‹ Voyage en PatagonieChapitre 51 sur 100 · TOUT LE MONDE DANSE · texte numérisé non relu

TOUT LE MONDE DANSE

Tant que dureut ces danses, les conversations qui s'échangent entre les assistants sont plutfit légères. Le libertinage s'y donne libre coups. Saîhuéqué lui-même me tient des propos grÏTois et se livre sur la vertu problématique de ses Ûlles à

des plaisanteries demauvais goût. D'ailleurs, à ce moment, l'alcool a déjà produit son effet et plus la fête s'avancera, plus ce sera répugnant. Une sorte d'hystérie s'empare de ces gens abrutis par la boisson .

Les couples s'enlacent; des jeunes flilea, brutalement saisies, poussent des cris de bêle.

Cela rappelle un peu les fêtes de la décadence

romaine dans lesquelles les appétits bestiaux d'une foule en délire se donnaient libre cours sous Toeil éteint de rempereur.

Je ne me sens pas tranquille et j'éprouve un certain soulagement quand je vois les Indiens rassasiés et presque morts ronfler sur Tberbe de la pampa à la lueur des feux qui mettent sur ces corps sombres de grandes tacbes de sang.

Je regagne le toldo où j'babite et, me jetant sur ma coucbe, je tâcbe de dormir. De temps à autre un soupir, des cris parviennent à mon oreille. C'est quelque Indien que torture Talcool ou les plaintes d'une Indienne qui se débat.

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