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Chapeau mou à larges bords

CHEZ'SAIHUEQUB

et je pénètre avec lui sous un des toldos, le plus élégant — quand je dis élégant, c'est une façon de parler — le moins sale serait le terme exact.

C'est sous cette tente que j'habiterai durant mon séjour au campement.

< Âgsieds-toi, me dit Saihuéqué d'une voix qu'il s'efforce de rendre aimable. »

Un siège plus élevé, une sorte de trône minuscule, a été dressé à mon intention; j'y prends place et jette un regard curieux autour de moi.

La tente sous laquelle je suis n'est pas, à ce que

j'apprends, la demeure du cacique; c'est celle d'une de ses femmes.

Car Saïhuéquë possède quatre épouses et chacune a sa tente séparée. Je suis en ce moment sous le toldo de la plus vieille épouse de Saïhuéquë.

Soudain, de Tombre sortent plusieurs faces grimaçantes, et je me trouve en présence de la femme du chef et de ses trois filles.

Ces êtres étranges habitent le fond de l'abri qui a été divisé en trois compartiments. Dans le premier se trouve la mère avec sa plus jeune fille, puis, dans le deuxième et le troisième, les deux autres filles, ainsi que Tacoman, le fils de mon hôte, qui me sert d'interprète.

La cloison qui sépare ces sortes de cases est des plus simples : un lambeau d'étoffe mince comme une feuille de papier de soie. Et c'est là, sur des monceaux de peaux, que vivent, pôle-mèle, dans une promiscuité écœurante des hommes jeunes, des femmes robustes et des enfants. La tente n'est jamais balayée, cela va sans dire, et encore moins souvent lavée; aussi, quand on pénètre dans un toldo, une odeur acre vous saisit à la gorge.

La saleté est la note dominante d'un abri indien. D'ailleurs comment pourrait-il en être autre-

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