CHAPITRE VIII
LE VALLON DE QOERSQUKLEY. — LES TENTES INDIGÈNES. — GENDRES ET BELLES-MÈRES. — LE CAPITENEKO KUMILAF.
LE 26 Octobre. — Nous arrivons àQuersqueley, Tun des plus jolis sites que j'aie rencontrés pendant mon voyage : c'est dans un vallon arrosé par un cours d'eau limpide sur les bord? duq[uel s'alignent les tentes des indigènes ; rentrée du vallon est resserrée entre deux rochers élevés.
Je vais visiter ces tentes roukasK A mon arrivée, je suis plutôt mal reçu par les Indiens qui les habitent et qui, dans un état de demi-civilisation, $ront d'autant plus méfiants vis-à-vis des blancs.
Les tentes, nombreuses cet hiver, ne sont plus qu'au nombre de trois, une grande partie des Arauoans, leur chef en tête, ayant gagné la montagne pour se livrer à la chasse annuelle des guanacos.
Ces tentes, dont l'ouverture est toujours exposée
1. Tous les noms indiens que je cite sont empruntés à Tidiome araucan.
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au soleil levant, sont faites en cuirs de lamas cousus ensemble. On évalue à cinquante le nombre des peaux nécessaires pour confectionner un de ces abris de dimensions moyennes. Cette immense couverture est supportée par des piq[uets de bois terminés en fourche sur lesquels sont passés transversalement d'autres bâtons. Le poil de la couverture est tourné au dehors, exposé aux intempéries, tandis que rintérieur est peint en rouge au moyen d'une terre que rindien extrait de la montagne.
Cependant, voyant que je perds mon temps aux toldos^ et que je ne réussissais pas à faire desserrer les dents à ces indigènes, je reviens à mon campement.
Le lendemain, je laisse mes animaux à la garde de Bonifacio, pour leur permettre de se refaire avec rherbe qui pousse ici abondamment et je pars, accompagné d'un Indien rencontré à Machinchao et des quelques chevaux qui lui appartiennent, à la recherche du cacique Saïhuéqué, le grand chef de la Manzana' , qui se dirige vers le Sud pour prendre possession des terrains que lui a octroyés le
1. Appellation espagnole et principalement argentine pour désigner une tente indienne.
2. La Manzana est une contrée des Cordillères, près le lac Nahuel-Huapi^ ainsi appelée à cause de sa grande quantité de pommiers sauvages.