‹ Voyage en PatagonieChapitre 4 sur 100 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

un vrai pays de Cocagne où la faune et la flore étaient merveilleuses, éveillèrent ma curiosité et me poussèrent à visiter ces régions qu'un de nos compatriotes, M. de Tanneiris *, avait déjà parcourues. Cet homme que Ton considéra comme un fou, avait vu clair cependant. Et, sous le couvert d'une aventure romantique, il avait conçu l'idée d'agrandir notre empire colonial.

J'ai pu de visu me convaincre de la justesse de ses idées.

Je sollicitai donc une mission du ministère de l'Instruction publique dans le but de me livrer à des recherches anthropologiques, ethnographiques et coloniales, et à la fin de décembre 1895, je quittais la Fyance.

— Où allez- vous ? interrogeaient mes amis.

— Je vais en Patagonie.

On me serrait la main avec inquiétude et je sentais à travers les salamalecs d'usage percer une pointe d'ironie. *

Mais j'avais mon idée, une idée fixe, comme disaient ceux qui m'approchaient.

1. M. de Tonneins est ce Français qui, sous le nom d'Orllie- Antoine I"% se fit décerner par les indigènes de la Patagonie le titre de roi des Araucans; sa cour était établie à Punta- Arenas, où un conseil des ministres délibérait sur les affaire^ ^u roj^aume.

C'est le sort de l'explorateur ou de Tinventeur de passer parfois pour un fou.

%' Mais, bah ! à quoi bon attacher une impor-

tance quelconque aux sarcasmes de nos contemporains. Il faut suivre son idée, la suivre bien, triompher si Ton peut, se tenir dans Tombre et recommencer autre chose si le sort vous a été défavorable.

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