un jour que je revenais

à cheval, de me lancer ses boleadoras ! J'entendis Farme siffler à mes oreilles.

€ Tiens, me dit-il, je vous ai manqué. C'est étonnant. Excusez ma maladresse. >

Ge capitaine, on le voit, avait l'ivresse dangereuse.

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