EN EXPLORATION
cette remarque en Extrême Orient, où les œufs de poule fécondés sont servis sur les tables princières.
Saïhuéqué, qui est pour moi un père, veut à toute force m'emmener à la chasse, mais je lui fais comprendre que je suis très fatigué et que je voudrais me reposer encore.
C'est une feinte : je veux laisser partir le cacique et ses hommes afin de pouvoir, pendant son ab. sence, prendre quelques notes et me documenter un peu.
J'espère, en restant seul avec les femmes, qui sont bavardes — en Patagonie ! — recueillir d'intéressants détails sur la vie indigène.
Dès que les cavaliers sont partis, je commence mon exploration. Je remarque d'abord aux environs du campement un rocher sur lequel se détachent des signes rouges et blancs, sortes dlnéroglyphes des générations disparues. J'interroge quelques Indiennes. Personne ne peut me dire ce que signifient ces inscriptions. Je les examine de plus près. Déjà dans les paraderos du Rio Negro, j'ai rencontré des signes semblables.
Je me contente de photographier ce rocher et son épigraphe.
Je passe ensuite ma journée à faire des échanges avec les femmes de la tribu de Saïhuéqué. Je recueille ainsi des bijoux d'argent de forme bizarre. liCS uns ressemblent à des couvercles de casseroles. Ce sont des broches. Les Indiennes s'en servent pour retenir sur leurs poitrines leurs cappams^ bariolés des jours de fêtes. A ces broches sont assujetties une infinité de breloques parfaitement ouvragées et dont certaines ne dépareraient pas le musée de Gluny . D'autres bijoux ressemblent à des étriers. Ce sont des boucles d'oreilles. Elles ont dix à quinze centimètres de long. Je plains les pauvres femmes que leur mode assujettit à porter de semblables objets de torture.
Les bagues sont aussi très en honneur dans les tribus patagones ; et dans les temps reculés, les femmes et les jeunes filles portaient des anneaux non seulement aux mains et aux bras, mais encore aux jambes et aux pieds. Une Patagone qui se respecte doit avoir au moins sur elle dix kilos de ferraille.
Outre les bijoux, je me procure divers ustensiles dont se servent habituellement les ménagères indiennes : des râcloirs de pierre pour préparer les peaux, des métiers à tisser, des mortiers,